jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2218499 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LELONG DUCLOS AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 septembre 2022, complétée par un mémoire enregistré le 27 avril 2023, M. A C, représenté par Me Lelong, demande au tribunal:
1°) d'annuler la décision du 30 juin 2022 par lequel le préfet de police de Paris a rejeté son recours administratif à l'encontre du titre de perception du 8 septembre 2021 d'un montant de 6 606,87 euros ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui reverser les montants de ses traitements, indemnités et primes indument prélevés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- est fondée sur des faits matériellement inexacts, notamment l'irrégularité de son absence à compter du 14 janvier 2021 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2023 le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Feghouli,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été nommé le 8 juin 2020 gardien de la paix stagiaire, affecté à la direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris. Le
24 décembre 2021, le préfet de police a mis fin à son stage pour insuffisance professionnelle. Par une décision, en date du 30 juin 2022, le préfet de police a confirmé au requérant qu'il était redevable d'une somme de 6 606,87 euros au titre de la rémunération indue du 3 mars au
31 mai 2021. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de ce cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-00327 du 11 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris, le préfet de police a donné délégation à Magalie Bechonnet, attachée principale d'administration de l'État, adjointe à la cheffe de bureau des rémunérations et des pensions, pour signer tous actes, arrêtés, décisions, conventions et pièces comptables nécessaires à l'exercice des missions de la direction des ressources humaines de la préfecture de police. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté, tout comme le moyen tiré de l'absence de réponse de l'administration à l'ensemble des moyens contenus dans son recours préalable.
3. En deuxième lieu, l'article L. 114-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que n'est pas applicable aux relations entre l'administration et ses agents l'obligation pour une administration incompétente de transmettre à l'administration compétente la demande qui lui a été adressée à tort. Dès lors le moyen afférent doit être écarté.
4. En troisième lieu, le requérant soutient que le titre de perception en date du
8 septembre 2021 n'est pas signé. Il résulte de l'instruction que l'avis des sommes à payer litigieux reçu par M. C mentionne que son émetteur est M. B D, préfet de police. Ce titre ne comporte pas sa signature. Toutefois l'état récapitulatif des créances revêtu par de la formule exécutoire produit par le préfet de police en défense comporte la signature de l'ordonnateur. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de ce titre en l'absence de signature de l'ordonnateur doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 21 de la loi du 13 juillet 1983 modifiée : " Les fonctionnaires ont droit à : () des congés de maladie ". Aux termes de l'article 25 du décret du 14 mars 1986 susvisé : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'administration dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail. Cet avis indique, d'après les prescriptions d'un médecin, d'un chirurgien-dentiste ou d'une sage-femme, la durée probable de l'incapacité de travail. /L'administration peut faire procéder à tout moment à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption du versement de sa rémunération, à cette contre-visite ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un agent a présenté un certificat médical d'arrêt de travail et a fait l'objet d'une contre-visite, celui-ci demeure placé de droit en congé de maladie tant que l'administration ne lui a pas fait connaître qu'elle ne considère pas le certificat du médecin traitant comme une justification valable de son absence, qu'elle ne lui a pas intimé de rejoindre son poste à la date fixée par le médecin contrôleur et qu'elle n'a pas constaté le refus de l'agent de déférer à cette injonction.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été nommé, ainsi qu'il a été dit au point 1, gardien de la paix stagiaire à compter du 8 juin 2020. Au cours de son stage, l'intéressé a bénéficié de congés de maladie ordinaire du 5 au 13 novembre 2020 et du 19 novembre 2020 jusqu'au 17 janvier 2021, date à laquelle le médecin-chef de la préfecture de police a estimé que le requérant était apte à une reprise immédiate de son service. S'il se prévaut, pour justifier son absence à compter du 17 janvier 2021, de nouveaux arrêts maladies et de son état dépressif, le requérant, dûment convoqué par son administration à plusieurs reprises au cours de la période en cause, notamment par des courriers, messages téléphoniques et mails en date des 5, 11 et
26 février, n'y a pas répondu, ne permettant pas ainsi à son administration d'apprécier la réalité de son état. Dès lors, le requérant ne conteste pas sérieusement avoir été placé en absence irrégulière à compter du 15 janvier 2021. Dès lors, le préfet de police était fondé à solliciter, en l'absence de service fait, le paiement des sommes indûment perçues par l'intéressé au cours de la période en litige. Par suite, le moyen tiré du caractère infondé de la créance de l'Etat doit être écarté, tout comme le moyen tiré de l'inexistence supposée de l'arrêté du 27 avril 2021 portant suspension de traitement du requérant, décision au demeurant non contestée par le requérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli premier conseiller,
M. Hélard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le rapporteur, Le président,
M. E
La greffière,
S. PORRINAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026