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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2218524

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2218524

mercredi 11 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2218524
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 3e Chambre
Avocat requérantPOUJADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 3 septembre 2022 et les 22 mai et 26 juin 2023, ce dernier n'ayant pas fait l'objet d'une communication, M. CF BG, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés de nomination au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2021 de M. CQ BM, de M. U E, de Mme Y CW, de M. AS AE, de M. AL BR, de M. O BK, de M. BA L, de M. CQ BY, de Mme BU CJ, de Mme BB AO, de M. CU Z, de M. B AH, de M. D CO, de Mme AC CS, de M. BX BE, de Mme BQ I, de M. CG CN, de M. DE CA, de M. W J, de M. N BH, de M. AI BD, de M. BL AN, de Mme DA BI, de M. AY F, de M. BW BO, de M. BN AJ, de M. A S, de Mme Y AB, de M. CK BS, de Mme CY CM, de M. AM CX, de M. V R, de Mme CH CD, de M. CC BF, de M. CL H, de M. AW C, de M. BZ AZ, de M.CE BP, de M. CQ AK, de M. G Q, de M. BT CB, de M. CV AV, de M. DI K DJ T, de M. AF CI, de Mme AT BJ, de M. CV X, de M. AD DB, de M. DL CR, de M. DF M, de M. DD P, de M. BV DC, de M. BC AX, de Mme CZ DG, de Mme AR AU, de M. CL CT, de M. AQ AG, de M. AS AE et de M. AA AP ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de l'inscrire au tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté portant tableau d'avancement est illégal dès lors que les candidats n'ont pas bénéficié d'un examen particulier de leur dossier ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des mérites professionnels des fonctionnaires inscrits dès lors qu'ils ont des notations inférieures aux siennes ;

- Mme CW ne satisfaisait pas aux conditions d'ancienneté dans le grade pour être promue ;

- elle ne pouvait pas être titularisée au titre des effectifs de la brigade des réseaux franciliens pour lesquels elle n'a jamais travaillé ;

- elle est détachée dans le département du Val-de-Marne où elle est représentante du personnel à la commission d'action sociale en vertu d'un arrêté préfectoral du 28 août 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête de M. BG.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive et donc irrecevable dès lors que l'arrêté portant tableau d'avancement a été publié le 27 août 2021 et que les nominations individuelles ont été diffusées par voie de télégramme le 16 juillet 2021 ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 2 mai 2023, M. G Q conclut au rejet de la requête de M. BG.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive et donc irrecevable dès lors que l'arrêté portant tableau d'avancement a été publié le 27 août 2021 et que les nominations individuelles ont été diffusées par voie de télégramme le 16 juillet 2021 ;

- sa nomination était devenue définitive à la date d'enregistrement de la requête de M. BG ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 4 mai 2023, Mme AT BJ conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive et donc irrecevable ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 9 mai 2023, M. AQ AG conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête de M. BG est tardive ;

- elle n'est pas accompagnée des décisions attaquées ;

- elle ne comporte l'exposé d'aucun moyen ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 16 mai 2023, Mme AR AU conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête de M. BG est tardive ;

- elle n'est pas accompagnée des décisions attaquées ;

- elle ne comporte l'exposé d'aucun moyen ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2023, Mme CH CD conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive et donc irrecevable dès lors que l'arrêté portant tableau d'avancement a été publié le 27 août 2021 et que les nominations individuelles ont été diffusées par voie de télégramme le 16 juillet 2021 ;

- sa nomination était devenue définitive à la date d'enregistrement de la requête de M. BG ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 18 mai 2023, M. O BK conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 300 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive et donc irrecevable dès lors que l'arrêté portant tableau d'avancement a été publié le 27 août 2021 et que les nominations individuelles ont été diffusées par voie de télégramme le 16 juillet 2021 ;

- sa nomination était devenue définitive à la date d'enregistrement de la requête de M. BG ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 29 mai 2023, M. BX BE, représenté par Me Beaulac conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- l'arrêté du 30 septembre 2021 étant devenu définitif, M. BG n'est pas recevable à en exciper de l'illégalité ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 30 mai 2023, M. CK BS, représenté par Me Beaulac conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- l'arrêté du 30 septembre 2021 étant devenu définitif, M. BG n'est pas recevable à en exciper de l'illégalité ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 18 juin 2023, Mme Y AB conclut au rejet de la requête de M. BG.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 24 juin 2023, Mme CZ DG conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive et donc irrecevable dès lors que l'arrêté portant tableau d'avancement a été publié le 27 août 2021 et que les nominations individuelles ont été diffusées par voie de télégramme le 16 juillet 2021 ;

- sa nomination était devenue définitive à la date d'enregistrement de la requête de M. BG ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 6 juillet 2023, M. AM CX conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive et donc irrecevable ;

- sa nomination était devenue définitive à la date d'enregistrement de la requête de M. BG ;

- les moyens soulevés par M. BG ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 9 juillet 2023, lequel n'a pas fait l'objet d'une communication, M. AD DB conclut au rejet de la requête de M. BG.

Par un mémoire, enregistré le 15 septembre 2023, lequel n'a pas fait l'objet d'une communication, M. DI K DJ T conclut au rejet de la requête de M. BG et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :

- le rapport de M. Gandolfi,

- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,

- et les observations de Me Poujade, représentant MM. BK et CN,

- le ministre de l'intérieur n'étant ni présent, ni représenté.

Une note en délibéré a été présentée pour M. BG et enregistrée le 28 septembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. CF BG, brigadier de police, a sollicité son inscription sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021. Par un télégramme du 16 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a diffusé la liste des fonctionnaires promus au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2021. Par un arrêté du 30 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a fixé le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de police pour l'année 2021 et a nommé à ce grade 1 872 fonctionnaires de police. M. BG, dont la candidature n'a pas été retenue, demande au tribunal d'annuler les décisions portant promotion et nomination de M. BM, de M. E, de Mme CW, de M. AE, de M. BR, de M. BK, de M. L, de M. BY, de Mme CJ, de Mme AO, de M. Z, de M. AH, de M. CO, de Mme CS, de M. BE de Mme I, de M. CN, de M. CA, de M. J, de M. BH, de M. BD, de M. AN, de Mme BI, de M. F, de M. BO, de M. AJ, de M. S, de Mme AB, de M. BS, de Mme CM, de M. CX, de M. R, de Mme CD, de M. BF, de M. H, de M. C, de M. AZ, de M. BP, de M. AK, de M. Q, de M. CB, de M. AV, de M. K DJ T, de M. CI, de Mme BJ, de M. X, de M. DB, de M. CR, de M. M, de M. P, de M. DC, de M. AX, de Mme DH, de Mme AU, de M. CT, de M. AG, de M. AE et de M. AP.

Sur les conclusions à fin d'annulation et à fin d'injonction :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans le cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 de ce code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce qui puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait excéder un an à compter de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef, lequel comportait en annexe la liste des brigadiers de police promus au grade de brigadier-chef, a fait l'objet d'une diffusion par voie de télégramme daté du 16 juillet 2021 et que l'arrêté du 30 juillet 2021 portant tableau d'avancement au grade de brigadier-chef a été publié au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n° 2 le 27 août 2021. Par suite, M. BG a nécessairement eu connaissance des décisions portant nomination à ce grade, au plus tard, le 27 août 2021. Il suit de là que ses conclusions dirigées contre les décisions portant nomination de M. BM, de M. E, de Mme CW, de M. AE, de M. BR, de M. BK, de M. L, de M. BY, de Mme CJ, de Mme AO, de M. Z, de M. AH, de M. CO, de Mme CS, de M. BE de Mme I, de M. CN, de M. CA, de M. J, de M. BH, de M. BD, de M. AN, de Mme BI, de M. F, de M. BO,de M. AJ, de M. S, de Mme AB, de M. BS, de Mme CM, de M. CX, de M. R, de Mme CD, de M. BF, de M. H, de M. C, de M. AZ, de M. BP, de M. AK, de M. Q, de M. CB, de M. AV, de M. K DJ T, de M. CI, de Mme BJ, de M. X, de M. DB, de M. CR, de M. M, de M. P, de M. DC, de M. AX, de Mme DH, de Mme AU, de M. CT, de M. AG, de M. AE et de M. AP, présentées dans sa requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 3 septembre 2022, sont tardives et donc irrecevables.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. BG doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. BG demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. BG les sommes demandées par Mme BJ, M. AG, Mme AU, Mme CD, M. BK, Mme DG, M. CP et M. DI K DK T au même titre, lesquels n'ont pas eu recours au ministère d'un avocat et n'établissent pas avoir exposé des frais non-compris dans les dépens au sens de ces dispositions. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de M. BG la somme de 500 euros à verser respectivement à M. BE et à M. BS au titre de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. BG est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de Mme BJ, de M. AG, de Mme AU, de Mme CD, de M. BK, de Mme DG, de M. CP et de M. DI K DK T présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : M. BG versera à M. BE et à M. BS une somme de 500 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. CF BG, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à M. CQ BM, à M. U E, à Mme Y CW, à M. AS AE, à M. AL BR, à M. O BK, à M. BA L, à M. CQ BY, à Mme BU CJ, à Mme BB AO, à M. CU Z, à M. B AH, à M. D CO, à Mme AC CS, à M. BX BE, à Mme BQ I, à M. CG CN, à M. DE CA, à M. W J, à M. N BH, à M. AI BD, à M. BL AN, à Mme DA BI, à M. AY F, à M. BW BO, à M. BN AJ, à M. A S, à Mme Y AB, à M. CK BS, à Mme CY CM, à M. AM CX, à M. V R, à Mme CH CD, à M. CC BF, à M. CL H, à M. AW C, à M. BZ AZ, à M. CE BP, à M. CQ AK, à M. G Q, à M. BT CB, à M. CV AV, à M. DI K DJ T, à M. AF CI, à Mme AT BJ, à M. CV X, à M. AD DB, à M. DL CR, à M. DF M, à M. DD P, à M. BV DC, à M. BC AX, à Mme CZ DG, à Mme AR AU, à M. CL CT, à M. AQ AG, à M. AS AE et à M. AA AP.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Ladreyt, président,

M. Gandolfi, premier conseiller,

Mme Leravat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 octobre 2023.

Le rapporteur,

G. Gandolfi

Le président,

J-P. Ladreyt

La greffière,

L. Sueur

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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