mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2219998 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MEHAMMEDIA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 22 septembre 2022, enregistrée le 23 septembre 2022 au greffe, la présidente du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Paris, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Melun le 25 août 2022, et un mémoire, enregistré le 23 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Pailloux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Paris a implicitement rejeté ses demandes tendant à la modification de l'attestation Pôle emploi et au versement de l'indemnité de fin de contrat ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Paris a implicitement rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Paris de lui délivrer l'ensemble des documents sociaux actualisés, à savoir, le certificat de travail, l'attestation Pôle emploi et un solde de tout compte, sous astreinte de dix euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Paris de la réintégrer en qualité de professeure contractuelle en sciences de la vie et de la terre, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée ;
5°) de condamner l'Etat à lui verser la totalité de la somme correspondant à son salaire depuis le 1er janvier 2022 jusqu'à sa réintégration au sein de l'éducation nationale ;
6°) de condamner l'Etat au paiement de la somme de 980,10 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat ;
7°) de condamner l'Etat au versement de la somme de 7 350,56 euros en réparation du préjudice tiré de la méconnaissance du délai de prévenance ;
8°) de condamner l'Etat au paiement de la somme de 20 000 euros au titre de la perte d'emploi pour défaut de cdisation ;
9°) de condamner l'Etat au versement de la somme de 10 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence lié à la délivrance tardive de l'attestation Pôle Emploi.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article 44-1 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 et des dispositions de l'article R. 1234-9 du code du travail ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article 45-1-1 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le rectorat n'a pas respecté le délai de prévenance, en méconnaissance des dispositions de l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le rectorat a méconnu les dispositions de l'article 6 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 définissant un droit à être cdisée ;
- l'administration a commis des fautes susceptibles d'engager sa responsabilité ;
- elle est fondée à demander la réparation des préjudices financiers, moraux et des troubles dans ses conditions d'existence qu'elle estime avoir subis et dont le montant total s'élève à 37 350,56 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2023, le recteur de l'académie de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires de Mme B sont irrecevables en l'absence de la présentation d'une demande indemnitaire préalable liant le contentieux ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés ;
- il n'a commis aucune faute susceptible d'engager sa responsabilité ;
- Mme B ne démontre pas l'existence des préjudices qu'elle allègue.
Par un courrier du 4 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre le refus de modification de l'attestation de Pôle emploi.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 juin 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Leravat,
- et les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, recrutée en contrat à durée déterminée à compter du 30 avril 2012 en qualité d'enseignante en science de la vie et de la terre dans plusieurs établissements de l'académie de Paris, n'a pas été reconduite au terme de son dernier contrat se terminant le 2 janvier 2022. Par un courriel du 17 décembre 2021, Mme B a sollicité la transmission d'une attestation Pôle emploi et le paiement d'une prime de précarité. Par des courriels en date des 3, 5, 6, 7 et 11 janvier 2022, Mme B a sollicité la modification de l'attestation Pôle emploi et le bénéfice de la prime de précarité, demandes refusées par le gestionnaire de la division des personnels enseignants du second degré du rectorat de Paris. Par un courrier du 1er février 2022, reçu le 7 février suivant et un courriel du 8 février 2022, Mme B a formé un recours gracieux auprès du recteur de l'académie de Paris. Du silence gardé par l'administration pendant un délai de deux mois est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision, ainsi que la condamnation de l'Etat au titre des préjudices financiers, moraux et des troubles dans les conditions d'existence qu'elle estime avoir subis.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le recteur de l'académie de Paris :
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
3. S'agissant des conclusions indemnitaires, il résulte des dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
4. Il résulte de l'instruction que, suite à la fin de non-recevoir opposée par le recteur de l'académie de Paris dans son mémoire en défense, Mme B a adressé une demande indemnitaire préalable à celui-ci le 16 janvier 2024, reçue le 18 janvier 2024. Du silence gardé par l'administration sur cette demande pendant deux mois est née une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires présentées par Mme B sont recevables et la fin de non-recevoir soulevée par le recteur de l'académie de Paris ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'absence de renouvellement de son contrat de travail :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 45 du décret du 17 janvier 1986 précité : " Lorsque l'agent contractuel est recruté par un contrat à durée déterminée susceptible d'être renouvelé en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'administration lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : / -huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois ; / -un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée supérieure ou égale à six mois et inférieure à deux ans ; / -deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée supérieure ou égale à deux ans ; / -trois mois avant le terme de l'engagement pour l'agent dont le contrat est susceptible d'être renouvelé pour une durée indéterminée en application des dispositions législatives ou réglementaires applicables. / La notification de la décision doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus pour répondre à un besoin permanent est supérieure ou égale à trois ans. / Pour la détermination de la durée du délai de prévenance, les durées d'engagement mentionnées aux deuxième, troisième et quatrième alinéas sont décomptées compte tenu de l'ensemble des contrats conclus avec l'agent, y compris ceux effectués avant une interruption de fonctions, sous réserve que cette interruption n'excède pas quatre mois et qu'elle ne soit pas due à une démission de l'agent. / Lorsqu'il est proposé de renouveler le contrat, l'agent contractuel dispose d'un délai de huit jours pour faire connaître, le cas échéant, son acceptation. En cas de non-réponse dans ce délai, l'intéressé est présumé renoncer à l'emploi. "
6. Il résulte de l'instruction que, par un courriel du 7 décembre 2021, le rectorat de l'académie de Paris a proposé à Mme B le renouvellement de son contrat à durée déterminée, qu'elle a expressément refusé par un courriel du 17 décembre 2021. Dans ces circonstances, Mme B ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées pour soutenir que le rectorat de l'académie de Paris aurait méconnu les dispositions du décret du 17 janvier 1986 citées au point 5.
7. En second lieu, aux termes de l'article 6 bis de la loi du 11 janvier 1984 susvisé : " Les contrats conclus en application du 2° de l'article 3 et des articles 4 et 6 peuvent l'être pour une durée indéterminée. / Lorsque ces contrats sont conclus pour une durée déterminée, cette durée est au maximum de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Tout contrat conclu ou renouvelé en application du 2° de l'article 3 et des articles 4 et 6 avec un agent qui justifie d'une durée de services publics de six ans dans des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu, par une décision expresse, pour une durée indéterminée. / La durée de six ans mentionnée au troisième alinéa du présent article est comptabilisée au titre de l'ensemble des services effectués dans des emplois occupés en application du 2° de l'article 3 et des articles 4, 6, 6 quater, 6 quinquies et 6 sexies. Elle doit avoir été accomplie dans sa totalité auprès du même département ministériel, de la même autorité publique ou du même établissement public. Pour l'appréciation de cette durée, les services accomplis à temps incomplet et à temps partiel sont assimilés à du temps complet. / Les services accomplis de manière discontinue sont pris en compte, sous réserve que la durée des interruptions entre deux contrats n'excède pas quatre mois. Pour le calcul de la durée d'interruption entre deux contrats, la période de l'état d'urgence sanitaire déclaré sur le fondement de l'article L. 3131-12 du code de la santé publique n'est pas prise en compte. / Lorsqu'un agent atteint l'ancienneté mentionnée au troisième alinéa du présent article avant l'échéance de son contrat en cours, celui-ci est réputé être conclu à durée indéterminée. L'autorité d'emploi lui adresse une proposition d'avenant confirmant la nouvelle nature du contrat. En cas de refus par l'agent de l'avenant proposé, l'agent est maintenu en fonctions jusqu'au terme du contrat à durée déterminée en cours. "
8. Il résulte de l'instruction que Mme B, par un courriel du 17 décembre 2021 faisant suite à une proposition de renouvellement de son contrat à durée déterminée, a expressément indiqué au rectorat qu'elle avait " décidé de quitter l'éducation nationale au 31 décembre 2021, soit à la date de son dernier contrat ". Par deux courriels ultérieurs des 6 janvier et 8 février 2022, la requérante a renouvelé sa volonté de ne pas poursuivre une carrière au sein de l'éducation nationale, en indiquant qu'" en ce moment, je ne suis plus à signer des contrats avec l'éducation nationale mais à finaliser mon inscription à pôle emploi afin de me permette de rebondir " et qu'il était " hors de question qu' [elle] signe un autre ou d'autres contrats de travail ". Il ne résulte donc pas de l'instruction que Mme B aurait sollicité la requalification de son contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée lorsque le rectorat lui a proposé de renouveler son contrat à durée déterminée, et la circonstance qu'elle aurait pu, le cas échéant, prétendre à un contrat à durée indéterminée n'a ni pour objet, ni pour effet d'entacher le non-renouvellement du contrat de travail en cours d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation. En tout état de cause, la requérante ne soutient ni même n'allègue qu'à la date de la proposition de renouvellement elle était titulaire d'un contrat à durée déterminée ne nécessitant pas un renouvellement pour que son exécution se poursuive. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce qu'elle aurait pu prétendre à un contrat à durée indéterminée est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée de non-renouvellement de son contrat de travail et par suite, celui-ci doit être écarté.
En ce qui concerne le refus implicite du rectorat de modifier l'attestation Pôle emploi :
9. D'une part, aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires ; () ". Aux termes de l'article R. 1234-9 de ce même code : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi. () ".
10. D'autre part, aux termes de l'article 44-1 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " A l'expiration du contrat, l'administration délivre à l'agent un certificat qui contient exclusivement les mentions suivantes : / 1° La date de recrutement de l'agent et celle de fin de contrat ; / 2° Les fonctions occupées par l'agent, la catégorie hiérarchique dont elles relèvent et la durée pendant laquelle elles ont été effectivement exercées ; / 3° Le cas échéant, les périodes de congés non assimilées à des périodes de travail effectif. "
11. Il résulte de l'instruction que le recteur de l'académie de Paris a transmis une nouvelle attestation Pôle emploi à Mme B le 17 mars 2023, pour la période travaillée du 4 janvier 2016 au 2 janvier 2022, ainsi que l'intéressée l'avait demandé des courriels successifs des 3, 5, 6, 7 et 11 janvier 2022 ainsi que dans son recours gracieux du 1er février 2022. Dans ces conditions, et alors qu'il ne résulte pas des dispositions citées aux points 9 et 10 que l'administration serait tenue de transmettre d'autres documents, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'administration a entachée sa décision d'une erreur de droit. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le refus de versement par le rectorat de l'indemnité de fin de contrat :
12. Aux termes de l'article 7 ter de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Un décret en Conseil d'Etat prévoit, pour les contrats conclus en application du 2° de l'article 3 et des articles 4, 6, 6 quater, 6 quinquies et 6 sexies, à l'exclusion des contrats saisonniers, les conditions d'application relatives à une indemnité de fin de contrat lorsque ces contrats, le cas échéant renouvelés, sont d'une durée inférieure ou égale à un an et lorsque la rémunération brute globale prévue dans ces contrats est inférieure à un plafond qu'il fixe. Ces dispositions ne sont pas applicables lorsque, au terme du contrat ou de cette durée, les agents sont nommés stagiaires ou élèves à l'issue de la réussite à un concours ou bénéficient du renouvellement de leur contrat ou de la conclusion d'un nouveau contrat, à durée déterminée ou indéterminée, au sein de la fonction publique de l'Etat. " Aux termes de l'article 45-1-1 du décret du 17 janvier 1986 précité : " I. - L'indemnité de fin de contrat prévue à l'article 7 ter de la loi du 11 janvier 1984 susvisée n'est due que lorsque le contrat est exécuté jusqu'à son terme. Elle n'est pas due si l'agent refuse la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire auprès du même employeur, assorti d'une rémunération au moins équivalente. / Le montant de rémunération brute globale au-delà duquel cette indemnité n'est pas attribuée est fixé à deux fois le montant brut du salaire minimum interprofessionnel de croissance applicable sur le territoire d'affectation et déterminé dans les conditions prévues à l'article L. 3231-7 du code du travail. / II. - Le montant de l'indemnité de fin de contrat est fixé à 10 % de la rémunération brute globale perçue par l'agent au titre de son contrat et, le cas échéant, de ses renouvellements. / L'indemnité est versée au plus tard un mois après le terme du contrat. "
13. Il est constant que Mme B a été recrutée, en dernier lieu, du 1er septembre 2021 au 2 janvier 2022 sur le fondement de l'article 6 de la loi du 11 janvier 1984, pour une rémunération brute globale, sur cette période, inférieure à deux fois le montant brut du salaire minimum interprofessionnel de croissance. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme B se soit vue proposer un contrat à durée indéterminée. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que le rectorat était tenu de lui verser une indemnité de fin de contrat.
14. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée, seulement en tant que le recteur de l'académie de Paris lui a refusé le bénéfice de l'indemnité de fin de contrat.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été analysé aux points 6 et 8 que, le rectorat n'a pas méconnu le délai de prévenance prévu par les dispositions de l'article 45 du 17 janvier 1986, ni les dispositions de l'article 6 bis de la loi du 11 janvier 1984, Mme B n'étant pas fondée à soutenir que l'Etat aurait commis des fautes susceptibles d'engager sa responsabilité.
16. En second lieu, il résulte de ce qui a été analysé au point 11 que Mme B, dont le terme de son contrat de travail est intervenu le 2 janvier 2022, n'a reçu communication de l'attestation lui permettant d'exercer ses droits aux allocations de chômage que le 17 mars 2023. Le rectorat, qui n'apporte aucune justification au retard excessif pris pour établir et transmettre à Mme B cette attestation comportant les dates correctes des périodes de travail, doit, par suite, être regardé comme ayant commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
17. Il résulte de ce qui précède que Mme B est seulement fondée à soutenir que la responsabilité de l'Etat est engagée au titre de la transmission tardive des documents de l'article 44-1 du décret du 17 janvier 1986.
En ce qui concerne les préjudices :
18. Si Mme B fait valoir que cet envoi tardif ne lui a pas permis d'obtenir le versement des allocations d'aide au retour à l'emploi, elle n'établit pas qu'elle remplissait les conditions pour bénéficier des prestations mentionnées à l'article L. 5424-1 du code du travail. Par ailleurs, si Mme B soutient qu'elle a subi des difficultés financières découlant de l'absence de perception des prestations mentionnées à l'article L. 5424-1 du code du travail et verse au dossier une décision du conseil départemental du Val de Marne du 11 avril 2022 lui attribuant une aide au quotidien de 150 euros, celle-ci ne lui a été attribuée que pour un mois. Dans ces conditions, le caractère certain des préjudices allégués n'est pas établi.
19. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
20. Eu égard au motif d'annulation de la décision retenue aux points 13 et 14, l'exécution du présent jugement implique seulement mais nécessairement d'enjoindre à l'Etat de verser à Mme B l'indemnité de fin de contrat dans les conditions prévues à l'article 45-1-1 du décret du 17 janvier 1986 dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le recteur de l'académie de Paris a implicitement rejeté la demande de Mme B tendant au versement de l'indemnité de fin de contrat est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Paris de verser à Mme B l'indemnité de fin de contrat prévue par les dispositions de l'article 45-1-1 du décret n° 83-86 du 17 janvier 1986 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au recteur de l'académie de Paris et à Me Pailloux.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
C. LERAVAT
Le président,
J-P. LADREYT
La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à une ressortissante bangladaise. Le juge a constaté que le préfet de police, mis en demeure, n'avait produit aucune défense et était donc réputé avoir acquiescé aux faits de la requérante, notamment sa présence continue en France depuis 2009 et la régularisation de son conjoint. La décision a été annulée pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'ayant pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407314
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant camerounais, père d'un enfant français. La juridiction a estimé que la décision administrative, fondée sur une menace à l'ordre public, méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, en portant atteinte à sa vie familiale en France. Le tribunal a ainsi fait prévaloir la protection de la vie familiale sur les considérations d'ordre public dans ce cas d'espèce.
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**Sujet principal** : Recours en annulation contre une révocation et une radiation des cadres d'un capitaine de police pour vice de procédure disciplinaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était entachée d'un vice substantiel, car l'agent n'a pas disposé d'un délai suffisant pour consulter son dossier (reçu seulement la veille de l'audience du conseil de discipline, malgré sa demande antérieure et l'importance du dossier). Cette méconnaissance des droits de la défense entraîne l'annulation de l'arrêté de révocation attaqué. **Textes appliqués** : Article L. 532-4 du code général de la fonction publique et article 5 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984, qui garantissent le droit à la communication intégrale du dossier dans un délai permettant une défense effective.
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27/03/2026