mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2224615 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET ANTONINI, HANSER ET ASSOCIES (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 28 novembre 2022 et 15 février 2023, la société Alkor Solutions Business, représentée par Me Delvallez, demande au juge des référés :
1°) de condamner le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) à lui verser la provision de 10 265,46 euros TTC, justifiée au regard des factures produites aux débats et arrêtées à la date du 4 aout 2022 ;
2°) de mettre à la charge du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les frais et dépens de l'instance.
Elle soutient que les créances dont elle se prévaut ne sont pas sérieusement contestables dès lors qu'elle produit les factures et bons de commande nécessaires à établir la réalité desdites créances.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité des conclusions de la requête, et, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit enjoint à la société Alkor Solutions Business de produire les bons de livraison afférents aux factures contestées.
Elle soutient que :
- les factures dont se prévaut la société requérante au titre de l'année 2017 sont prescrites ;
- la requête est irrecevable en ce que les créances dont la société requérante se prévaut sont sérieusement contestables.
Par une ordonnance du 21 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 5 avril 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Viard, présidente de section pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement signé le 2 mars 2015, le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) a confié à la société Alkor Solutions Business l'exécution d'un marché de fourniture composé de deux lots relatifs, d'une part, à la fourniture de petits matériels de bureau, et, d'autre part, à la fourniture de consommables informatiques. Le marché s'exécute par émission de bons de commande, selon les besoins à satisfaire. La société Alkor Solutions Business a sollicité, par de nombreux courriers de mise en demeure, notamment le 4 aout 2022, le paiement des factures impayées qu'elle avait émises. Faute d'avoir obtenu le règlement de ces factures, la société requérante demande au juge des référés de condamner le CNAM à lui payer, à titre de provision, la somme de 10 265, 46 euros, cette somme incluant les intérêts moratoires dus au 4 août 2022.
Sur la prescription quadriennale opposée en défense pour les sommes réclamées au titre des années 2017 et 2018 :
2. Aux termes de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. ". En outre, aux termes de l'article 2 du même texte : " La prescription est interrompue par : Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement ".
3. En l'espèce, le CNAM fait valoir en défense que les créances dont se prévaut la société requérante au titre des années 2017 et 2018 sont prescrites. Toutefois, il résulte de l'instruction que s'il peut être valablement soulevé que la facture n°VED049405 en date du 30 juin 2017 dont le dernier courrier de mise en demeure de payer interrompant la prescription a été envoyé le 19 octobre 2017 est prescrite, tel n'est pas le cas des autres factures émises au cours de l'année 2017 dans la mesure où, par plusieurs courriers de mise en demeure, notamment en date des 19 octobre 2017, 8 février et 19 avril 2018, la société requérante a sollicité de la part du CNAM le règlement des factures impayées émises au cours de ces mêmes années. Il résulte de cela que la prescription des créances correspondantes doit être considérée comme ayant été valablement interrompue de sorte que la prescription de ces créances ne peut être opposée à la société Alkor Solutions Business.
Sur la demande de provision :
En ce qui concerne le montant de la provision :
4. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer seulement que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude, l'octroi d'une telle provision n'étant aucunement subordonnée à l'urgence ou à la nécessité pour le demandeur de l'obtenir.
5. Aux termes du a) de l'article 6 du Cahier de clauses particulières applicable au marché en cause en date du 4 juin 2015, relatif à la " facturation " : " Aucune prestation ne peut être réalisée sans un bon de commande préalable émanant du Cnam. Faute de bon de commande, le titulaire est tenu de refuser d'effectuer toute livraison. / Dans le cas où la prestation serait exécutée par le titulaire malgré l'absence de bon de commande, la prestation ne serait pas payée sans aucune possibilité de recours pour le titulaire. / Le titulaire établit les factures, établies en un original plus un duplicata portant la mention " certifiée conforme " après chaque livraison () / () Conformément aux prescriptions des bons de commande, les factures sont adressées directement aux personnes ayant émis le bon de commande () ". En outre, aux termes du b) de l'article 6 précité relatif aux " modalités de règlement " : " Le règlement de la facture intervient par virement, après service fait, sous réserve de la présentation de la ou les facture(s) concernées. / Il vaut règlement partiel définitif. ".
6. Le CNAM soutient, en défense, que le caractère certain des créances en litige ne peut être établi dès lors que la société Alkor Solutions Business n'a pas produit, en plus des factures et des bons de commande afférents, l'intégralité des bons de livraison attestant de la réalité du service fait. Toutefois, il résulte de l'article 6 du cahier des clauses particulières applicable au marché en cause que, si un bon de commande doit être obligatoirement émis par la personne publique préalablement à la livraison des fournitures et que le paiement ne s'effectue qu'après service fait, le règlement des commandes réalisées n'est aucunement subordonné à la production des bons de livraison associés. Dès lors, la production des factures et des bons de commande correspondant suffisent à caractériser la certitude des créances dont la société requérante se prévaut. En l'espèce, il n'est pas contesté que la société Alkor Solutions Business a produit, à l'appui des créances exigibles dont elle se prévaut, d'une part, les factures adéquates, et, d'autre part, les bons de commande associés. Au surplus, le CNAM se borne à contester l'existence du service fait sans apporter d'éléments de nature à établir la réalité de ces allégations. Par suite, les éléments soumis au juge des référés par la société requérante sont de nature à établir le caractère non sérieusement contestable des créances exigibles dont elle se prévaut. Dès lors, il y a lieu de condamner le CNAM à verser à la société Alkor Solutions Business une provision de 8 689,35 euros TTC au titre des factures non réglées. Comme le demande la société requérante, cette somme sera assortie des intérêts moratoires calculés conformément à l'article 6 du cahier des clauses administratives particulières et arrêtés à la date du 4 août 2022.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CNAM la somme de 1 000 euros en remboursement des frais exposés par la société Alkor Solutions Business non compris dans les dépens.
Sur les dépens :
10. La présente instance n'ayant pas occasionné de dépens, les conclusions tendant à ce que les entiers dépens soient mis à la charge du CNAM ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) est condamné à verser à la société Alkor Solutions Business à titre de provision la somme de 8 689,35 euros TTC assortie des intérêts moratoires arrêtés à la date du 4 août 2022.
Article 2 : Le CNAM versera à la société Alkor Solutions Business la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Alkor Solutions Business est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et à la société Alkor Solutions Business.
Fait à Paris, le 16 mai 2023.
La juge des référés,
M.-P. VIARD
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2/4-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026