jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2225835 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET VALSAMIDIS, AMSALLEM, JONATH, FLAICHER ET ASSOCIES (SELAS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2022, la société ICF Habitat la Sablière et la société XL insurance company SE (XLICSE), représentées par le cabinet d'avocats Adrien et associés, demandent au juge des référés du tribunal :
1°) de prescrire une expertise au contradictoire d'Eau de Paris, la société Tersen exerçant sous l'enseigne Picheta, et la Ville de Paris, et suite au sinistre survenu le 27 septembre 2022 dû à une détérioration d'une canalisation qui a affecté l'ensemble immobilier qu'elle détient, situé 93, rue de la Chapelle dans le 18ème arrondissement de Paris, de déterminer leur origine, et de chiffrer leur préjudice.
Elles soutiennent que :
- l'expertise est utile dès lors que les échanges amiables n'ont pas aboutis ;
- l'expertise est nécessaire avant d'engager un litige en responsabilité.
Par un mémoire, enregistré le 5 janvier 2023, l'Etablissement Eau de Paris, représentée par le cabinet d'avocats Valsamidis, Amsallem, Jonath, Flaicher et associés, fait part de ses protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée et demande que l'expert donne un avis sur toute cause d'aggravation technique en prenant en considération toutes les situations de faits et que soit supprimé le chef de mission concernant un avis sur toute cause d'aggravation liée au délai de coupure de l'alimentation de la canalisation fuyarde.
Par un mémoire, enregistré le 12 janvier 2023, la société Tersen représentée par Me Chamard-Sablier fait part de ses protestations et réserves d'usage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. (). "
2. La société ICF Habitat la Sablière fait valoir, qu'un important sinistre de dégât des eaux en provenance de la galerie technique du branchement particulier de l'immeuble à l'égout est survenu le 27 septembre 2022 dans l'ensemble immobilier qu'elle détient situé 93, rue de la Chapelle dans le 18ème arrondissement de Paris, provoquant une inondation du parking en sous-sol, rendant inutilisable les places de garage et entraînant un préjudice financier. Une expertise diligentée par les assureurs a montré qu'une rupture de canalisation d'eau enterrée sous la voie publique serait à l'origine du sinistre. Devant l'absence de réponse de la Ville de Paris alors que des travaux publics se déroulaient le même jour consistant en un démantèlement d'une station-service et pourraient être à l'origine du sinistre, le requérant demande au juge des référés de prescrire une expertise à fin d'établir l'origine des désordres, leur étendue et de prescrire toutes mesures destinées à y mettre fin.
3. Les constations demandées entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative ; il y a lieu, par suite, de faire droit à cette demande.
4. Eau de Paris demande que l'expert donne un avis sur toute cause d'aggravation technique en prenant en considération toutes les situations de faits, et que le chef de mission concernant un avis sur toute cause d'aggravation liée au délai de coupure de l'alimentation de la canalisation fuyarde soit supprimé. Il résulte toutefois de l'instruction, sans que ce point ne soit contredit, que le sinistre a été constaté à 10h00 du matin le 27 septembre 2022, qu'Eau de Paris n'a répondu à alerte qu'à 13h25 et que la fermeture du réservoir d'eau sur laquelle la fuite se situait n'a été fermé qu'à 18h00. Il y a lieu dès lors que l'expert se prononce d'un point de vue technique sur les opérations successives dans la durée afin de savoir si elles ont contribué à l'aggravation du sinistre en sous-sol.
ORDONNE :
Article 1er : Il sera procédé par M. A B (Ingénieur - Génie civil) exerçant 26, rue de l'Exposition à Paris (75007), en présence de la société ICF Habitat la Sablière, la société XL insurance company SE, Eau de Paris, la Ville de Paris, la société Tersen, à une expertise en vue de :
1°) se rendre sur place et procéder à l'examen des lieux 93, rue de la Chapelle dans le 18ème arrondissement de Paris ; se faire remettre tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; entendre tout sachant ;
2°) constater l'existence matérielle des désordres, déterminer leur origine et la cause des désordres, en fournissant toute indication permettant d'en apprécier l'imputabilité à chacune des parties ; en cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
3°) confirmer le cas échéant le lien entre le démantèlement de la station-service située à proximité et le dégât des eaux ;
4°) évaluer le montant des préjudices et dire si la durée liée au temps de coupure de la canalisation fuyarde vient en aggravation du préjudice ou si techniquement ce délai était de nature incompressible ;
5°) indiquer la nature de la solution technique de réparation et le coût des travaux de réfection :
6°) fournir à la juridiction éventuellement saisie sur le fond tous les éléments lui permettant de statuer sur les responsabilités et les préjudices.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles
R. 532-1, R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera communiquer tous documents relatifs à la conception et à la réalisation des travaux.
Article 3 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en 2 exemplaires au plus tard le 29 septembre 2023. Il notifiera les copies de son rapport aux parties intéressées telles que précisées à l'article 4 de la présente ordonnance, le cas échéant, avec leur accord, sous forme électronique.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société ICF Habitat la sablière, à la société XL insurance company SE, à Eau de Paris, à la Ville de Paris, à la société Tersen, et à M. A B, expert.
Fait à Paris, le 16 mars 2023
Le juge des référés,
J.-C. DUCHON-DORIS
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2225835/11-5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026