mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2308411 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | PITTI-FERRANDI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 13 avril 2023, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Montreuil le 23 février 2023 et un mémoire, enregistré le 3 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Pitti-Ferrandi demande au tribunal :
1°) de condamner les universités Paris-Lumières, Paris VIII et Paris-Nanterre à lui verser la somme de 17 378,40 euros en réparation de ses préjudices matériels, à parfaire et la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral et du trouble dans ses conditions d'existence ;
2°) de mettre à la charge des universités Paris-Lumières, Paris VIII et Paris-Nanterre la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, le contentieux étant lié ;
- la responsabilité pour faute de l'administration est engagée ; les chargés d'enseignement travaillant dans un établissement public doivent percevoir leur traitement tous les mois ; l'absence de versement des traitements dus par l'administration constitue une faute ; de même, l'absence de contrat écrit, de bulletins de paie et de délivrance de l'attestation Pôle emploi permettant l'ouverture des droits à l'aide au retour à l'emploi (ARE) est fautive ;
- il a le droit d'obtenir l'indemnisation de ses préjudices matériels et moral et de son trouble dans ses conditions d'existence.
Par des mémoires en défense enregistrés les 4 décembre 2023 et 26 janvier 2024, la présidente de l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, représenté par Me Moreau conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce que les indemnisations sollicitées soient réduites à de plus justes proportions.
Elle soutient que :
- l'argumentation selon laquelle l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis aurait commis une faute en ne lui versant pas la rémunération due pour les heures d'enseignement dispensées au Nouveau collège d'études politiques au cours des années universitaires 2019/2020, 2020/2021 et 2021/2022 doit être écartée ;
- M. B ne satisfait aucune des conditions permettant l'établissement d'un contrat de vacations, ces dernières constituant manifestement sa source principale si ce n'est unique de revenus ; l'université de Paris 8 n'a donc commis aucune faute ;
- l'attestation dont il se prévaut pour réclamer le paiement de 240 heures d'enseignement qu'il indique avoir effectuées ne permet pas d'établir la réalité des heures effectuées ; le nombre réel des heures effectuées ne peut être déterminé avec précision ;
- la rémunération des frais des vacataires de l'enseignement supérieur n'est prévue par aucun texte ; l'article 5 du décret n°83-1175 du 23 décembre 1983 prévoit seulement la prise en charge des frais de déplacements dans l'hypothèse où le vacataire est contraint de se déplacer en dehors de la commune siège des établissements de l'enseignement supérieur ; d'autre part, le principe du remboursement des frais de transport étendu aux vacataires est limité aux abonnements de transport; en toute hypothèse, le requérant ne fournit aucun justificatif des frais allégués ; en conséquence, ce poste de préjudice doit être écarté ;
- M. B ne rapporte pas la preuve qui lui incombe d'une durée d'affiliation suffisante pour bénéficier des aides au retour à l'emploi, ses enseignements pour le Nouveau collège d'études politiques, compte tenu de leur volume ne lui ouvrant aucun droit à indemnisation ; en tout état de cause, les modalités de calcul de l'indemnité chômage sont erronées ; en aucun cas, il ne peut s'agir de 75% du salaire net sans distinction des années en cause ;
- s'agissant de son préjudice moral et du trouble dans ses conditions d'existence qui résulte de la légèreté du requérant, la demande indemnitaire ne peut qu'être écartée.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 décembre 2023, l'université de Paris-Nanterre représentée par Me Gervais-Lambony conclut au rejet de la requête comme irrecevable.
Elle soutient que la requête de M. B qui n'a jamais été agent de l'université Paris-Nanterre, dirigée contre une administration incompétente pour connaître du litige, est irrecevable.
Par ordonnance du 8 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 22 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le décret n°83-1175 du 23 décembre 1983 modifié ;
- le décret n° 87-889 du 29 octobre 1987 ;
- le décret n° 2010-676 du 21 juin 2010 ;
- le décret n° 2014-1677 du 29 décembre 2014 ;
- l'arrêté du 6 novembre 1989 fixant les taux de rémunération des heures complémentaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère ;
- les conclusions de M. Gandolfi, rapporteur public ;
- les observations de Me Giard substituant Me Pitti-Ferrandi représentant M. B ;
- les observations de Me Ben-Hamouda substituant Me Moreau représentant l'Université Paris 8.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, chargé d'enseignement au sein du Nouveau collège d'études politiques (NCEP), rattaché à la Communauté d'universités et établissements Paris Lumières (ComUE UPL), établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel ayant son siège à Paris et ayant notamment pour membres les universités de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et de Paris Nanterre, y a dispensé du mois de novembre 2019 au mois de mai 2022, soit au cours des années universitaires 2019/2020, 2020/2021 et 2021/2022, dans le cadre de vacations, des enseignements. N'ayant cependant perçu aucune rémunération pour son activité, il a, par courriers des 11 janvier 2023 adressés à la présidente de l'université de Paris Lumières (UPL), à la présidente de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et au président de Paris-Nanterre sollicité " la réparation de l'ensemble des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux résultant de l'absence de rémunération pendant trois ans et de son placement et maintien en situation de précarité ". En l'absence de réponse, il demande la condamnation des universités de Paris-Lumières, de Paris 8 Vincennes - Saint-Denis et de Paris-Nanterre à lui verser la somme de 17 378,40 euros en indemnisation de ses préjudices matériels et la somme de 10 000 euros en indemnisation de son préjudice moral et du trouble dans ses conditions d'existence.
Sur la recevabilité :
2. Si l'université de Paris-Lumières, établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel constitué sous la forme d'une communauté d'universités et établissements (ComUE), dissoute en décembre 2023, regroupait, aux termes de l'article 2.1 de ses statuts, les deux établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche que sont l'université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis et l'université Paris-X Ouest Nanterre La Défense ainsi que l'organisme de recherche que constitue le Centre national de la recherche scientifique, en vertu de l'article L. 718-14 du code de l'éducation relatif au partage des compétences des membres de la ComUE, chaque établissement et organisme membre devait désigner, selon ses règles propres et dans le respect des dispositions statutaires qui leur sont applicables, les agents appelés à exercer tout ou une partie de leurs fonctions au sein de la communauté d'universités et établissements.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B a exercé ses fonctions de chargé d'enseignement au sein du Nouveau collège d'études politiques (NCEP), rattaché à l'université Paris-Lumières dans le cadre d'une convention d'association conclue en vertu de l'article L. 718-6 du code de l'éducation. Son recrutement au sein du NCEP et la gestion administrative de son dossier administratif ont été exclusivement pris en charge, ainsi qu'il ressort des nombreux échanges de courriels, par l'université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Dès lors, M. B doit être considéré comme agent de l'université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis, appelé à exercer ses fonctions au sein de l'université Paris-Lumières au sens de l'article L. 718-14 du code de l'éducation. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à voir condamner l'université Paris-Nanterre, mal dirigées, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la responsabilité :
4. Aux termes de l'article L. 952-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable au litige : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 951-2, le personnel enseignant comprend des enseignants-chercheurs appartenant à l'enseignement supérieur, d'autres enseignants ayant également la qualité de fonctionnaires, des enseignants associés ou invités et des chargés d'enseignement.() Les chargés d'enseignement apportent aux étudiants la contribution de leur expérience ; ils exercent une activité professionnelle principale en dehors de leur activité d'enseignement. Ils sont nommés pour une durée limitée par le président de l'université, sur proposition de l'unité intéressée, ou le directeur de l'établissement. En cas de perte d'emploi, les chargés d'enseignement désignés précédemment peuvent voir leurs fonctions d'enseignement reconduites pour une durée maximale d'un an. Le recrutement de chercheurs pour des tâches d'enseignement est organisé dans des conditions fixées par décret. ". Aux termes de l'article 1 du décret du 29 octobre 1987 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi de vacataires pour l'enseignement supérieur : " Les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre de l'éducation nationale peuvent faire appel pour des fonctions d'enseignement, dans les disciplines autres que médicales et odontologiques, à des chargés d'enseignement vacataires et, dans toutes les disciplines, à des agents temporaires vacataires, dans les conditions définies par le présent décret ". L'article 2 du même décret dispose : " Les chargés d'enseignement vacataires sont des personnalités choisies en raison de leur compétence dans les domaines scientifique, culturel ou professionnel, qui exercent, en dehors de leur activité de chargé d'enseignement, une activité professionnelle principale consistant : -soit en la direction d'une entreprise ; -soit en une activité salariée d'au moins neuf cents heures de travail par an ; -soit en une activité non salariée à condition d'être assujetties à la contribution économique territoriale ou de justifier qu'elles ont retiré de l'exercice de leur profession des moyens d'existence réguliers depuis au moins trois ans. En application de l'article 25-1 de la loi n° 82-610 du 15 juillet 1982 d'orientation et de programmation pour la recherche et le développement technologique de la France, ils peuvent également être choisis parmi les fonctionnaires détachés, mis à disposition ou délégués auprès d'une entreprise ou d'un organisme qui concourt à la valorisation des travaux, découvertes et inventions qu'ils ont réalisés dans l'exercice de leurs fonctions. Si les chargés d'enseignement vacataires perdent leur activité professionnelle principale, ils peuvent néanmoins continuer leurs fonctions d'enseignement pour une durée maximale d'un an ". L'article 4 dispose : " Dans les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur, les personnels régis par le présent décret sont engagés pour effectuer un nombre limité de vacations. Ils sont recrutés par le président ou le directeur de l'établissement après avis du conseil académique ou de l'organe compétent pour exercer les attributions mentionnées au IV de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation, siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés et, le cas échéant, sur proposition du directeur de l'unité de formation et de recherche. / Les vacations attribuées pour chaque engagement en application du présent décret ne peuvent excéder l'année universitaire. () ".
5. Il résulte de l'instruction que l'université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis qui doit être regardée comme ayant procédé au recrutement oral de M. B a laissé ce dernier effectuer sa mission de vacation sans valider son dossier et sans s'assurer qu'il remplissait les conditions nécessaires pour dispenser des enseignements dans le cadre des dispositions précitées en tant que chargé d'enseignement. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le requérant ait signé un contrat de vacation et pas davantage qu'il ait été destinataire de bulletins de paie. Or, M. B produit de nombreux courriels d'échanges avec l'administration de l'université qui témoignent de demandes répétées présentées en vain depuis plus de trois ans pour obtenir le paiement de ses vacations ainsi qu'une attestation en date du 6 mai 2022 de la codirectrice du NCEP-UPL dont il ressort qu'il a été engagé à compter du 1er septembre 2019 en tant que chargé de cours, qu'il y a enseigné pendant les années universitaires 2019-2020, 2020-2021 et 2021-2022 et qu'il comptabilise sur ces trois années un total de 240 heures équivalent Travaux Dirigés (TD). Les courriels de M. B versés par l'administration ne sont pas de nature à remettre en cause la fiabilité de l'attestation du 6 mai 2022, laquelle permet d'établir la réalité des heures d'enseignement effectuées par M. B. Il suit de là qu'en ne procédant pas au paiement de la somme due à M. B au titre de son activité et en prolongeant son attente pendant plus de trois ans, l'université a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité.
6. M. B est ainsi fondé à obtenir l'indemnisation des préjudices directement imputables aux fautes commises par l'administration. Toutefois, en matière de responsabilité pour faute et en application des principes généraux de la responsabilité de la puissance publique, il doit être tenu compte, pour déterminer l'étendue de la responsabilité de la puissance publique, de la faute commise par la victime, cause d'exonération partielle ou totale de responsabilité. Or, il résulte de l'instruction que M. B, alerté à plusieurs reprises par l'administration de l'Université qu'il ne remplissait pas les conditions pour être recruté en qualité de chargé d'enseignement vacataire, ne pouvait sérieusement l'ignorer, et n'ignorait pas davantage qu'aucun contrat de recrutement n'avait été expressément conclu. Il a cependant laissé perdurer cette situation, à laquelle il aurait, à tout le moins pu mettre fin en cessant son activité, pendant trois années. Sa propre négligence a donc conduit pour partie et pour moitié à la réalisation des dommages dont il demande réparation.
Sur les préjudices :
7. D'une part, aux termes de l'article 1 du décret du 23 décembre 1983 relatif aux indemnités pour enseignements complémentaires institués dans les établissements publics à caractère scientifique et culturel et les autres établissements d'enseignement supérieur relevant du ministère de l'éducation nationale modifié, " Les personnels et les personnalités extérieures chargés d'assurer un enseignement complémentaire (cours, travaux dirigés, exercices et travaux pratiques) dans les établissements publics à caractère scientifique et culturel et autres établissements d'enseignement supérieur relevant du ministère de l'éducation nationale sont rémunérés dans les conditions précisées aux articles suivants ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Les cours, les travaux dirigés et les séances de travaux pratiques sont rémunérés à l'heure effective par une indemnité non soumise à retenue pour pension dont les taux seront fixés par arrêté conjoint du ministre de l'économie, des finances et du budget et du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. ". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 6 novembre 1989 fixant les taux de rémunération des heures complémentaires : " Les cours, les travaux dirigés et les séances de travaux pratiques sont rémunérés à l'heure effective par une indemnité non soumise à retenue pour pension et fixée à : / a) Dispositions générales : / Cours : 61,35 € ; / Travaux dirigés : 40,91 € ; / Travaux pratiques : 27,26 €. / (). ".
8. Ainsi qu'il a été dit au point 5, M. B engagé à compter du 1er septembre 2019 en tant que chargé de cours, a enseigné pendant les années universitaires 2019-2020, 2020-2021 et 2021-2022 au sein du NCEP et comptabilise sur ces trois années un total de 240 heures équivalent Travaux Dirigés (TD). Il est ainsi fondé à obtenir l'indemnisation du préjudice subi du fait de son absence de rémunération malgré les enseignements effectivement dispensés. Compte tenu des dispositions précitées fixant l'indemnité de rémunération horaire de Travaux dirigés à 40,91 euros, il sera fait une exacte appréciation du préjudice subi à ce titre par M. B en condamnant l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis à lui verser, compte tenu du partage des responsabilités, la somme de 4 909,20 euros (240 x 40,91/2).
9. D'autre part, aux termes de l'article 5 du décret du 23 décembre 1983 précité : " Les personnels chargés des fonctions prévues aux articles précédents, qui sont appelés à se déplacer en dehors de la commune où est situé le siège des établissements de l'enseignement supérieur visés à l'article 1er ci-dessus dont ils relèvent, peuvent bénéficier du remboursement de leurs frais de déplacement dans les conditions prévues par décret ". Il résulte des dispositions de l'article 1er du décret du 21 juin 2010 instituant une prise en charge partielle du prix des titres d'abonnement correspondant aux déplacements effectués par les agents publics entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail qu'elles ouvrent droit à la prise en charge partielle du prix des titres d'abonnement de transport à tous les personnels civils des collectivités et établissements qu'elles visent, au nombre desquels figurent les agents vacataires. Par ailleurs, les dispositions de l'article 7 du même décret ne prévoient une modulation de cette prise en charge qu'en fonction du nombre d'heures travaillées, indépendamment du statut des agents.
10. M. B fait valoir qu'il réside à Paris soit à plus de 20km du NCEP situé à Nanterre et qu'il a ainsi parcouru plus de 3 200 km avec son véhicule personnel au cours de ses années d'enseignement pour aller dispenser ses cours. Il ne peut cependant obtenir le remboursement de ses frais de transport, ceux-ci étant circonscrits, eu égard aux dispositions précitées, aux abonnements de transport, c'est-à-dire aux transports collectifs et non aux moyens de transports individuels.
11. En outre, M. B estimant que le non-versement de ses rémunérations lui a fait perdre le droit de percevoir des aides au retour à l'emploi (ARE), demande que l'université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis soit condamnée à lui verser la somme de 7 320 euros au titre de ce chef de préjudice. Toutefois, s'il fait valoir que la faute de l'administration l'aurait privé d'une prolongation de la durée de versement de l'ARE ainsi que d'une réévaluation du montant de cette allocation, la perte de chance invoquée n'est pas en l'occurrence établie.
12. En dernier lieu, M. B se prévaut d'un préjudice moral et de trouble dans ses conditions d'existence en raison de la résistance abusive de l'université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis à lui verser sa rémunération pour les vacations qu'il a effectuées au titre des années universitaires 2019 à 2022, et en raison de la situation de précarité dans laquelle il s'est trouvé, de ce fait, placé. Dans les circonstances de l'espèce, dès lors qu'il ne justifie pas de troubles particulièrement graves dans les conditions d'existence et eu égard au montant de la créance principale en cause, il sera fait une juste appréciation de la réparation due à M. B en condamnant l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis à lui verser, compte tenu du partage de responsabilité, une indemnité de 750 euros (1500/2) au titre de son préjudice moral et de son trouble dans les conditions d'existence.
13. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis à verser à M. B une somme de 5 659,20 euros (4 909,20 + 750).
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'université de l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis est condamnée à verser à M. B la somme de 5 659,20 euros.
Article 2 : L'université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Universite Paris Lumières, à l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et à l'Université de Paris Nanterre.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
Mme Kanté, première conseillère,
Mme Rivet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
La rapporteure,
C. KantéLe président,
J-P Ladreyt
La greffière,
A. Louart
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309888
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à une ressortissante bangladaise. Le juge a constaté que le préfet de police, mis en demeure, n'avait produit aucune défense et était donc réputé avoir acquiescé aux faits de la requérante, notamment sa présence continue en France depuis 2009 et la régularisation de son conjoint. La décision a été annulée pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'ayant pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407314
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant camerounais, père d'un enfant français. La juridiction a estimé que la décision administrative, fondée sur une menace à l'ordre public, méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, en portant atteinte à sa vie familiale en France. Le tribunal a ainsi fait prévaloir la protection de la vie familiale sur les considérations d'ordre public dans ce cas d'espèce.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317783
**Sujet principal** : Recours en annulation contre une révocation et une radiation des cadres d'un capitaine de police pour vice de procédure disciplinaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était entachée d'un vice substantiel, car l'agent n'a pas disposé d'un délai suffisant pour consulter son dossier (reçu seulement la veille de l'audience du conseil de discipline, malgré sa demande antérieure et l'importance du dossier). Cette méconnaissance des droits de la défense entraîne l'annulation de l'arrêté de révocation attaqué. **Textes appliqués** : Article L. 532-4 du code général de la fonction publique et article 5 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984, qui garantissent le droit à la communication intégrale du dossier dans un délai permettant une défense effective.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315697
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. B... visant à annuler sa déclaration d'élimination au concours externe du CAPES d'anglais 2023. La juridiction juge irrecevable le recours, considérant que la délibération du jury sur l'admissibilité n'est pas détachable de sa décision finale. Elle refuse également la condamnation de l'État aux frais de procédure, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
27/03/2026