lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2311132 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ADAMCZYK & TROUVÉ (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 17 mai 2023, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Wallis-et-Futuna a transmis au tribunal administratif de Paris, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Wallis-et-Futuna le 15 mai 2023, et un mémoire, enregistré le 25 janvier 2024, Mme B, représentée par Me Trouvé, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2022 par laquelle le préfet et administrateur supérieur des Îles Wallis-et-Futuna a prononcé sa mise en congé sans solde du 1er avril au 30 juin 2022, à l'exception du 7 avril 2022, ensemble la décision rejetant son recours gracieux formé le 11 août 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet et administrateur supérieur des Îles Wallis-et-Futuna de lui rembourser l'intégralité des sommes retirées de son salaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 1232-2, L. 1232-3 et L. 1232-4 du code du travail ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 112 et suivants du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 et de la circulaire du 21 mars 2011 des ministères chargés de l'intérieur et du budget relative à la forme et au contenu des pièces de recettes des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifiées à l'article L.712-1 du code général de la fonction publique, ainsi que les dispositions de l'article 4 de la loi de finances rectificatives du 29 juillet 1961, désormais codifiées à l'article L. 711-2 du code général de la fonction publique.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 juillet 2023 et 13 février 2024, le préfet des îles Wallis-et-Futuna conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 1232-2, L. 1232-3 et L. 1232-4 du code du travail est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un courrier du 10 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 28 juillet 2022, dès lors que ce courrier ne constitue qu'un acte préparatoire à la décision n° 2020-1030 du 24 août 2022 régularisant la situation d'absence de Mme B et la plaçant en congé sans solde.
Par un second courrier du 10 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête de Mme B tendant à enjoindre au remboursement des retenues sur salaire, dès lors qu'un avis des sommes à payer a été émis le 3 août 2022 par la direction des finances publiques des Îles Wallis-et-Futuna et n'a pas fait l'objet d'un recours contentieux.
Par un mémoire du 13 juin 2024, Mme B a présenté ses observations aux moyens d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Leravat,
- et les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, agent permanent de la délégation des Îles de Wallis-et-Futuna à Paris, a été avisée de son placement en congé sans solde du 1er avril 2022 au 30 juin 2022, à l'exception du 7 avril 2022 par un courrier du 28 juillet 2022 du préfet et administrateur supérieur des Îles Wallis-et-Futuna. Par ce même courrier, le préfet et administrateur supérieur des Îles Wallis-et-Futuna a informé Mme B de l'émission d'un titre de perception correspondant aux rémunérations perçues sur cette période d'un montant de 1 010 774 francs pacifiques, soit 9 308,29 euros. Par un courrier en date du 11 août 2022, Mme B a formé un recours gracieux, rejeté implicitement au terme du silence gardé par l'administration pendant deux mois. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation du courrier du 28 juillet 2022, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. La présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d'un recours administratif, gracieux ou hiérarchique contre cette décision a pour effet d'interrompre ce délai. Il en va notamment ainsi lorsque, faute de respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose le destinataire de la décision pour exercer le recours juridictionnel est le délai raisonnable découlant de la règle énoncée ci-dessus.
5. Lorsque le recours administratif fait l'objet d'une décision explicite de rejet, un nouveau délai de recours commence à courir à compter de la date de notification de cette décision. Si la notification de la décision de rejet du recours administratif n'est pas elle-même assortie d'une information sur les voies et délais de recours, l'intéressé dispose de nouveau, à compter de cette notification, du délai raisonnable découlant de la règle énoncée plus haut pour saisir le juge. En cas de silence gardé par l'administration sur le recours administratif, le délai de recours contentieux de droit commun contre la décision administrative contestée recommence à courir, s'agissant d'un fonctionnaire, dès la naissance d'une décision implicite de rejet du recours administratif.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été informée par un courrier du 28 juillet 2022 de son placement en congé sans solde. S'il est constant que les voies et délais de recours ne figuraient pas sur cette lettre, il est également constant que la requérante a formé un recours gracieux le 11 août 2022, implicitement rejeté. Si Mme B disposait initialement d'un délai raisonnable d'un an pour contester la décision initiale, elle avait toutefois deux mois à compter de la date de naissance de la décision rejetant implicitement son recours gracieux pour introduire un recours contentieux tant à l'encontre de la décision implicite de rejet que de la décision initiale. Dans ces conditions, alors que la requête de Mme B a été enregistrée le 15 mai 2023, le recours gracieux a été, du fait du silence gardé par l'administration sur sa demande en date du 11 août 2022, implicitement rejeté, au plus tard, le 12 octobre 2022. La requérante disposait donc d'un délai expirant au plus tard le 13 décembre 2022. Par suite, la requête de Mme B est tardive et la fin de non-recevoir opposée par le préfet et administrateur supérieur des Îles Wallis-et-Futuna peut être accueillie.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet et administrateur supérieur des Îles Wallis-et-Futuna.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
La rapporteure,
C. LERAVAT
Le président,
J-P. LADREYT
La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309888
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à une ressortissante bangladaise. Le juge a constaté que le préfet de police, mis en demeure, n'avait produit aucune défense et était donc réputé avoir acquiescé aux faits de la requérante, notamment sa présence continue en France depuis 2009 et la régularisation de son conjoint. La décision a été annulée pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'ayant pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407314
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant camerounais, père d'un enfant français. La juridiction a estimé que la décision administrative, fondée sur une menace à l'ordre public, méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, en portant atteinte à sa vie familiale en France. Le tribunal a ainsi fait prévaloir la protection de la vie familiale sur les considérations d'ordre public dans ce cas d'espèce.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317783
**Sujet principal** : Recours en annulation contre une révocation et une radiation des cadres d'un capitaine de police pour vice de procédure disciplinaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était entachée d'un vice substantiel, car l'agent n'a pas disposé d'un délai suffisant pour consulter son dossier (reçu seulement la veille de l'audience du conseil de discipline, malgré sa demande antérieure et l'importance du dossier). Cette méconnaissance des droits de la défense entraîne l'annulation de l'arrêté de révocation attaqué. **Textes appliqués** : Article L. 532-4 du code général de la fonction publique et article 5 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984, qui garantissent le droit à la communication intégrale du dossier dans un délai permettant une défense effective.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315697
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. B... visant à annuler sa déclaration d'élimination au concours externe du CAPES d'anglais 2023. La juridiction juge irrecevable le recours, considérant que la délibération du jury sur l'admissibilité n'est pas détachable de sa décision finale. Elle refuse également la condamnation de l'État aux frais de procédure, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
27/03/2026