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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2314416

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2314416

vendredi 15 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2314416
TypeDécision
Formation3e Section - 2e Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantCABINET BERTHILIER, TAVERDIN (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juin 2023, M. B A, représenté par Me Berthilier, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 3 juin 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du 3 juin 2023 en tant qu'il a fixé le Sénégal comme pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Salzmann en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Salzmann a été entendu au cours de l'audience publique du 4 septembre 2023.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais né le 5 janvier 1984, est entré en France le 20 août 2017 et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 7 octobre 2022, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 9 mai 2023. Par un arrêté du 3 juin 2023, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné à l'issue de ce délai. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

4. M. A soutient qu'il encourt des risques en cas de retour au Sénégal où il est connu, en tant qu'ancien militaire et policier, comme opposant au régime en place, en raison de ses prises de position contre les dérives et violences policières. A ce titre, s'il produit des captures d'écran de commentaires injurieux et menaçants postés sur les réseaux sociaux, relatifs à des interviews qu'il a effectuées, ces seuls éléments ne suffisent pas à établir la réalité et l'intensité des risques qu'il encourrait en cas de retour dans ce pays. En outre, s'il soutient avoir été agressé le 11 juin 2023 à Paris par des compatriotes en raison de ses prises de position politiques, le récépissé de main courante et le certificat médical qu'il produit ne permettent pas, à eux seuls, d'établir que cette agression serait liée à ses opinions politiques et qu'elle aurait été le fait de ressortissants sénégalais. Au demeurant, sa demande de reconnaissance du statut de réfugié a été rejetée par une décision de l'Office de protection des réfugiés et apatrides du 7 octobre 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 9 mai 2023. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 juin 2022 du préfet de police. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2023.

La magistrate désignée,

M. SALZMANNLa greffière,

P. TARDY-PANIT

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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