mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2315272 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | LACOSTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Lacoste, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juin 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a notifié la cessation de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil depuis le jour où elles ont été suspendues, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat ;
5°) à défaut, si la demande d'aide juridictionnelle est rejetée, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à lui verser directement.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, il a rétabli le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à Mme B, à titre rétroactif, pour la période comprise entre le 1er octobre 2022 et le 30 juillet 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 août 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Leravat a été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Louart, greffière d'audience :
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante ivoirienne née le 1er janvier 2001, a présenté une demande d'asile à la préfecture de police enregistrée le 26 avril 2022 en procédure dite Dublin. Le 2 mai 2022, elle a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ouvrant droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 24 mai 2022, le préfet de police a décidé de son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Le 28 décembre 2022, l'OFII lui a adressé une notification d'intention de cessation des conditions matérielles d'accueil fondée sur son absence à la convocation en vue de son transfert vers la Bulgarie. Par une décision du 13 juin 2023, l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil de Mme B. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 7 juillet 2023, l'OFII a retiré la décision contestée du 13 juin 2023. De plus, l'OFII établit que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été rétabli au bénéfice de Mme B à compter du 1er octobre 2022, par le versement le 28 juillet 2023 de la somme globale de 3 100,80 euros. Le directeur de l'OFII est, dès lors, fondé à soutenir qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.
Sur les frais liés au litige :
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Lacoste, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Lacoste de la somme totale de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.
Article 2 : Sous réserve que Me Lacoste, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui versera la somme totale de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Lacoste.
Délibéré après l'audience du 29 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.
La rapporteure,
C. LERAVAT
Le président,
J-P. LADREYT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309888
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à une ressortissante bangladaise. Le juge a constaté que le préfet de police, mis en demeure, n'avait produit aucune défense et était donc réputé avoir acquiescé aux faits de la requérante, notamment sa présence continue en France depuis 2009 et la régularisation de son conjoint. La décision a été annulée pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'ayant pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407314
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant camerounais, père d'un enfant français. La juridiction a estimé que la décision administrative, fondée sur une menace à l'ordre public, méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, en portant atteinte à sa vie familiale en France. Le tribunal a ainsi fait prévaloir la protection de la vie familiale sur les considérations d'ordre public dans ce cas d'espèce.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317783
**Sujet principal** : Recours en annulation contre une révocation et une radiation des cadres d'un capitaine de police pour vice de procédure disciplinaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était entachée d'un vice substantiel, car l'agent n'a pas disposé d'un délai suffisant pour consulter son dossier (reçu seulement la veille de l'audience du conseil de discipline, malgré sa demande antérieure et l'importance du dossier). Cette méconnaissance des droits de la défense entraîne l'annulation de l'arrêté de révocation attaqué. **Textes appliqués** : Article L. 532-4 du code général de la fonction publique et article 5 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984, qui garantissent le droit à la communication intégrale du dossier dans un délai permettant une défense effective.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315697
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. B... visant à annuler sa déclaration d'élimination au concours externe du CAPES d'anglais 2023. La juridiction juge irrecevable le recours, considérant que la délibération du jury sur l'admissibilité n'est pas détachable de sa décision finale. Elle refuse également la condamnation de l'État aux frais de procédure, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
27/03/2026