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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2315639

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2315639

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2315639
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre - R.222-13
Avocat requérantHAMIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juin et le 27 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Hamidi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet, née du silence gardé par la commission de médiation de Paris suite à son recours du 27 mars 2023, par laquelle elle a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande d'hébergement en application des dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;

3°) d'enjoindre à la commission de médiation, à titre principal, de désigner sa demande de logement social comme prioritaire et urgente en application du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- la commission de médiation a commis une erreur de droit ainsi qu'une erreur dans l'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés car il était hébergé dans un centre d'hébergement pour demandeur d'asile à la date de la décision de la commission et qu'il ne justifie pas avoir entrepris de démarches préalables pour rechercher un autre moyen d'hébergement.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 juillet 2023.

Vu :

- la pièce complémentaire enregistrée le 27 décembre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Seulin en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Seulin a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a, le 27 mars 2023, saisi la commission de médiation de Paris en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande d'hébergement en application des dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Après avoir indiqué à l'intéressé qu'une décision implicite de rejet naîtrait le 8 mai 2023, la commission de médiation de Paris a expressément rejeté la demande de M. A par une décision du 20 avril 2023. Dès lors, la requête de M. A doit être regardée comme tendant à l'annulation de la décision du 20 avril 2023, par laquelle la commission de médiation de Paris a rejeté le recours de M. A au motif que " les éléments fournis à l'appui de son recours ne permettent pas de caractériser la situation invoquée, le requérant étant déjà hébergé " et que " () le requérant ne justifiant pas de démarches préalables d'hébergement ".

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 juillet 2023. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement. La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département ou, en Ile-de-France, au représentant de l'Etat dans la région la liste des demandeurs pour lesquels doit être prévu un tel accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et précise, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. () ".

4. Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région () ".

5. D'une part, la commission de médiation a rejeté la demande de M. A au motif notamment que les éléments produits à l'appui de son recours amiable ne permettaient pas de caractériser la situation d'urgence invoquée, dès lors qu'il démontrait être hébergé. Cette décision, qui vise, en outre, les dispositions applicables du code de la construction et de l'habitation, est suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation doit donc être écarté.

6. D'autre part, pour contester la décision de rejet de la commission de médiation de Paris du 20 avril 2023, M. A fait valoir que s'il est, à la date de la décision attaquée, hébergé dans un centre d'hébergement pour demandeur d'asile, il est tenu de le libérer au plus tard le 30 septembre 2023. Toutefois, M. A produit une notification de sortie de son lieu d'hébergement actuel pour demandeur d'asile en raison de la reconnaissance de son statut de réfugié, édictée postérieurement à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, le seul élément permettant d'apprécier son parcours est une capture d'écran auprès de " CDC habitat Adoma " établie également postérieurement à la décision attaquée. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la commission de médiation de Paris aurait commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation. Sa requête doit donc être rejetée et, par suite, ses conclusions à fin d'injonction et au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement et à Me Hamidi.

Copie en sera adressée au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.

La magistrate désignée,

A. SeulinLa greffière,

S. Rahmouni

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement./4-1

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