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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2319566

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2319566

lundi 16 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2319566
TypeDécision
PublicationD
Formation3e Section - 2e Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantBECHIEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 août et 9 octobre 2023, M. C, représenté par Me Bechieau, demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 28 juillet 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 et 10 octobre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Salzmann en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 11 octobre 2023 :

- le rapport de Mme Salzmann,

- les observations de Me Bechieau, représentant M. A, assisté de M. D, interprète, qui reprend les termes de ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bangladais né le 26 novembre 1994 à Sylhet a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 7 septembre 2022. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 décembre 2022, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 11 avril 2023. Par un arrêté du 28 juillet 2023, le préfet de police a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. ".

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision portant obligation de quitter le territoire du 28 juillet 2023 vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment son article 8, ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment le 4° de l'article L. 611-1 dont il fait application. Elle mentionne que la demande d'asile de M. A dont la nationalité est rappelée a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 décembre 2022 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 11 avril 2023, que M. A ne justifie d'aucun titre de séjour. En outre, l'arrêté indique qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale. Elle mentionne la nationalité de M. A et indique qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, l'obligation de quitter le territoire français, qui comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, satisfait l'exigence de motivation de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

4. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

5. Si M. A soutient qu'il est menacé dans son pays d'origine en raison de ses opinions politiques et d'une affaire controuvée pour laquelle un mandat de recherche a été émis, il n'apporte pas d'élément de nature à établir qu'il encourrait des risques personnels, sérieux et actuels pour sa vie. Au demeurant, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont examiné sa demande d'asile et l'ont rejetée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés doit être écarté.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2023.

La magistrate désignée,

M. SalzmannLa greffière,

C. PavillaLa République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./3-

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