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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2320344

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2320344

vendredi 10 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2320344
TypeDécision
FormationSection 8 - Chambre 2
Avocat requérantMAHOUKOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 septembre 2023, M. C, représenté par Me Mahoukou, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 août 2023 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et l'arrêté du 31 août 2023 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois.

Il soutient qu'il réside en France depuis 2018 et qu'il compte s'y installer avec son épouse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2023, le préfet de police, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête de M. B.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 octobre 2023 :

- le rapport de Mme Marzoug,

- les observations de Me Mahoukou, représentant M. B, lequel a précisé que le requérant est en France depuis 2017, qu'il y réside avec son épouse et que les arrêtés attaqués méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- et les explications de M. B, assisté d'un interprète en espagnol, qui a déclaré que son épouse, qui est également en séjour irrégulier sur le territoire français, est enceinte.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 31 août 2023, le préfet de police a fait obligation à M. B, ressortissant colombien né le 14 septembre 1991, de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et par un arrêté du même jour, il a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois. Le requérant doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

3. Si M. B soutient résider en France depuis 2017 ou 2018, que son épouse réside également en France et que celle-ci est enceinte, il n'établit pas, en tout état de cause, par les pièces versées aux débats, sa durée de présence en France, sa situation conjugale et l'état de grossesse de sa compagne. En outre, il ne produit aucun élément de nature à établir son insertion sur le territoire français. Dans ces conditions, l'unique moyen de la requête tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2023.

La magistrate désignée,

S. MARZOUGLa greffière,

R. BOUDINA

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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