mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2320533 |
| Type | Décision |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | NDONG NDONG |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 5 septembre 2023, le président du tribunal administratif de Dijon a transmis en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative la requête, enregistrée le 31 août 2023, présentée par M. A B.
Par cette requête et un mémoire enregistré le 4 octobre 2023, M. B, représenté par Me Ndong Ndong, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 29 août 2023 par lequel le préfet de Saône et Loire l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 2 ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de son conseil sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant du refus de séjour :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur de fait en méconnaissant les dispositions de l'article L. 312-5 car il justifie d'un titre de séjour polonais ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
S'agissant de la décision portant refus de départ volontaire ;
- c'est à tort que le préfet a estimé qu'il ne justifiait pas de garanties supplémentaires ;
- l'obligation de quitter le territoire étant entachée d'illégalité, cette illégalité a pour effet d'entraîner son annulation pour défaut de base légale.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- l'obligation de quitter le territoire étant entachée d'illégalité, cette illégalité a pour effet d'entraîner son annulation pour défaut de base légale ;
- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 612-6 à L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet de Saône-et-Loire qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Béal.
Un moyen d'ordre public a été soulevé lors de l'audience publique tiré de l'inopérance des moyens dirigés contre le refus de titre de séjour, l'arrêté attaqué ne comportant pas un tel refus.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Un mémoire en défense, présenté par le préfet de Saône-et-Loire, a été enregistré le 12 octobre 2023 à 10h37.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 29 août 2023, le préfet de Saône et Loire a seulement obligé M. B à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 2 ans. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le refus de titre de séjour et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens de la requête :
3. L'arrêté attaqué ne comportant pas de refus de titre de séjour, les moyens dirigés contre ce refus doivent être écartés comme inopérants.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le refus de lui accorder un délai de départ volontaire :
4. En premier lieu, M. B soutient qu'il présente toutes les garanties de représentation possibles car il disposait d'un titre de séjour délivré par les autorités administratives d'un état membre. Toutefois, il ressort des pièces du dossier notamment des considérants de l'arrêté attaqué et il n'est pas contesté que le requérant suite à son interpellation du 27 août a été dans l'incapacité de produire lors de sa convocation du lendemain un document d'identité qu'il a déclaré avoir perdu, qu'il a déclaré sans pouvoir le justifier être hébergé au 19 place des fêtes à Paris. Enfin, il n'est pas plus utilement contesté qu'il est défavorablement connu des services de police suite à l'usage de faux documents administratifs et a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'obligation de quitter le territoire suivi d'une première interdiction de retour sur le territoire français du 16 septembre 2021. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir, nonobstant la production d'une photocopie d'un titre de séjour qui aurait été délivrée par les autorités polonaises, à soutenir qu'il présentait toutes les garanties de représentation pour pouvoir bénéficier d'un délai de départ volontaire.
5. En second lieu, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire doit être écartée.
6. Il résulte de ce qui précède que ses conclusions doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, M. B soutient que dès lors qu'il est admis au séjour dans un état membre de l'union européenne lui permettant de séjourner durant 3 mois au plus sur le territoire français, le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 612-6 à L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois et comme il a été dit au point 6, il n'est pas utilement contesté qu'il est défavorablement connu des services de police suite à l'usage de faux documents administratifs et a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'obligation de quitter le territoire suivi d'une première interdiction de retour sur le territoire français du 16 septembre 2021. Enfin, la production d'une simple photocopie d'un titre de séjour que le requérant déclare avoir perdu sans apporter la preuve de cette perte n'est pas de nature eu égard à ce qui vient d'être dit d'établir qu'en prenant la mesure attaquée, le préfet ait entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation de sa situation au regard des dispositions susvisées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En second lieu, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision attaquée doit être écartée.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté susvisé du préfet de Saône-et-Loire du 29 août 2023. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
DECIDE
Article 1er : M. B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Saône-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
A. Béal
La greffière,
R. Boudina
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509646
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 12 décembre 2023, qui enjoignait au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal constate que le préfet a pris un arrêté le 13 mars 2025 refusant le titre de séjour et obligeant M. A à quitter le territoire, ce qui constitue un réexamen de sa situation. En conséquence, le jugement initial est regardé comme entièrement exécuté, et la demande d’exécution de M. A est rejetée. Cette solution est fondée sur l’article L. 911-4 du code de justice administrative.
17/07/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431462
24/12/2024
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429414
24/12/2024
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406989
24/12/2024