LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2323504

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2323504

mardi 19 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2323504
TypeDécision
PublicationC
FormationSection 8 - Chambre 2
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 octobre et 20 novembre 2023, M. C F, représenté par Me Rosin, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 12 octobre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 1 an ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de 15 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car le préfet n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant refus de départ volontaire ;

- l'obligation de quitter le territoire étant entachée d'illégalité, cette illégalité a pour effet d'entraîner son annulation pour défaut de base légale ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car le préfet n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation ;

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

- l'obligation de quitter le territoire étant entachée d'illégalité, cette illégalité a pour effet d'entraîner son annulation pour défaut de base légale ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car le préfet n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation ;

- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Par un mémoire enregistré le 7 novembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine produit des pièces et fait savoir que la requête n'appelle pas d'observations de sa part.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Béal,

- les observations de Me Rosin, représentant M. F.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 12 octobre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé M. F à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 1 an. M. F demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide

juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". M. F s'étant désisté de ces conclusions, il y a lieu de lui en donner acte.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. B E, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement de la préfecture des Hauts-de-Seine qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté n°2023-59 du 14 septembre 2023, régulièrement publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation du préfet à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D, directrice des migrations et de l'intégration et de Mme A chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, les décisions en litige. Il n'est pas soutenu que ces dernières n'étaient ni absentes ni empêchées à la date de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin que le préfet produise une copie signée de cet arrêté, s'agissant d'un acte réglementaire publié, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, la décision contestée comporte l'énoncé des dispositions légales dont il a été fait application ainsi que des circonstances de fait au vu desquelles elle a été prise et notamment, de la situation personnelle et administrative du requérant. Contrairement à ce que soutient M. F, le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas tenu de mentionner de manière exhaustive tous les éléments relatifs à la situation personnelle dont il entendait se prévaloir et notamment de sa situation professionnelle comme chef d'équipe ferrailleur, de son activité au sein d'un mouvement associatif de bénévolat et du fait qu'il n'entendait pas se soustraire à une mesure d'éloignement. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré d'une insuffisance de la motivation n'est pas fondé et doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :

1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; (,,), 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; " .

6. Il ressort de la motivation même de l'arrêté attaqué que le préfet s'est livré à un examen circonstancié de la situation de M. F. A cet effet ce dernier soutient à bon droit que contrairement à ce qu'indique le préfet dans son arrêté, il n'a pas expressément déclaré qu'il n'exécutera pas la décision attaquée. Toutefois, d'une part, il n'est pas contesté que lors de son entretien, le requérant a déclaré qu'il n'envisageait pas de retourner vers son pays ou vers un pays où il a obtenu un titre de séjour. D'autre part et surtout, pour prendre son arrêté, le préfet s'est également fondé sur les dispositions susvisées du 1° de l'article L 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en relevant que le requérant ne justifie d'aucune circonstance particulière pour s'être maintenu sur le territoire français et a indiqué au premier considérant de son arrêté que le requérant n'a entrepris aucune démarche en vue de la régularisation de sa situation administrative. Dans ses écritures son conseil ne conteste pas cette entrée irrégulière et pas utilement, comme il va être dit au point 7 avoir entrepris de telles démarches. Par suite, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision sans se fonder sur ce refus explicite d'exécuter l'arrêté attaqué. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré d'un défaut d'examen circonstancié et d'une erreur de droit doit être écarté.

7. En quatrième lieu, M. F, ressortissant algérien né en 1993 soutient qu'il est entré en France en juin 2021, qu'il a entrepris des démarches auprès de la préfecture de police pour faire régulariser sa situation, qu'il travaille comme ferrailleur qualifié au sein de différentes sociétés sous-traitantes de grands groupes du BTP et a obtenu à cet effet une carte d'identification BTP avec le concours de la société MTG Bat et justifie de 13 versements de salaire pour la période s'étendant de juin 2022 à octobre 2023 ainsi qu'en témoigne le compte bancaire qu'il a ouvert auprès de la BNP Paribas et qu'il a déclaré à l'administration fiscale. Enfin, le requérant soutient qu'il justifie d'une intégration autre que professionnelle car il est un membre actif au sein de l'association " solidarité Saint Bernard " et participe à des distributions de vêtements et de nourriture et suit des cours de français. Toutefois, M. F est célibataire, sans enfant et ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales en Algérie ni avoir entamé des démarches en vue de régulariser sa situation administrative alors qu'il est entré irrégulièrement en France, la simple lettre de demande de renseignement envoyé le 3 juillet 2023 par un membre bénévole de l'association " solidarité Saint Bernard " à la préfecture de police n'étant pas de nature à elle seule à établir de telles démarches d'autant que cette lettre ne vise pas nominativement le requérant mais des ressortissants algériens " qui travaillent tous depuis plus d'un et ont des fiches de paye pour le prouver " ce qui n'est pas le cas du requérant comme il va être dit. Enfin, il travaille de manière illégale en violation des règles essentielles du droit social en n'étant pas déclaré par ses employeurs qui lui versent un salaire en toute irrégularité. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle et professionnelle s'agissant de l'obligation de quitter le territoire ou une erreur d'appréciation s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire ou méconnu les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En cinquième lieu, s'agissant du refus de lui accorder un délai de départ volontaire, M. F soutient que le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il justifie de circonstances particulières ayant entamé des démarches en vue de régulariser sa situation administrative, n'ayant pas explicitement déclaré refuser d'exécuter l'arrêté attaqué et justifiant d'un domicile stable, d'un passeport et d'une activité professionnelle régulière. Toutefois, comme il a été dit au point 7, le requérant ne justifie pas desdites démarches ni d'une activité professionnelle régulière et légalement exercée. Ensuite, comme il a été dit au point 6, la circonstance que le préfet fasse état à tort d'un refus explicite d'exécuter l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur de droit ou d'un défaut d'examen circonstancié de sa situation dès lors qu'il entre bien dans le champ des dispositions du 1°) de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, contrairement à ce qu'il soutient, il ne justifie pas d'un domicile stable au 106 boulevard Ney à Paris. Par suite, eu égard aux circonstances de l'espèce tels que rappelées au point 7, il n'est pas fondé à soutenir qu'il justifie de circonstances exceptionnelles et que le préfet aurait commis une erreur de droit et méconnu les dispositions de l'article L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En dernier lieu, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire et celle portant interdiction de retour en France doivent être écartées.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté susvisé du préfet des Hauts-de-Seine du 12 octobre 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

DECIDE

Article 1er : il est donné acte du désistement des conclusions de M. F tendant à son admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C F et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.

Le magistrat désigné,

A. Béal

La greffière,

L. Poulain

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2323504/8

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509646

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 12 décembre 2023, qui enjoignait au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal constate que le préfet a pris un arrêté le 13 mars 2025 refusant le titre de séjour et obligeant M. A à quitter le territoire, ce qui constitue un réexamen de sa situation. En conséquence, le jugement initial est regardé comme entièrement exécuté, et la demande d’exécution de M. A est rejetée. Cette solution est fondée sur l’article L. 911-4 du code de justice administrative.

17/07/2025

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431462

24/12/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429414

24/12/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406989

24/12/2024

← Retour aux décisions