mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2325583 |
| Type | Décision |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | ZUBAROGLU |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 7 novembre 2023, le tribunal administratif de Montreuil au tribunal administratif de Paris la requête enregistrée le 2 novembre 2023 de M. A alias C B, représenté par Me Zubaroglu.
Par cette requête, enregistrée le 7 novembre 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris sous le numéro 2325583, X alias C B, représenté par Me Zubaroglu, demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté en date du 31 octobre 2023, par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait, ou, à tout le moins, d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la gravité de ses effets sur sa situation personnelle ;
- la décision de retour sur le territoire français porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit d'étudier et de travailler ;
- l'ensemble de ces décisions viole l'article 15 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis, a qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu l'arrêté attaqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Perfettini en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
A été entendu, au cours de l'audience publique du 29 janvier 2024, le rapport de Mme Perfettini, le requérant et le préfet de la Seine Saint-Denis n'étant ni présents ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été présentée par le préfet de la Seine-Saint-Denis
Considérant ce qui suit :
1. M. A, alias C B, ressortissant marocain né le 26 mars 1994 à Taza (Maroc), demande l'annulation de l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur le moyen commun aux différentes décisions :
2. Si le requérant soutient que les dispositions attaquées méconnaissent l'article 15 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen est dépourvu de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il doit, par suite, être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. Pour prendre l'arrêté attaqué, le préfet de la Seine Saint-Denis, après avoir rappelé les fondements juridiques de sa décision ainsi que les éléments en sa possession sur la situation personnelle de l'intéressé, a indiqué que ce dernier, entré en France en 2017 selon ses déclarations, n'avait pas été en mesure de justifier de la possession d'un document transfrontalier ou de l'existence de démarches en vue de régulariser sa situation alors qu'il travaille sans autorisation. Il a, en outre, relevé que l'intéressé ne justifiait pas d'un lieu de résidence stable et effectif et avait déclaré vouloir demeurer en France. Le préfet a, enfin, observé que l'intéressé n'établissait pas l'ancienneté de son séjour en France, pas plus que la réalité de liens personnels et familiaux ainsi que professionnels forts et pérennes. Ces éléments ne sont pas utilement contredits par le requérant. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché l'arrêté attaqué doivent être écartés.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois:
4. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
5. Si M. A alias B soutient qu'en prononçant à son encontre une interdiction de retour pour une durée de douze mois le préfet aurait commis une erreur d'appréciation, il ne ressort pas des pièces du dossier que des circonstances humanitaires auraient justifié que le préfet de la Seine-Saint-Denis ne prononce pas une telle décision. En outre, le préfet a relevé que le requérant avait été interpellé pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité, qu'il est inscrit au fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits de violence aggravée et que son comportement constitue donc une menace pour l'ordre public. Il a, également, observé que le requérant, entré irrégulièrement en France depuis 2017 et dont la présence continue depuis cette date n'est pas établie, ne démontrait pas avoir des attaches familiales sur le territoire français. Par suite, compte tenu de ces circonstances, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas commis une erreur d'appréciation en prononçant à l'encontre de M. A alias B une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de douze mois.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A alias B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A alias B est rejetée.
Article2 : Le présent jugement sera notifié à M. A alias C B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La magistrate désignée,
D. PERFETTINI La greffière,
R. BOUDINA
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2325583/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509646
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 12 décembre 2023, qui enjoignait au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal constate que le préfet a pris un arrêté le 13 mars 2025 refusant le titre de séjour et obligeant M. A à quitter le territoire, ce qui constitue un réexamen de sa situation. En conséquence, le jugement initial est regardé comme entièrement exécuté, et la demande d’exécution de M. A est rejetée. Cette solution est fondée sur l’article L. 911-4 du code de justice administrative.
17/07/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431462
24/12/2024
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429414
24/12/2024
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24/12/2024