Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2327488 enregistrée le 30 novembre 2023, la société Miqdel Grande Armée, représentée par Me Meilhac, demande au tribunal :
1°) d’annuler le titre de perception n° 320461 émis le 28 octobre 2022 par la Ville de Paris en vue du recouvrement de la somme de 51 415,92 euros au titre des redevances d’occupation du domaine public dues pour l’année 2022 en raison de l’installation d’une terrasse fermée et de trois terrasses ouvertes au 61, avenue de la Grande Armée (Paris 16ème) ;
2°) à titre principal, de la décharger de la somme de 27 207,04 euros ainsi que du paiement des droits de voirie correspondant à la surface de 6 m² de terrasses ouvertes ;
3°) à titre subsidiaire, de la décharger du paiement des droits de voirie correspondant à la surface de 6 m² de terrasses ouvertes ainsi que du paiement des droits de voirie additionnels pour installation d’écrans parallèles correspondant à la surface de 2 m² de terrasses ouvertes ;
4°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Miqdel Grande Armée soutient que :
- faute pour la Ville de Paris de produire le titre exécutoire, il ne peut être vérifié que ce dernier comporte la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de son auteur, mentions devant figurer en application des dispositions des articles L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;
- le titre est entaché d’une erreur de fait dès lors qu’elle n’a pas installé d’écrans parallèles en 2022 ;
- il est entaché d’une deuxième erreur de fait sur les droits dus au titre des terrasses ouvertes, dont la surface totale est de 58 m² et non 64 m² ;
- à titre subsidiaire, si l’erreur de fait n’était pas retenue sur l’absence d’écrans parallèles, il est entaché d’une troisième erreur de fait dès lors que les droits qui auraient dû être mis à sa charge pour les écrans parallèles auraient dû se baser sur une surface de 58 m² et non 60 m².
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2025, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il y a non-lieu à statuer partiel, dès lors qu’elle a procédé au dégrèvement de la somme de 27 202,04 euros ;
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par la société Miqdel Grande Armée ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 février 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 25 mars 2025.
Par une lettre du 17 novembre 2025, la Ville de Paris a été invitée, en application de l’article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à communiquer au tribunal l’arrêté du 4 juillet 2012 ayant autorisé la société Miqdel à installer les terrasses et écrans parallèles en litige, ou tout autre acte d’autorisation en sa disposition.
II. Par une requête n° 2327489 enregistrée le 30 novembre 2023, la société Miqdel Grande Armée, représentée par Me Meilhac, demande au tribunal :
1°) d’annuler le titre de perception n° 203864 émis le 26 juin 2023 par la Ville de Paris en vue du recouvrement de la somme de 51 606,67 euros au titre des redevances d’occupation du domaine public dues pour l’année 2023 en raison de l’installation d’une terrasse fermée et de trois terrasses ouvertes au 61, avenue de la Grande Armée (Paris 16ème) ;
2°) à titre principal, de la décharger de la somme de 28 567,50 euros ainsi que du paiement des droits de voirie correspondant à la surface de 6 m² de terrasses ouvertes ;
3°) à titre subsidiaire, de la décharger du paiement des droits de voirie correspondant à la surface de 6 m² de terrasses ouvertes ainsi que du paiement des droits de voirie additionnels pour installation d’écrans parallèles correspondant à la surface de 2 m² de terrasses ouvertes ;
4°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Miqdel Grande Armée soutient que :
- faute pour la Ville de Paris de produire le titre exécutoire, il ne peut être vérifié que ce dernier comporte la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de son auteur, mentions devant figurer en application des dispositions des articles L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;
- le titre est entaché d’une erreur de fait dès lors qu’elle n’a pas installé d’écrans parallèles en 2022 ;
- il est entaché d’une deuxième erreur de fait sur les droits dus au titre des terrasses ouvertes, dont la surface totale est de 58 m² et non 64 m² ;
- à titre subsidiaire, si l’erreur de fait n’était pas retenue sur l’absence d’écrans parallèles, il est entaché d’une troisième erreur de fait dès lors que les droits qui auraient dû être mis à sa charge pour les écrans parallèles auraient dû se baser sur une surface de 58 m² et non 60 m².
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2025, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Miqdel Grande Armée ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 mai 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 30 juin 2025.
Par une lettre du 17 novembre 2025, la Ville de Paris a été invitée, en application de l’article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à communiquer au tribunal l’arrêté du 4 juillet 2012 ayant autorisé la société Miqdel à installer les terrasses et écrans parallèles en litige, ou tout autre acte d’autorisation en sa disposition.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- l’arrêté de la maire de Paris du 11 juin 2021 portant règlement de l’installation des étalages et terrasses sur la voie publique ainsi que des contre-étalages et contreterrasses, des commerces accessoires aux terrasses et des dépôts de matériel ou objets divers devant les commerces et des terrasses estivales ;
- l'arrêté de la maire de Paris du 24 décembre 2021 fixant les tarifs applicables aux droits de voirie pour l’année 2022 ;
- l’arrêté de la maire de Paris du 29 décembre 2022 fixant les tarifs applicables aux droits de voirie pour l’année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme E...
- les conclusions de M. Gualandi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
La société Miqdel Grande Armée, qui exploite un bar-brasserie sous l’enseigne « Le Touring », située à l’angle de l’avenue de la Grande Armée et de la rue Lesueur, dispose d’une autorisation d’occupation du domaine public pour l’installation de quatre terrasses : une terrasse ouverte de 5 m de longueur et de 3,2 m de largeur au niveau du 61, avenue de la Grande Armée, une terrasse fermée de 12,68 m de longueur et 3,2 m de large au niveau du pan coupé entre l’avenue de la Grande Armée et de la rue Lesueur, et deux terrasses ouvertes devant cette terrasse fermée, de respectivement 6 m de long et 2,2 m de large pour le côté droit et 6,6 m de long et 4,2 m de large pour le côté gauche.
Le 28 octobre 2022, la Ville de Paris a émis un titre de recettes n° 320461 d’un montant de 51 415,92 euros pour le recouvrement des droits de voirie afférents à ces terrasses au titre de l’année 2022. Par la requête n° 2327488, la société Miqdel Grande Armée demande l’annulation de ce titre exécutoire ainsi que la décharge partielle de l’obligation de payer les sommes réclamées par la Ville de Paris.
Le 26 juin 2023, la Ville de Paris a émis un titre de recettes n° 203864 d’un montant de 51 606,67 euros pour le recouvrement des droits de voirie afférents à ces terrasses au titre de l’année 2023. Par la requête n° 2327489, la société Miqdel Grande Armée demande l’annulation de ce titre exécutoire ainsi que la décharge partielle de l’obligation de payer les sommes réclamées par la Ville de Paris.
Les requêtes n° 2327488 et 2327489 présentées par la société Miqdel Grande Armée concernent les droits de voirie d’un même établissement. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l’étendue du litige dans la requête n° 2327488 :
La Ville de Paris soutient avoir annulé partiellement le titre n° 320461, en raison de l’absence de preuves de la présence d’écrans parallèles. Elle produit une autorisation d’annulation partielle du titre de recette et une extraction informatique indiquant l’émission d’un titre d’annulation le 13 février 2025. La société Miqdel Grande Armée ne conteste pas l’annulation du titre en litige. Dans ces conditions, il n’y a plus lieu de statuer sur la demande d’annulation partielle du titre de perception n° 320461 en tant qu’il met à la charge de la société une indemnité pour installation d’écrans parallèles ni de prononcer la décharge de la somme correspondante.
Sur la recevabilité de la requête n° 2327488 :
Si la Ville de Paris soutient que la notification du titre a dû parvenir au plus tard le 15 novembre 2022, elle n’apporte ni la preuve de la notification de ce titre, ni la preuve que la société Miqdel Grande Armée aurait eu connaissance de l’émission de ce titre avant le 30 novembre 2022. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête soulevée par la Ville de Paris ne peut qu’être écartée.
Sur les autres conclusions à fin d’annulation et de décharge de la requête n° 2327488 :
En ce qui concerne la régularité du titre :
Aux termes de l’article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : « (…) 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. (…) / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. » Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'ampliation du titre de recettes individuel adressée au redevable doit mentionner les noms, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
Il résulte de l’instruction que l’avis des sommes à payer adressé à la société requérante mentionne que le titre n° 320461, rendu exécutoire le 28 octobre 2022, a été émis, par délégation, par M. A... B..., chef du service de l’expertise comptable. La Ville de Paris produit également un document du 7 février 2024 émanant de sa société prestataire Docapost Fast, attestant que le bordereau dématérialisé de ce titre de recettes comporte la signature électronique de M. B.... En vertu des dispositions précitées du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, la Ville de Paris n’avait pas à produire, contrairement à ce que soutient la société requérante, le titre de recette lui-même, le bordereau de ce titre suffisant à justifier de la signature de la personne l’ayant émis. Au surplus, la société requérante n’avait pas à être destinataire du titre de recette, seule une ampliation de ce dernier étant adressée au redevable en vertu des mêmes dispositions. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales doit donc être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de la créance :
L’arrêté du 24 décembre 2021 prévoit que lorsque « une terrasse munie de tout type de protection (…) est autorisée sur la longueur totale de la façade de l’établissement, une déduction d’un mètre est effectuée pour le passage d’accès (…) », cette déduction étant uniquement applicable aux droits de voirie ordinaires et non aux droits de voirie additionnels. Il dispose également que « Toute surface ou longueur, pour les ouvrages et objets dont les droits sont calculés au mètre linéaire, est arrondie à l’unité supérieure ».
En l’espèce, les surfaces des terrasses ouvertes situées dans le tiers du trottoir sont respectivement de 4 m par 3,2 m pour la terrasse au niveau du 61, avenue de la Grande Armée, après application de la déduction d’un mètre pour droit d’accès, soit une surface de 13 m² après arrondi, et de 6 m par 0,69 m et de 6,6 m par 0,69 m pour les terrasses ouvertes situées sur le pan coupé, soit une surface de 5 m² chacune après arrondi. Dès lors, la Ville de Paris n’a pas commis d’erreur de fait en mettant à la charge de la société Miqdel Grande Armée des droits de voirie pour terrasse ouverte dans le tiers du trottoir (item 430) pour une superficie totale de 23 m². En revanche, s’agissant des terrasses ouvertes situées dans le tiers du trottoir, la superficie respective des surfaces est de 6 m par 1,51 m et de 6,6 m par 3,51 m pour les terrasses ouvertes situées sur le pan coupé, soit respectivement 10 m² et 24 m² après arrondi. Par suite, la société Miqdel Grande Armée est fondée à soutenir que la Ville de Paris a commis une erreur de fait en mettant à sa charge des droits de voirie pour terrasse ouverte située hors tiers du trottoir (item 431) pour une superficie totale de 41 m² et non de 34 m², soit une différence de 7 m². La société Miqdel n’ayant demandé à être déchargée que du paiement des droits de voirie correspondant à la surface de 6 m², il y a lieu de la décharger d’une somme de 876,60 euros, dès lors que l’arrêté du 24 décembre 2021 prévoit un tarif unitaire de 146,10 euros pour les rues de catégorie 2.
Il résulte de tout ce qui précède que la société Miqdel Grande Armée est fondée à demander l’annulation du titre de recettes n° 320461 en tant qu’il met à sa charge les redevances dues pour l’occupation par des terrasses ouvertes hors tiers du trottoir pour une superficie de 41 m² et non de 34 m². Elle est également fondée à solliciter la décharge de la somme de 876,60 euros.
Sur les conclusions à fin d’annulation et de décharge de la requête n° 2327488 :
En ce qui concerne la régularité du titre :
Il résulte de l’instruction que l’avis des sommes à payer adressé à la société requérante mentionne que le titre n° 203864, rendu exécutoire le 26 juin 2023, a été émis, par délégation, par M. D... C..., adjoint au chef du service de l’expertise comptable. La Ville de Paris produit également un document du 7 février 2024 émanant de sa société prestataire Docapost Fast, attestant que le bordereau dématérialisé de ce titre de recettes comporte la signature électronique de M. C.... En vertu des dispositions précitées du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, la Ville de Paris n’avait pas à produire, contrairement à ce que soutient la société requérante, le titre de recette lui-même, le bordereau de ce titre suffisant à justifier de la signature de la personne l’ayant émis. Au surplus, la société requérante n’avait pas à être destinataire du titre de recette, seule une ampliation de ce dernier étant adressée au redevable en vertu des mêmes dispositions. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales doit donc être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de la créance :
En premier lieu, une commune est fondée à réclamer à l'occupant sans titre de son domaine public, au titre de la période d'occupation irrégulière, une indemnité compensant les revenus qu'elle aurait pu percevoir d'un occupant régulier pendant cette période. A cette fin, elle est fondée à demander le montant des redevances qui auraient été appliquées si l'occupant avait été placé dans une situation régulière, soit par référence à un tarif existant, lequel doit tenir compte des avantages de toute nature procurés par l'occupation du domaine public, soit, à défaut de tarif applicable, par référence au revenu, tenant compte des mêmes avantages, qu'aurait pu produire l'occupation régulière de la partie concernée du domaine public communal.
D’une part, malgré une mesure d’instruction en ce sens, la Ville de Paris ne justifie pas de la délivrance à la société Miqdel Grande Armée d’une autorisation d’occupation du domaine public pour l’installation d’écrans parallèles, alors qu’il ne ressort pas de l’état récapitulatif établi en 2012 par Ville de Paris et produit par la requérante que la société aurait disposé d’une telle autorisation. Dès lors, la Ville de Paris ne pouvait pas mettre à la charge de la société Miqdel Grande Armée une redevance d’occupation du domaine public pour l’installation d’écrans parallèles.
D’autre part, la société Miqdel Grande Armée soutient certes avoir retiré les écrans parallèles à compter de l’année 2022, mais avoir maintenu les écrans perpendiculaires produit à cet effet une photographie issue de la base de données de Google Maps montrant l’absence d’écrans parallèles en mai 2022 et un constat d’huissier du 23 novembre 2023 indiquant que les écrans parallèles ont été retirés pour les terrasses situées autour du pan coupé. Néanmoins, ce constat d’huissier indique que les écrans parallèles ont été maintenus pour la terrasse ouverte située au 61, avenue de la Grande Armée. En outre, la Ville de Paris produit un constat réalisé le 9 février 2023 par un agent assermenté indiquant la présence d’écrans parallèles sur les terrasses situées près du pan coupé. Dans ces conditions, il résulte de l’instruction que la société Miqdel Grande Armée a installé irrégulièrement, pendant au moins une partie de l’année 2023, des écrans parallèles à ses terrasses ouvertes. Il était dès lors loisible à la Ville de Paris de lui réclamer une indemnité correspondant aux tarifs existants pour l’installation d’écrans parallèles, applicables forfaitairement pour l’ensemble de l’année. Par suite, le moyen tiré de l’erreur de fait doit être écarté.
En second lieu, l’arrêté du 29 décembre 2022 prévoit que lorsque « une terrasse munie de tout type de protection (…) est autorisée sur la longueur totale de la façade de l’établissement, une déduction d’un mètre est effectuée pour le passage d’accès », cette déduction étant uniquement applicable aux droits de voirie ordinaires et non aux droits de voirie additionnels. Il dispose également que « Toute surface ou longueur, pour les ouvrages et objets dont les droits sont calculés au mètre linéaire, est arrondie à l’unité supérieure ».
D’une part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, la société Miqdel Grande Armée est fondée à soutenir que la Ville de Paris a commis une erreur de fait en mettant à sa charge des droits de voirie pour terrasse ouverte située hors tiers du trottoir (item 431) pour une superficie totale de 41 m² et non de 34 m². La société Miqdel n’ayant demandé à être déchargée que du paiement des droits de voirie correspondant à la surface de 6 m², il y a lieu de la décharger d’une somme de 920,46 euros, dès lors que l’arrêté du 29 décembre 2022 prévoit un tarif unitaire de 153,41 euros.
D’autre part, pour le calcul des droits de voirie additionnels, la surface des terrasses ouvertes situées dans le tiers du trottoir est de 5 m par 3,2 m pour la terrasse au niveau du 61, avenue de la Grande Armée, la déduction d’un mètre pour droit d’accès n’étant pas applicable à ce type de droit, soit une surface de 16 m². En outre, ainsi qu’il a été dit au point 12, après application des règles d’arrondis, la ville pouvait considérer, pour l’établissement des droits de voirie, que les surfaces des terrasses ouvertes situées dans le tiers du trottoir au niveau du pan coupé étaient de 5 m² pour chacune des terrasses. Elle pouvait donc mettre à la charge de la société Miqdel Grande Armée des droits de voirie pour installation d’écrans parallèles sur des terrasses ouvertes situées dans le tiers du trottoir (item 580) pour une surface totale de 26 m². Elle pouvait également considérer que les surfaces des terrasses ouvertes situées hors tiers du trottoir étaient respectivement de 10 m² et 24 m², soit une surface totale de 34 m² et ainsi mettre à la charge de la société Miqdel Grande Armée des droits de voirie pour installation d’écrans parallèles sur des terrasses ouvertes situées hors tiers du trottoir (item 581) pour une surface totale de 34 m². Le moyen tiré de l’erreur de fait sur les droits de voirie additionnels doit donc être écarté.
Il résulte de tout ce qui précède que la société Miqdel Grande Armée est fondée à demander l’annulation du titre de recettes n° 203864 en tant qu’il met à sa charge les redevances dues pour l’occupation par des terrasses ouvertes hors tiers du trottoir pour une superficie de 41 m² et non de 34 m². Elle est également fondée à solliciter la décharge de la somme de 920,46 euros.
Sur les frais liés au litige :
Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ».
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par la société Miqdel Grande Armée et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l’annulation partielle du titre n° 320461 en tant qu’il met à la charge de la société Miqdel une indemnité d’occupation due pour l’installation d’écrans parallèles pour l’année 2022.
Article 2 : Le titre n° 320461 est annulé en tant qu’il met à la charge de la société Miqdel Grande Armée les redevances dues pour l’occupation par des terrasses ouvertes hors tiers du trottoir pour une superficie de 41 m² et non de 34 m².
Article 3 : Le titre n° 203864 est annulé en tant qu’il met à la charge de la société Miqdel Grande Armée les redevances dues pour l’occupation par des terrasses ouvertes hors tiers du trottoir pour une superficie de 41 m² et non de 34 m².
Article 4 : La société Miqdel Grande Armée est déchargée de la somme de 1 797,06 euros.
Article 5 : La Ville de Paris versera à société Miqdel Grande Armée une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2327488 et 2327489 est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société Miqdel Grande Armée, à la Ville de Paris et à la direction régionale des finances publiques d’Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Patrick Ouardes, président,
Mme Chloé Hombourger, première conseillère,
M. Vadim Melka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2026.
La rapporteure,
Signé
C. E...
Le président,
Signé
P. Ouardes
La greffière,
Signé
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.