LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2328384

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2328384

mardi 30 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2328384
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1re Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET BOKEN (ASS) (SELASU)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de l'EURL Saint Germain Conseil, qui contestait des suppléments d'impôt sur les sociétés pour les exercices 2017 et 2018. La société soutenait qu'une indemnité transactionnelle de 400 000 euros, perçue dans le cadre d'un protocole d'accord, devait être imposée selon le régime des plus-values à long terme, car elle compensait la dépréciation de titres. Le tribunal a jugé que cette indemnité, destinée à réparer un préjudice lié à des actes de concurrence déloyale, constituait un profit imposable relevant du bénéfice net au sens de l'article 38 du code général des impôts, et non une plus-value de cession. La demande de décharge a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 décembre 2023 et 30 septembre 2024, l’Eurl Saint Germain Conseil, représentée par Me Hourdin, demande au tribunal :

1°) la décharge des cotisations supplémentaires au titre de l’impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2017 et 2018 et des pénalités y afférentes pour un montant total de 138 760 euros ;

2°) de condamner l’État à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’indemnité perçue en vertu du protocole transactionnel du 7 juillet 2017 visait à réparer le préjudice lié à la dépréciation des titres Fondation Capitals qu’elle détenait et elle relevait ainsi du régime des plus ou moins-values pour cession de titres ;
- elle peut se prévaloir des prévisions de la doctrine administrative référencée BOI BIC-PDSTK-10-30-20 dès lors que l’indemnité en cause compensait la perte d’un élément de l’actif immobilisé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, la directrice régionale des finances publiques d’Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête de la société Saint Germain Conseil.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par l’EURL Saint Germain Conseil ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 30 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 16 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Mauget,
- les conclusions de M. Charzat, rapporteur public,
- les observations de Me Hourdin, représentant l’Eurl Saint Germain Conseil.


Considérant ce qui suit :

1. L’Eurl Saint Germain Conseil, qui exerce une activité de conseil en gestion et en investissements, a fait l’objet d’une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2017 et 2018, à l’issue de laquelle des suppléments d’impôt en matière d’impôt sur les sociétés lui ont notamment été réclamés, pour un montant en droits et pénalités de 158 785 euros, somme ramenée à 138 760 euros après une décision de dégrèvement partiel du 20 septembre 2022. Après le rejet implicite de sa réclamation préalable du 12 janvier 2023, l’Eurl Saint Germain Conseil demande par la présente requête la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre des exercices clos en 2017 et 2018 pour un montant, en droits et pénalités, de 138 760 euros.

Sur le bien-fondé de l’imposition :

En ce qui concerne l’application de la loi fiscale :

2. Aux termes de l’article 38 du code général des impôts : « 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. (…) ».
3. Il résulte de l’instruction que M. C... avait fondé en 2007, avec M. A..., la société Fondations Capital, dont il détenait un tiers du capital et que, entre 2009 et 2014, chacun des deux associés a apporté les parts de cette société dans une société holding. Après ces apports, M. C... a créé l’Eurl Saint Germain Conseil et M. A... la société FC Global Groupe. L’Eurl Saint Germain Conseil, dont l’actionnaire unique et dirigeant est M. D... C..., a cédé les parts de la société SA Fondations Capital à la société FC Global Groupe, en vertu d’un protocole d’accord transactionnel signé le 7 juillet 2017. Aux termes de l’article 3 de celui-ci, le prix de cession convenu était de 650 000 euros, montant pouvant être complété de la somme de 350 000 euros. Ce protocole d’accord transactionnel prévoyait en outre, dans son article 2, qu’une indemnité de 400 000 euros devait être versée à la société requérante afin de mettre un terme aux différends l’opposant ainsi que son dirigeant à M. B... A... et aux différentes sociétés de son groupe FC Global Groupe. Cet article stipulait ainsi que M. A... s’engageait à verser à la société requérante « une indemnité transactionnelle, forfaitaire, globale et définitive, pour solde de tout compte, de 400 000 €, à titre de dommages-intérêts en vue de réparer le préjudice subi par Saint Germain Conseil du fait de la réalisation par M. B... A... d’actes prétendument contraires à l’intérêt social, notamment d’agissements relevant d’une concurrence déloyale et consistant en un détournement du fonds de commerce d’une entreprise à une autre ; ». L’ensemble des sommes perçues par l’Eurl Saint Germain Conseil en vertu du contrat du 7 juillet 2017 ont été regardées par la société requérante comme devant être soumises au régime d’imposition des plus-values à long terme prévu par les dispositions du a quinquies du I de l’article 219 du code général des impôts précitées. L’administration fiscale, lors de la vérification de comptabilité de la société requérante portant sur les exercices clos en 2017 et 2018, a estimé, au contraire, que les sommes perçues au titre de l’article 2 du protocole du 7 juillet 2017, dès lors qu’elles visaient à réparer un préjudice matériel et moral, étaient imposables à l’impôt sur les sociétés au taux de droit commune en application des articles 38-1 et 39-1 du code général des impôts.
4. L’Eurl Saint Germain Conseil soutient que l’indemnité perçue en vertu du protocole transactionnel du 7 juillet 2017 visait à réparer le préjudice lié à la dépréciation des titres Fondations Capital et que ces dommages-intérêts devaient dès lors être regardés comme faisant partie du prix de cession des titres en cause et ainsi bénéficier du régime des plus ou
moins-value pour cession de titres du a quinquies du I de l’article 219 du code général des impôts. Il résulte toutefois de l’instruction que cette indemnité était prévue au titre de dommages-intérêts visant à compenser des préjudices subis par la requérante et non à compenser une perte de valeur des titres qu’elle détenait. Il n’est, en outre, pas contesté, que cette indemnité a été versée à la société requérante par M. A... et non par la société FC Global Groupe, qui a acquis les titres de la société SA Fondations Capital détenus alors par l’Eurl Saint Germain Conseil. La créance de 400 000 euros, acquise à la société requérante à la clôture de l’exercice 2017 et qui résultait du protocole transactionnel du 7 juillet 2017, constituait ainsi, en application de l’article 38 du code général des impôts précité, un bénéfice taxable à l’impôt sur les sociétés au taux de droit commun, au titre de l’exercice clos en 2017. L’administration fiscale a pu, dès lors, à bon droit rehausser la base imposable à l’impôt sur les sociétés, au titre de l’exercice clos en 2017, de l’Eurl Saint Germain Conseil, du montant de cette indemnité.



En ce qui concerne l’application de la doctrine :

5. Aux termes de l’article L. 80 A du livre des procédures fiscales : « Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'Administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et qu'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'Administration. Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'Administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente ».

6. L’Eurl Saint Germain Conseil n’est pas fondée à se prévaloir de la doctrine administrative référencée BOI BIC-PDSTK-10-30-20 du 12 septembre 2012, aux termes de laquelle des indemnités perçues par une entreprise, « lorsqu'elles ont pour objet de compenser la perte d'un élément de l'actif immobilisé, sont admises à bénéficier du régime des plus-values (ou moins-values) ; » qui ne contient pas d’interprétation de la loi fiscale différente de celle dont le présent jugement fait application.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de l’Eurl Saint Germain Conseil doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :



Article 1er : La requête de l’Eurl Saint Germain Conseil est rejetée.



Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l’Eurl Saint Germain Conseil et au directeur régional des finances publiques d'Île de France et de Paris.


Délibéré après l'audience du 16 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Le Roux, présidente,
M. Mauget, premier conseiller,
M. Amadori, premier conseiller,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2025.


Le rapporteur,


signé


F. MAUGET




La présidente,


signé


M-O. LE ROUX

La greffière,


signé


V. FLUET



La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique , en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions