mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2400766 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | DELORME |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 11 janvier 2024, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative la requête, enregistrée le 13 décembre 2023, présentée par M. B.
M. A B, représenté par Me Delorme, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 11 décembre 2023 par lequel la préfète du Val de Marne l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 3 ans ;
2°) d'ordonner à la préfète de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de son conseil sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car la préfète n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation ;
- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car il n'a pas pu être entendu en violation d'un principe général du droit de l'Union européenne ;
- la préfète a commis une erreur de droit car le recours qu'il a formé contre le refus de titre de séjour qui lui a opposé est toujours pendant devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- la préfète a porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle et notamment sur son état de santé ;
S'agissant du refus de lui accorder un délai de départ volontaire :
- c'est à tort que la préfète a estimé qu'il constitue une menace pour l'ordre public ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire étant entachée d'illégalité, cette illégalité a pour effet d'entraîner son annulation pour défaut de base légale ;
- la préfète a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle et a porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive n° 2008/115 du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Béal,
- les observations de Me Jacquard, représentant la préfète du Val de Marne.
Un moyen d'ordre public a été soulevé, tiré de l'inopérance des moyens dirigés contre le refus de titre de séjour, l'arrêté attaqué ne comportant pas une telle mesure.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 11 décembre 2023, la préfète du Val de Marne a non pas refusé un titre de séjour à M. B mais l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 3 ans M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les moyens d'annulation dirigés contre le refus de titre de séjour et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur bien-fondé :
2. Comme il vient d'être dit ci-dessus, l'arrêté attaqué n'a pas refusé la délivrance au requérant d'un titre de séjour. Par suite, les moyens dirigés contre ce refus et tirés de ce que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, qu'il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car la préfète n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation, qu'il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car il n'a pas pu être entendu en violation d'un principe général du droit de l'Union européenne, que la préfète a commis une erreur de droit car le recours qu'il a formé contre le refus de titre de séjour qui lui a opposé est toujours pendant devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, qu'il a porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle et notamment sur son état de santé sont inopérants et ne peuvent, et en tout état de cause, qu'être écartés.
Sur les autres moyens de la requête :
3. En premier lieu, M. B soutient que c'est à tort que la préfète ne lui a pas accordé un délai de départ volontaire car il ne représente pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et des écritures du conseil du requérant que ce dernier " n'a fait l'objet que de deux condamnations, à des peines d'amende " et a été interpellé et placé en garde à vue le 11 décembre 2023 pour détention de faux documents administratifs. Par suite, ce moyen sera écarté.
4. En deuxième lieu, s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français M. B soutient que le préfet a commis une erreur manifeste (sic) dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle et a porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Toutefois, M. B est célibataire, sans enfant et ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales en Mauritanie. Enfin, s'agissant de son état de santé, il n'apporte aucun justificatif à ses allégations liées à une hépatite B. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce, il n'est pas fondé à soutenir que la décision de la préfète du Val de Marne aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. La préfète n'a, par suite, pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis d'erreur dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire.
5. En dernier lieu, l'illégalité du refus de lui accorder un délai de départ volontaire n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écartée.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 décembre 2023 de la préfète du Val de Marne. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val de Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le magistrat désigné,
A. Béal
La greffière,
L. Poulain
La République mande et ordonne à la préfète du Val de Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400766/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509646
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 12 décembre 2023, qui enjoignait au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal constate que le préfet a pris un arrêté le 13 mars 2025 refusant le titre de séjour et obligeant M. A à quitter le territoire, ce qui constitue un réexamen de sa situation. En conséquence, le jugement initial est regardé comme entièrement exécuté, et la demande d’exécution de M. A est rejetée. Cette solution est fondée sur l’article L. 911-4 du code de justice administrative.
17/07/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431462
24/12/2024
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429414
24/12/2024
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406989
24/12/2024