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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2400903

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2400903

vendredi 12 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2400903
TypeDécision
Formation5e Section - 4e Chambre - R.222-13
Avocat requérantKORNMAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2024, M. B C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 décembre 2023 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît l'article 4 de ce règlement ;

- il est entré en France le 31 décembre 2019 après avoir fui le Sri-Lanka ; sa vie est menacée en cas de retour dans son pays d'origine en raison des persécutions qu'il y a subi du fait de son soutien et de celui de sa famille au LTTE.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Medjahed, premier conseiller, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 mars 2024 :

- le rapport de M. Medjahed, magistrat désigné ;

- les observations de Me Kornman, représentant M. C, assisté de M. A, interprète, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et ajoute, d'une part, que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il est entré en France le 31 décembre 2019 et y réside depuis lors, que sa sœur est demandeuse d'asile en France et qu'il travaille sur le territoire français à temps partiel puis à temps complet en qualité de coiffeur depuis plus d'un an dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée et, d'autre part, qu'il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de police de Paris n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, né le 10 novembre 1990 à Jaffna au Sri Lanka, de nationalité srilankaise, déclare être entré en France le 31 décembre 2019 et y a déposé le 21 janvier 2021 une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 26 février 2021 confirmée par une décision du 16 avril 2021 de la Cour nationale du droit d'asile. L'OFPRA a ensuite rejeté sa demande de réexamen par une décision du 13 octobre 2023. Par un arrêté du 26 décembre 2023, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4 et 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, qui établit les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, sont inopérants à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination. Dès lors, ces moyens doivent être écartés.

3. En deuxième lieu, le requérant ne justifie d'aucune insertion personnelle et familiale en France en se bornant à produire à l'audience une attestation de demande d'asile d'une personne présentée comme sa sœur. Il ne justifie pas davantage d'une durée de séjour suffisante pour caractériser une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. De même, s'il justifie travailler sur le territoire français depuis le 1er mars 2023 en qualité de coiffeur dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, la durée de cette insertion professionnelle n'est pas significative. Enfin, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu de toute attache personnelle et familiale dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle doit être écarté.

4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Ces dernières stipulations énoncent que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

5. M. C n'apporte aucun élément ni aucun commencement de preuve de nature à établir la réalité d'un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que la demande d'asile de M. C a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 26 février 2021 confirmée par une décision du 16 avril 2021 de la Cour nationale du droit d'asile et que sa demande de réexamen a été rejetée par une décision de l'OPFPRA du 13 octobre 2023. Il ne produit ni devant le préfet ni devant le tribunal aucun élément nouveau. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées au point 4 doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.

Le magistrat désigné,

N. MEDJAHED

La greffière,

E. FLORENTINY

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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