LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2416168

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2416168

vendredi 15 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2416168
TypeDécision
Formation5e Section - 4e Chambre - R.222-13
Avocat requérantCABOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juin 2024, M. A C B, représenté par Me Heloïse Cabot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à lui verser directement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il est entré en France en 2022 et y réside depuis lors, qu'il y justifie de liens intenses et que l'un de ses frères y réside de manière régulière ;

S'agissant de la fixation du pays de destination :

- cette décision est illégale par la voie de l'exception du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il encourt un risque de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Afghanistan eu égard à l'aggravation de la situation sécuritaire dans ce pays et à sa situation de particulière vulnérabilité en l'absence de traitement de sa pathologie disponible dans son pays d'origine.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, le préfet de police de Paris, représenté par le cabinet Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Medjahed, premier conseiller, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 11 octobre 2024 le rapport de M. Medjahed, magistrat désigné et la notification par celui-ci aux parties que le jugement à intervenir paraît susceptible d'être fondé sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif mais seulement à l'autorité administrative de délivrer de telles autorisations.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 1er juin 1996 à Nangarhar en Afghanistan, de nationalité afghane, déclare être entré en France le 3 août 2022. Il y a déposé, le 26 septembre 2022, une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 28 décembre 2022 confirmée par une décision du 12 février 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 29 mai 2024, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00598 du 7 mai 2024 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de police, le préfet de police a donné à M. Youssef Berqouqi, conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, chef du bureau de l'accueil de la demande d'asile, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / () ".

4. L'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment les dispositions et stipulations applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne également que M. B est " né le 1er juin 1996 à Nangarhar, de nationalité afghane " et " entrée en France le 3 août 2022 selon ses déclarations ", qu'il a fait l'objet d'une décision de rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA le 28 décembre 2022 qui a été confirmée par la CNDA le 12 février 2024, que " compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée à sa vie privée et familiale ", qu'il " n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou dans son pays de résidence habituelle où elle est effectivement admissible " et que " rien ne s'oppose à ce qu'elle soit éloignée du territoire français ". Il précise ainsi l'identité, la date et le lieu de naissance de M. B et rappelle en outre, de manière non stéréotypée, les principales considérations relatives à sa situation, notamment ses conditions d'entrée et de séjour en France. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à reprendre tous les éléments de la situation personnelle du requérant, est suffisamment motivé en droit et en fait. Il ne résulte pas davantage des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas sérieusement examiné sa situation. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sérieux de sa situation doivent être écartés.

5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Le requérant ne produit aucune pièce ni aucun élément de nature à établir une quelconque insertion personnelle, familiale ou professionnelle en France, la circonstance à la supposer établie que son frère réside en situation régulière en France n'étant pas de nature à lui conférer, à elle seule, un droit au séjour en France. Il ne justifie pas davantage d'une durée de séjour suffisante pour caractériser une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. Enfin, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu de toute attache personnelle et familiale en Afghanistan. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention précitée et de l'erreur d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur son droit au respect de sa vie privée et familiale doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de destination :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté en conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation de cette décision.

8. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, les moyens tirés du défaut de motivation et d'examen complet de sa situation doivent être écartés.

9. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Ces dernières stipulations énoncent que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

10. M. B n'apporte aucun élément ni aucun commencement de preuve de nature à établir la réalité d'un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que la demande d'asile de M. B a été rejetée par une décision de l'OFPRA du 28 décembre 2022 confirmée par une décision du 12 février 2024. Il ne produit ni devant le préfet ni devant le tribunal aucun élément nouveau. Si le requérant fait état, à l'appui de sa requête, de la situation sécuritaire en Afghanistan, il n'établit pas qu'il serait personnellement et actuellement exposé à des risques réels et sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique dans le cas d'un retour dans son pays d'origine. Il ne ressort enfin pas des pièces du dossier, notamment des pièces médicales produites, que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées au point 9 doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence et en tout état de cause, les conclusions à fin d'injonction et celles liées aux frais du litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B, à Me Cabot et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

N. MEDJAHED

La greffière,

E. FLORENTINY

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400767

15/11/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402090

15/11/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416093

15/11/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416517

15/11/2024

← Retour aux décisions