Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés respectivement les 22 février et 24 avril 2024, M. B..., représenté par Me Mapche-Tagne, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 22 février 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une période de vingt-quatre mois.
Il soutient que la décision de renvoi dans son pays d’origine méconnait les stipulations de l’article 3 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L. 614-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en application de l’article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Au cours de l’audience publique, ont été entendus :
- le rapport de Mme Perrin, magistrate désignée ;
- les observations de Me Mapche-Tagne, représentant M B..., présent, assisté de Mme A... D..., interprète en langue bengali, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et ajoute qu’il peut fournir vingt-deux fiches de paie attestant de son intégration sur le territoire français ;
- et les observations de Me Faugeras, représentant la préfète du Val-de-Marne.
Par une ordonnance du 25 avril 2024, la clôture de l’instruction a été fixée en dernier lieu au 2 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
M. B..., ressortissant bangladais, né le 17 février 1988, a fait l’objet d’un arrêté du 22 février 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d’office et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Il demande au tribunal d’annuler l’arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En premier lieu, si M. B... se prévaut de ce qu’il vit en France depuis 2022, soit depuis plus d’un an à la date de la décision attaquée, et qu’il occupe un emploi en France depuis mai 2022, en contrat à durée indéterminée depuis le 17 octobre 2023, en produisant à l’appui de sa requête plusieurs fiches de paie et deux contrats à durée indéterminée, toutefois il ressort des pièces du dossier qu’il a travaillé pour plusieurs employeurs et ne démontre donc pas être en possession d’un emploi stable. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu’il est célibataire et sans charge de famille. Dès lors, compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce, et notamment de sa faible ancienneté dans son emploi, en obligeant M. B... à quitter le territoire français, la préfète du Val-de-Marne n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.
En second lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».
M. B... fait valoir des craintes en cas de retour au Bangladesh en raison des persécutions dont il a été victime. Toutefois, il ne produit à l’appui de sa requête aucun élément de nature à attester qu’il encourrait actuellement et personnellement des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour au Bangladesh alors, au demeurant, que sa demande d’entrée en France au titre de l’asile a été rejetée par une décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 24 mai 2022 et par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 9 novembre 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B... doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
La magistrate désignée,
A. Perrin
La greffière,
L. Poulain
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.