mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2407624 |
| Type | Décision |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2404563 du 29 mars 2024, le président du tribunal administratif de Cergy a renvoyé au tribunal de céans la requête du 28 mars 2024 de M. A B en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête, et un mémoire du 10 mai 2024, M. A B, représenté par le cabinet Hug et Aboukhater, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 mars 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai et une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois ;
2°) d'enjoindre sans délai au préfet de saisir les services ayant procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le SIS, en vue de la mise à jour du fichier en tenant compte de cette annulation.
M. B soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- son droit à être entendu n'a pas été respecté ;
- l'ensemble de ces décisions méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les articles L. 541-1, L. 541-2 et L. 542-2 du CESEDA faute de la notification d'une décision de refus d'admission au titre de l'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit ou au moins d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur le refus d'accorder un délai de départ volontaire :
- le refus d'accorder un délai de départ volontaire est entaché d'illégalité car les motifs allégués manquent en fait ; le risque de fuite n'est pas établi ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte manifeste à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis(e) au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale/partielle par décision du bureau d'aide juridictionnelle du *.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 mai 2024, en présence de S. TIMITE, greffier* d'audience :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de cabinet hug et aboukhater (aarpi), représentant M. B, assisté de xxx, interprète en langue xxxx
- et les observations de centaure avocats, représentant le préfet de police.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant pakistanais, né le 19 janvier 1982, demande l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois et l'a signalé aux fins de non-admission dans l'espace Schengen.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur les conclusions à fin d'injonction (et d'astreinte) :
Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
D E C I D E :
Article * : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article * : La requête de M. B est rejetée.
Article * : L'arrêté en date du 26 mars 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé* à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination / a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de *** mois / l'a signalé* aux fins de non-admission dans l'espace Schengen, est annulé.
Article * : L'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 26 mars 2024, en tant qu'il fait obligation à M. B de quitter le territoire français et qu'il fixe le pays de destination de la reconduite à la frontière, est annulé.
Article * : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de la situation de M. B dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et de le*la munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour (comportant une autorisation de travail).
Article * : L'Etat versera à M. B la somme de *** euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article * : L'Etat versera la somme de *** euros à cabinet hug et aboukhater (aarpi), en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que cabinet hug et aboukhater (aarpi) renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
Article * : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article * : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition du greffe le .
La magistrate désignée,
T. C
La greffière,
S. TIMITE
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2407624/3-3