LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2407704

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2407704

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2407704
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET CAPSTAN LMS

Résumé IA

La société Monkey Quest contestait devant le **Tribunal Administratif de Paris** le retrait de son bénéfice à l'activité partielle et l'ordre de remboursement correspondant. Le tribunal a **annulé l'arrêté de retrait**, considérant que l'administration ne pouvait pas fonder son pouvoir de retrait sans délai sur le régime des subventions (article L. 242-2 du code des relations entre le public et l'administration), le dispositif de l'activité partielle (article L. 5122-4 du code du travail) n'en étant pas une. La décision a été jugée illégale car prise en dehors du délai de quatre mois prévu par l'article L. 242-1 du même code pour le retrait d'une décision créatrice de droits.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 avril 2024, la société Monkey Quest, représentée par Mes Louvet et Bles, demande au tribunal de :

1°) prononcer l’annulation de l’arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le directeur régional et interdépartemental de l’économie, de l’emploi,du travail et de la solidarité de la région Ile-de-France a procédé au retrait du bénéfice du dispositif de l’activité partielle prévu par les dispositions de l’article L.5122-4 du code du travail et celle de la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique à l’encontre de cet arrêté née du silence gardé par le ministre du travail le 11 février 2024 ;

2°) condamner l’Etat aux dépens ;

3°) mettre à la charge de l’Etat un montant de 3 000 euros en application de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
l’administration ne pouvait procéder au retrait sur le fondement des dispositions du 2° de l’article L.242-2 du code des relations entre le public et l’administration, sans condition de délai et au-delà des quatre mois suivant la prise de décision, les conditions du recours à l’activité partielle ayant été parfaitement respectées ;
la décision est illégale faute d’indiquer en quoi juridiquement le fait de recourir à l’activité partielle pour des salariés nouvellement embauchés serait illégal et faute de répondre aux arguments soulevés par la société dans son courrier du 22 mai 2023 ;
l’administration a commis une erreur de droit, car l’article L. 5122-1 du code du travail n’exige pas qu’un salaire ait été versé avant la mise en activité partielle et une interdiction de recrutement en période d’activité partielle ne saurait être déduite de la seule rédaction des dispositions du II de cet article, qui ne régit pas les conditions de recours au dispositif mais seulement celles de son indemnisation, qui doit être calculée en fonction de la rémunération fixée contractuellement ;
la société n’a pas détourné le dispositif de l’objectif visé par le législateur, en l’absence de fraude ;
elle n’a jamais procédé à des recrutements de salariés en vue de les placer immédiatement en activité partielle, comme en témoignent les dates des conclusions des contrats de travail concernés, et ne pouvait prévoir ses besoins de recours à l’activité partielle liés aux annonces de restrictions des déplacements dits « confinements » ;
le remboursement exigé est incompatible avec la situation économique et financière de la société au sens de l’article R. 5122-10 du code du travail.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 avril 2025, le directeur régional et interdépartemental de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités d’Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu’aucun des moyens n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :

- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Grossholz,
- les conclusions de M. Marthinet, rapporteur public,
- et les observations de Me Bodereau, représentant la société Monkey Quest.



Considérant ce qui suit :


1. Au terme d’un contrôle engagé le 31 mars 2023, la direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et de la solidarité de la région Ile-de-France a estimé que la société Monkey Quest, qui exerce une activité de mise à disposition de consignes de clés d’accès à des logements, était inéligible au dispositif de l’activité partielle prévu par les dispositions de l’article L. 5122-4 du code du travail dont elle avait demandé, en 2020 et 2021, à bénéficier. Par arrêté du 10 octobre 2023, le directeur régional et interdépartemental de l’économie, de l’emploi,du travail et de la solidarité de la région Ile-de-France doit être regardé comme ayant procédé au retrait des décisions implicites d’acceptation des demandes d’indemnisation concernées et a décidé du recouvrement d’une somme de 26 341,42 euros. Par la présente requête, la société Monkey Quest demande au tribunal de prononcer l’annulation de cet arrêté ainsi que de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre du travail sur son recours hiérarchique le 11 février 2024.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

2. Aux termes des dispositions de l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration : « L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ». Aux termes de l’article L. 241-2 du même code : « Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré». Aux termes de l’article L. 242-2 du même code : « Par dérogation à l'article L. 242-1, l'administration peut, sans condition de délai : (…) 2° Retirer une décision attribuant une subvention lorsque les conditions mises à son octroi n'ont pas été respectées ».

3. D’une part, le dispositif de l’activité partielle prévu par les dispositions de l’article L. 5122-4 du code du travail ne peut être regardé comme une subvention ni les conditions pour en bénéficier de « conditions mises » à l’ « octroi » d’une telle subvention au sens et pour l’application des dispositions précitées de l’article L. 242-2 du code des relations entre le public et l’administration, invoquées par l’administration comme fondement de son pouvoir de retirer sans condition de délai les décisions implicites d’acceptation des demandes de la requérante de bénéficier du dispositif de l’activité partielle prévu par les dispositions de l’article L. 5122-4 du code du travail. D’autre part, à supposer que l’administration, en évoquant un détournement, par la requérante, du dispositif de l’activité partielle ayant consisté à demander à bénéficier de ce dernier tout en recrutant de nouveaux salariés, ait entendu invoquer une fraude commise par cette dernière au sens et pour l’application des dispositions également précitées de l’article L. 241-2 du même code, l’existence d’une telle fraude ne saurait être déduite de la seule circonstance que la requérante a présenté des demandes en vue de bénéficier du dispositif alors qu’elle n’en remplissait pas les conditions, dès lors qu’elle venait de recruter les salariés en question. Il en résulte que l’administration ne pouvait légalement procéder au retrait des décisions en cause, de sorte que l’arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le directeur régional et interdépartemental de l’économie, de l’emploi,du travail et de la solidarité de la région Ile-de-France a procédé au retrait du bénéfice du dispositif de l’activité partielle et la décision du ministre du travail née le 11 février 2024 rejetant le recours hiérarchique de la requérante à l’encontre de cet arrêté sont illégaux et doivent être annulés, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.

Sur les frais du litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat un montant de 1 800 euros à verser à la société Monkey Quest en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre des frais exposés dans le cadre de la présente instance, qui n’a en revanche pas donné lieu à des dépens.



D E C I D E:


Article 1er : L’arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le directeur régional et interdépartemental de l’économie, de l’emploi,du travail et de la solidarité de la région Ile-de-France a procédé au retrait du bénéfice du dispositif de l’activité partielle prévu par les dispositions de l’article L.5122-4 du code du travail pour les décisions implicites d’acceptation des demandes de la société Monkey Ouest et la décision du ministre du travail rejetant le recours hiérarchique de la société sont annulés.

Article 2 : L’Etat versera à la société Monkey Quest un montant de 1 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Monkey Quest et au ministre du travail et des solidarités.

Copie en sera adressée au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.


Délibéré après l'audience du 17 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Bailly, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Grossholz, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2026.


La rapporteure,





C. GROSSHOLZ


La présidente,





P. BAILLYLa greffière,




P. TARDY-PANIT

La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions