vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2409261 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | NOUAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 avril et 10 juin 2024, M. E B, représenté par Me Nouar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le 6 mai 2024, la procédure a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Peythieu, substituant Me Nouar, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant tunisien né en 2003, entré en France en 2022 selon ses déclarations, demande l'annulation de l'arrêté du 17 avril 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 78-2024-03-04-00007 du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 78-2024-082 de la préfecture des Yvelines du même jour, M. D A, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux et signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de cet acte doit être écarté.
3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est célibataire et sans enfant, résidait en France depuis moins de deux ans à la date de la décision attaquée et que l'ensemble de sa famille vit dans son pays d'origine, à l'exception de son oncle, sa tante et ses cousins, qui l'hébergent. S'il produit par ailleurs les éléments attestant qu'il est titulaire d'un contrat de travail depuis le mois d'avril 2023, l'ensemble de ces circonstances ne permettent pas de caractériser une atteinte au droit à la vie privée et familiale de l'intéressé, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard au caractère récent de son arrivée sur le territoire français et de sa relative insertion. Ce moyen doit par conséquent être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet des Yvelines.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La magistrate désignée
B. C
La greffière
D. DECOCK
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.