vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2409493 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET DIANE LEMOINE ET FLORENCE MONTEILLE - LM AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 avril et 10 mai 2024, M. B C, représenté par Me Lemoine, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit ;
2°) d'enjoindre au préfet de police d'examiner à nouveau sa situation, aux fins de délivrance d'un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant tunisien né en 2001, demande l'annulation de l'arrêté du 14 avril 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit.
2. En premier lieu, si M. C soulève plusieurs moyens à l'encontre d'une décision de refus de titre de séjour, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une décision de ce type lui aurait été opposée par le préfet de police. Ces moyens doivent, par suite, être écartés en tant qu'ils sont inopérants.
3. En second lieu, la décision attaquée fait état de ce que M. C ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français ni être titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à s'y maintenir. Par suite, alors même qu'il n'est pas fait mention de sa récente insertion professionnelle, il n'est pas établi que cette décision n'aurait pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation. Ce moyen doit par conséquent être écarté.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de police.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La magistrate désignée
B. A
La greffière
D. DECOCK
La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.