vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2410172 |
| Type | Décision |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | MESUROLLE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi n° 2404532 du 22 avril 2024, le tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Paris la requête enregistrée le 2 avril 2024, présentée par M. D B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 23 avril 2024 sous le n° 2410172, et un mémoire, enregistré le 20 juin 2024, M. D B, représenté par Me Pauline Mesurolle, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, durant le temps de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire garanti par le 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est entré en France le 17 avril 2012 sous couvert d'un visa Schengen, que la préfecture de l'Yonne a exécuté, le 1er avril 2019, une obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre, qu'à la suite d'un jugement du tribunal administratif de Strasbourg annulant le retrait de son titre de séjour, il est revenu en France le 6 novembre 2019 sous couvert d'un visa, qu'il a bénéficié d'un titre de séjour de 2017 à 2021, qu'il est le père d'une enfant de nationalité portugaise née le 15 juin 2017 et scolarisée en France et qu'il y justifie d'une activité professionnelle de 2014 à 2016 en qualité d'électrotechnicien, de 2017 à fin 2018 en qualité de peintre industriel et de 2021 à ce jour dans le secteur du BTP au profit de plusieurs entreprises ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant du refus de délai de départ volontaire :
- cette décision est illégale par la voie de l'exception du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car son comportement ne constitue pas une menace grave pour l'ordre public dès lors qu'il n'a fait l'objet que d'une seule condamnation à une peine d'emprisonnement dont la majeure partie a été assortie d'un sursis simple et de deux amendes et que les signalements dont il a fait l'objet n'ont donné lieu à aucune poursuite pénale ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation compte tenu de la nature et de l'ancienneté de ses liens en France ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Medjahed, premier conseiller, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 juin 2024 :
- le rapport de M. Medjahed, magistrat désigné ;
- les observations de Me Mesurolle, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La préfète de l'Essonne n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 15 septembre 1989 à Sinthiou Dia au Sénégal, de nationalité sénégalaise, également connu sous l'alias de Kalidou B né le 15 septembre 1996 à Conakry en Guinée, est entré irrégulièrement en France le 17 avril 2012 et a été titulaire de deux titres de séjour temporaires valables du 23 février 2015 au 22 février 2016 puis du 23 mars 2016 au 22 mars 2017 et enfin d'un titre de séjour pluriannuel valable du 23 mars 2017 au 22 mars 2021 portant la mention " vie privée et familiale ". Par arrêté du 27 février 2019, le préfet de l'Yonne a retiré son dernier titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un jugement du 6 mars 2019, le magistrat désigné du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. B tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour et renvoyé en formation collégiale celles dirigées contre le retrait de son titre de séjour. Il est constant que M. B a exécuté, le 1er avril 2019, l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet, que le tribunal administratif de Strasbourg a annulé, par un jugement du 4 juin 2019, le retrait de sa carte de séjour pluriannuelle et que M. B est revenu sur le territoire français le 6 novembre 2019 sous couvert d'un visa délivré par les autorités françaises à Dakar valable du 29 octobre 2019 au 27 janvier 2020. Par un arrêté du 22 février 2022 devenu définitif, le préfet de police de Paris a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêté du 31 mars 2024 édicté à la suite de l'interpellation et du placement en garde à vue de M. B le 30 mars 2024 pour " apologie du terrorisme, menace de crime ou délit par moyen dangereux ", la préfète de l'Essonne a de nouveau prononcé à son encontre une obligation de quitter sans délai le territoire français et fixé le pays de destination mais lui a également interdit le retour sur le territoire français pour une durée de dix ans. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté du 31 mars 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-PREF-DCPPAT-BCA-201 du 6 novembre 2023 régulièrement publié le 6 novembre 2023 au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture, la préfète de l'Essonne a donné délégation à Olivier Delcayrou, sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de l'Essonne, à l'effet de signer toute décision relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Essonne, à l'exception de certaines attributions parmi lesquelles ne figurent pas les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. L'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment son article L. 611-1, ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et fait également état d'éléments relatifs à la situation personnelle du requérant, notamment à la circonstance qu'il est célibataire, sans charge de famille et sans emploi et ne dispose d'aucune ressource et qu'il n'établit pas le domicile déclaré dans le 15ème arrondissement de Paris. Par suite, il comporte l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait sur lesquelles se fondent les décisions attaquées. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète n'aurait pas sérieusement examiné sa situation. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle doivent être écartés.
5. En troisième lieu, le droit d'être entendu, qui constitue un principe général du droit de l'Union, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'une audition préalable par les services de police le 31 mars 2024 durant laquelle il a été en mesure de faire valoir toute observation utile sur les conditions de son séjour en France et sur l'intervention éventuelle d'une nouvelle décision l'obligeant à quitter le territoire français. En tout état de cause, le requérant ne justifie pas avoir disposé d'informations utiles et pertinentes tenant à sa situation personnelle et familiale qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
7. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé. Dès lors, il doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. S'il ressort des pièces du dossier que M. B, est entré en France le 17 avril 2012 et y a résidé depuis lors, notamment sous couvert de deux titres de séjour temporaires valables du 23 février 2015 au 22 février 2016 puis du 23 mars 2016 au 22 mars 2017 et enfin d'un titre de séjour pluriannuel valable du 23 mars 2017 au 22 mars 2021 portant la mention " vie privée et familiale ", hormis la période comprise entre le 1er avril et le 6 novembre 2019 durant laquelle il a exécuté une première obligation de quitter le territoire français, le requérant ne justifie cependant par aucune pièce versée au dossier d'une quelconque insertion sociale ou professionnelle en France. Par ailleurs, si M. B a eu une enfant, A, née le 15 juin 2017 en France de son union avec une ressortissante portugaise, Mme E, sa fille a été confiée à la direction " enfance famille " du département de l'Yonne par un jugement du 17 janvier 2019 du tribunal pour enfants C, sans que le requérant ne justifie ni même n'allègue faire usage du droit de visite qui lui a été accordé par le même jugement ou conserver de quelconque lien avec sa fille. En outre, M. B n'apporte aucun élément permettant de confirmer qu'il vit en concubinage avec Mme E. Il ressort ensuite des pièces du dossier que M. B a été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre le 19 avril 2021 à une peine de huit mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis pour outrage et violence sans incapacité à une personne dépositaire de l'autorité publique et violence dans un moyen de transport collectif puis interpellé et placé en garde à vue le 30 mars 2024 pour " apologie du terrorisme, menace de crime ou délit par moyen dangereux " pour avoir déclaré dans une église " J'ai eu un flash, dans trois mois, cette église va brûler ", ces faits étant corroborés par le témoignage direct d'une responsable de l'église sans être sérieusement contestés par l'intéressé. Ainsi, alors même que les différents signalements de M. B de 2018 à 2024, pour vol en réunion sans violence, violence aggravée, usage illicite, détention non autorisée et offre ou cession non autorisée de stupéfiants, outrage et violence à personne dépositaire de l'autorité publique, violence sur personne vulnérable, violence en réunion, violence conjugale, dégradation ou détérioration de bien destiné à l'utilité ou la décoration publique, escroquerie et harcèlement moral, n'ont donné lieu à aucune poursuite ou condamnation pénale et ne sont corroborés par aucune pièce objective versée au dossier par le préfet, sa condamnation à une peine d'emprisonnement en 2021 pour violences sur une personne dépositaire de l'autorité publique, même assortie d'un sursis, et ses propos très menaçants proférés dans un lieu de culte en 2024, même s'ils n'ont donné lieu ni à poursuite ni à condamnation pénale à la date de la décision attaquée, sont de nature à constituer, eu égard à la nature et la répétition des faits reprochés, une menace grave pour l'ordre public. Enfin, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu de toute attache au Sénégal. Par suite, eu égard à l'absence de justification d'une insertion professionnelle ou personnelle particulière en France et à la menace grave pour l'ordre public caractérisée par son comportement, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle et de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
11. En septième et dernier lieu, la circonstance qu'il craint d'être persécuté en cas de retour au Sénégal est inopérante à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. En tout état de cause, M. B n'apporte aucun élément ni aucun commencement de preuve de nature à établir la réalité d'un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
12. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté en conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation de cette décision.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
14. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'énumèrent ces dispositions, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.
15. Aucun délai de départ volontaire n'ayant été accordé au requérant, il figure donc, pour ce seul motif, au nombre des ressortissants étrangers pouvant faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire susceptible de conduire l'autorité administrative à ne pas prononcer une telle mesure. En outre, M. B a fait l'objet le 22 février 2022 d'une précédente obligation de quitter le territoire français édictée par le préfet de police de Paris à laquelle il n'a pas déféré. Enfin et surtout, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, M. B ne justifie d'aucune insertion professionnelle ou personnelle particulière en France et son comportement constitue une menace grave pour l'ordre public. Dans ces conditions, en fixant à dix ans la durée de l'interdiction de retour, la préfète n'a ni méconnu l'article L. 612-6 du code précité ni entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Dès lors, ces moyens doivent être écartés.
16.En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 31 mars 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles liées aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
N. MEDJAHED
La greffière,
E. FLORENTINY
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.