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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2410436

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2410436

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2410436
TypeDécision
Formation5e Section - 4e Chambre - R.222-13
Avocat requérantMESUROLLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 avril 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 avril 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Il soutient qu'il doit bénéficier d'une protection internationale car il a fui son pays d'origine du fait des persécutions qu'il y subissait en raison de sa confession chiite et de sa relation avec une femme de confession ahmadi et est entré irrégulièrement en France le 20 septembre 2022.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 juin 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Medjahed, premier conseiller, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 juin 2024 :

- le rapport de M. Medjahed, magistrat désigné ;

- les observations de Me Mesurolle, représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et ajoute que l'arrêté en litige est entaché d'un défaut de motivation et méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de police n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 28 mars 2003 au Pakistan, de nationalité pakistanaise, a fait l'objet d'un arrêté du 14 avril 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / () ".

3. L'arrêté attaqué se borne à indiquer, de manière stéréotypée, que " M. A B, né le 28 mars 2003 à Mandi Bahauddin, de nationalité pakistanaise () ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français () " à la suite du rejet définitif de sa demande d'asile par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 20 novembre 2023, que " compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale " et qu'il " n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'Homme en cas de retour dans son pays d'origine (ou dans son pays de résidence habituelle où il est effectivement réadmissible) ". Il ne comporte aucun élément de fait qui caractérise la situation personnelle et familiale de M. A alors que ce dernier a déclaré, lors de son audition préalable par les services de police du 14 avril 2024, qu'il est célibataire sans enfant, entré en France en février 2022 et travaille dans le secteur du BTP. Par suite, l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé en fait. Dès lors, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il doit être annulé.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de police de Paris du 14 avril 2024 est annulé.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

N. MEDJAHED

La greffière,

E. FLORENTINY

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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