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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2412142

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2412142

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2412142
TypeDécision
PublicationC
FormationSection 8 - Chambre 2
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

1°) Par une requête, enregistrée sous le n° 2412142 le 17 mai 2024, M.A C demande au tribunal

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 30 avril 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler ;

Il soutient que :

- Il ne pouvait faire l'objet d'une telle mesure dès lors que son fils ayant obtenu par l'OFPRA le bénéfice de la protection subsidiaire, il a déposé une demande de titre de séjour toujours en cours d'examen et a vocation à rester en France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens présentés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

2°) Par une requête, enregistrée sous le n° 2412413 le 17 mai 2024, Mme B E épouse C demande au tribunal

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 30 avril 2024 par lequel le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler ;

Elle soutient que :

- elle ne pouvait faire l'objet d'une telle mesure dès lors que son fils ayant obtenu par l'OFPRA le bénéfice de la protection subsidiaire, il a déposé une demande de titre de séjour toujours en cours d'examen et a vocation à rester en France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens présentés par Mme E épouse C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Béal,

- les observations de M. C et de Mme E épouse C .

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêtés du 30 avril 2024, le préfet de police a obligé M. C et Mme E épouse C à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. M. C et Mme E épouse C demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté par le préfet de police que leur enfant mineur D s'est vu reconnaitre le 1er septembre 2023 le bénéfice de la protection subsidiaire par l'OFPRA et qu'en conséquence, ils ont tous deux demandés le 27 septembre 2023 la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent et que des attestations de dépôt leur ont été délivrées. Ensuite, ces attestations de dépôt ont été prorogées pour la période s'étendant du 18 juillet au 17 octobre 2024. Enfin, lors de l'audience publique le requérant a indiqué qu'il avait un rendez-vous auprès des services compétents de la préfecture de police pour le 7 août 2024. Par suite, ils sont fondés à soutenir qu'en prenant de telles mesures d'éloignement alors qu'ils ont vocation à rester auprès de leur fils mineur D, le préfet a entaché d'illégalité ses arrêtes et à en demander pour ce motif l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

3. Aux termes de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. () ".

4. Par suite, il y a lieu en application des dispositions susvisées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de n'enjoindre au préfet de police que de réexaminer leur situation administrative et de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour

DECIDE

Article 1er : Les arrêtés du 30 avril 2024 du préfet de police sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au Préfet de police d'examiner la situation de M. C et de Mme E épouse C au regard de leur droit au séjour en France et de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B E épouse C et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2024

Le magistrat désigné,

A. Béal

Le greffier,

G. Millet

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

La greffière

D. Permalnaick

N°2412142/8

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