Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2024, M. B... A..., représenté par Me Di Vizio, demande au tribunal :
1°) de condamner le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences à lui verser la somme de 16 200 euros au titre des astreintes non rémunérées ;
2°) de condamner le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences à lui verser la somme de 48 659,40 euros au titre de l’aide au retour à l’emploi due entre le 15 octobre 2019 et le 10 juillet 2020 ;
3°) de condamner le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences à lui verser la somme de 3 750 euros au titre des repos compensateurs de garde non versés ;
4°) de condamner le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences à lui verser la somme de 34 000 euros en réparation du préjudice subi pour ne pas avoir pu être réintégré, avec intérêts à compter de la demande indemnitaire du 15 février 2024 ;
5°) de mettre à la charge du groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
la décision préalable est entachée de l’incompétence de son auteur ;
en s’abstenant de verser les sommes qui lui sont dues, le GHU Paris psychiatrie et neurosciences a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
l’absence de réintégration dans le service lui cause un préjudice qui doit être réparé à hauteur de 34 000 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
M. A... a été recruté le 24 février 2014 comme praticien attaché associé, puis comme praticien attaché, par l’établissement public de santé Maison Blanche, puis, à compter du 1er janvier 2019, par le groupe hospitalier universitaire Paris-Psychiatrie et Neurosciences, dans le cadre d’un contrat d’une durée d’un an, puis d’un contrat d’une durée de trois ans couvrant la période du 24 février 2016 au 23 février 2019. Parallèlement à son affectation principale au sein de l’établissement public de santé Maison Blanche, M. A... a été mis à disposition de la maison d’accueil spécialisée de Perray, dépendante du groupe public de santé Perray-Vaucluse, pour une quotité de 40 % de son temps de travail. Cette mise à disposition a pris fin le 1er février 2019. Par courrier du 12 janvier 2019, M. A... a fait part à l’administration de son intention de mettre fin à sa collaboration avec le groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences au terme de son contrat, le 23 février 2019. Par une première requête enregistrée le 4 octobre 2019, M. A... a demandé au tribunal l’indemnisation des préjudices qu’il estimait avoir subis du fait des conditions de la fin de son contrat. Par une décision n°21PA00764 du 5 juillet 2022, réformant un jugement du tribunal administratif de Paris n°1921499 du 14 décembre 2020, la Cour administrative d’appel de Paris a rejeté la requête de M. A.... Par lettre du 15 février 2024, M. A... a présenté au GHU Paris psychiatrie et neurosciences une demande d’indemnisation en réparation des préjudices qu’il estime avoir subi au titre de repos compensateurs de garde non versés, d’allocations de retour à l’emploi et d’une participation retraite complémentaire, de sommes liées à la CSG et à la CRDS, de l’absence de réintégration et d’astreintes non rémunérées. Par décision du 3 avril 2024, le GHU Paris psychiatrie et neurosciences a rejeté cette demande indemnitaire. Par la présente requête, M. A... demande au tribunal de condamner le GHU Paris psychiatrie neurosciences à lui verser des indemnités en réparation des préjudices mentionnés ci-dessus.
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (…) des moyens inopérants (…) des moyens qui (…) ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. »
Sur le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de la décision du 3 avril 2024 :
Au regard de l’objet de la demande formée par le requérant, qui conduit le juge à se prononcer sur ses droits à l’indemnisation, les vices propres dont serait, le cas échant, entachée la décision par laquelle le GHU Paris psychiatrie et neurosciences a rejeté sa réclamation préalable, est sans incidence sur la solution du litige. Le moyen tiré de l’incompétence de son auteur est inopérant.
Sur les conclusions relatives à la somme de 16 200 euros au titre des astreintes non rémunérées :
4. En vertu de l’article L. 112-2 du code des relations entre le public et l’administration, ne sont applicables aux relations entre l’administration et ses agents ni les dispositions de l’article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : « Toute demande adressée à l’administration fait l’objet d’un accusé de réception », ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : « les délais de recours ne sont pas opposables à l’auteur d’une demande lorsque l’accusé de réception ne lui a pas été transmis (…) ».
5. L’article L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration prévoit que le silence gardé par l’administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
6. Il résulte de l’ensemble de ces dispositions qu’en cas de naissance d’une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l’administration pendant la période de deux mois suivant la réception d’une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l’encontre d’un agent public, alors même que l’administration n’a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l’article L. 112-3 du code des relations entre le public et l’administration n’étant pas applicables aux agents publics. Ce n’est qu’au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l’auteur de la demande adressée à l’administration reçoit notification d’une décision expresse de rejet qu’il dispose alors, à compter de cette notification, d’un nouveau délai pour se pourvoir.
7. Il résulte du jugement du 14 décembre 2020, confirmé sur ce point par la cour administrative d’appel de Paris par décision du 5 juillet 2022, que M. A... a saisi le directeur du groupe hospitalier universitaire Paris-Psychiatrie et neurosciences par un courrier daté du 5 février 2019, reçu le 13 février 2019, d’une demande indemnitaire préalable portant sur les astreintes qu’il a effectuées et qui n’auraient pas donné lieu à rémunération. Le silence gardé par le directeur du groupe hospitalier universitaire Paris-Psychiatrie et neurosciences sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 13 avril 2019. Ainsi que l’a jugé le tribunal et confirmé sur ce point par la cour administrative d’appel de Paris, les conclusions présentées devant le tribunal tendant au versement d’une somme de 16 200 euros au titre des astreintes accomplies étaient tardives, dès lors que le délai de recours avait couru à compter de cette date ainsi qu’il a été dit au point 4. Par ailleurs, dès lors que la décision attaquée du 3 avril 2024 par laquelle le GHU Paris psychiatrie et neurosciences a rejeté la demande d’indemnisation des astreintes accomplies à hauteur de 16 200 euros n’est pas intervenue dans le délai de deux mois qui a couru à compter de la demande reçue le 13 février 2019, elle est purement confirmative de la décision implicite du 13 avril 2019 et les conclusions dirigées contre elle sont manifestement irrecevables.
Sur les conclusions relatives à la somme de 48 659,40 euros au titre de l’aide au retour à l’emploi due entre le 15 octobre 2019 et le 10 juillet 2020 :
8. Il résulte de la décision de la cour administrative d’appel de Paris du 5 juillet 2022 que M. A... a saisi le directeur du groupe hospitalier universitaire Paris-Psychiatrie et neurosciences, par un courrier reçu le 29 janvier 2020, et réitéré le 10 juin 2020, d’une demande indemnitaire préalable portant sur l’allocation de retour à l’emploi (ARE). Le silence gardé par le directeur du groupe hospitalier universitaire Paris-Psychiatrie et neurosciences sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 29 mars 2020. Ainsi que l’a jugé la cour, la demande de M. A... tendant au versement d’une somme au titre de l’allocation de retour à l’emploi à compter du 15 octobre 2019, qui n’a été formulée devant le tribunal que dans le mémoire complémentaire enregistré le 16 juillet 2020 était tardive et donc irrecevable pour les motifs indiqués au point 6. Par suite, la décision attaquée du 3 avril 2024 par laquelle le GHU Paris psychiatrie et neurosciences a rejeté la demande d’indemnisation de M. A... tendant à l’indemniser de ce chef de préjudice est purement confirmative de la décision implicite du 29 mars 2020 et les conclusions dirigées contre elle sont manifestement irrecevables.
Sur les conclusions relatives à la somme de 3 750 euros au titre des repos compensateurs de garde non versés :
9. Ainsi que l’a jugé la cour administrative d’appel, dans son courrier du 5 février 2019, reçu le 13 février suivant, M. A... a également sollicité le paiement de l’indemnité compensatrice correspondant aux jours de repos compensateurs de garde non récupérés en 2018 et la demande présentée devant le tribunal était tardive et donc irrecevable pour les motifs indiqués au point 6. Par suite, la décision attaquée du 3 avril 2024 par laquelle le GHU Paris psychiatrie et neurosciences a rejeté la demande d’indemnisation de M. A... verser la somme de 3 750 euros au titre des repos compensateurs est purement confirmative de la décision implicite du 13 avril 2019 et les conclusions dirigées contre elle sont manifestement irrecevables.
Sur les conclusions aux fins de condamner le GHU Paris psychiatrie et neurosciences à verser la somme de 34 000 euros en réparation du préjudice subi pour ne pas avoir pu être réintégré :
10. Pour établir la faute qu’aurait commise le GHU Paris psychiatrie et neurosciences en ne le réintégrant pas, M. A... se borne à soutenir qu’une telle réintégration aurait été légitime. Toutefois, alors en outre qu’il résulte de l’instruction, et notamment de sa lettre du 12 janvier 2019, que M. A... a manifesté sa volonté de ne pas être renouvelé dans son contrat, il présente ainsi un moyen manifestement dépourvu des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... ne peut qu’être rejetée, par application du 4° et du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris, par voie de conséquence, en ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au Groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences.
Fait à Paris, le 25 mars 2026.
La présidente de la 6ème section,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées et de l’accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.