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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2415635

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2415635

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2415635
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre - R.222-13
Avocat requérantCABINET TZA AVOCATS ASSOCIÉS (SCP)

Résumé IA

La société MUTUELLE BLEUE contestait devant le Tribunal Administratif de Paris l'imposition de taxes foncières sur son immeuble, arguant de l'application erronée des dispositifs de planchonnement et de lissage après une fusion de surfaces. Le tribunal a rejeté sa demande, considérant que cette fusion constituait bien un changement de consistance de la propriété au sens des articles 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts, ce qui rendait inapplicables les mécanismes de lissage et de planchonnement invoqués.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 juin 2024 et 20 mars 2025, la société MUTUELLE BLEUE, représentée par Me Toulemont, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction à hauteur de 13 749 euros de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe spéciale d’équipement, de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et de la taxe dite « GEMAPI » auxquelles elle a été assujettie au titre de l’année 2023 à raison de l’immeuble situé 11 rue Tronchet (Paris 8ème) ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
c’est à tort que l’administration a regardé la fusion des surfaces de l’immeuble comme un changement de consistance ayant pour effet de rendre inapplicables les dispositifs de planchonnement et de lissage ;
l’administration aurait dû faire application des dispositifs de planchonnement et de lissage en retenant comme local de référence l’immeuble situé 74 rue Saint Lazare à Paris 9ème.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, la directrice régionale des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu’aucun moyen de la requête n’est fondé.



Par ordonnance du 26 décembre 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 9 janvier 2026.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :

le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
le code de justice administrative.



Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.



Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ostyn ;
- les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public ;
- et les observations de Me Nikolic, substituant Me Toulemont, représentant la société MUTUELLE BLEUE.



Une note en délibéré a été enregistrée pour la société MUTUELLE BLEUE le 12 février 2026 et n’a pas été communiquée.





Considérant ce qui suit :

La société MUTUELLE BLEUE demande la réduction à hauteur de 13 749 euros de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe spéciale d’équipement, de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et de la taxe dite « GEMAPI » auxquelles elle a été assujettie à raison de l’immeuble situé 11 rue Tronchet (Paris 8ème) au titre de l’année 2023. Par réclamation du 18 décembre 2023, elle a contesté ces impositions, mises en recouvrement par voie de rôle le 31 août 2023. Sa réclamation ayant été rejetée par décision du 15 avril 2024, elle réitère ses prétentions devant le tribunal de céans.

Sur les conclusions à fin de réduction :

Aux termes de l’article 1518 A quinquies du même code : « I. – 1. En vue de l'établissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la cotisation foncière des entreprises, de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, la valeur locative des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 1498 est corrigée par un coefficient de neutralisation. / Ce coefficient est égal, pour chaque taxe et chaque collectivité territoriale, au rapport entre, d'une part, la somme des valeurs locatives non révisées au 1er janvier 2017 des propriétés bâties mentionnées au même I de l'article 1498 imposables au titre de cette année dans son ressort territorial, à l'exception de celles mentionnées au 2 du présent I, et, d'autre part, la somme des valeurs locatives révisées de ces mêmes propriétés à la date de référence du 1er janvier 2013. (…) III. – Pour les impositions dues au titre des années 2017 à 2025 : 1. Lorsque la différence entre la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 et la valeur locative résultant du I à cette même date est positive, la valeur locative résultant du même I est majorée d'un montant égal à la moitié de cette différence ; / 2. Lorsque la différence entre la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 et la valeur locative résultant dudit I à cette même date est négative, la valeur locative résultant du même I est minorée d'un montant égal à la moitié de cette différence (…). ». Et aux termes de l’article 1518 E du même code : « I. – Pour les biens mentionnés au I de l'article 1498 : / 1° Des exonérations partielles d'impôts directs locaux sont accordées au titre des années 2017 à 2025 lorsque la différence entre la cotisation établie au titre de l'année 2017 en application du présent code et la cotisation qui aurait été établie au titre de cette même année sans application du A du XVI de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, dans sa rédaction en vigueur le 31 décembre 2016, est positive. / 2° Les impôts directs locaux établis au titre des années 2017 à 2025 sont majorés lorsque la différence entre la cotisation qui aurait été établie au titre de l'année 2017 sans application du A du XVI de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 précitée, dans sa rédaction en vigueur le 31 décembre 2016, et la cotisation établie au titre de cette même année est positive. / Pour chaque impôt, la majoration est égale aux neuf dixièmes de la différence définie au premier alinéa du présent 2° pour les impositions établies au titre de l'année 2017, puis réduite chaque année d'un dixième de cette différence. / Cette majoration est supprimée à compter de l'année qui suit celle au cours de laquelle la propriété ou fraction de propriété est concernée par l'application du I de l'article 1406, sauf si le changement de consistance concerne moins de 10 % de la surface de la propriété ou fraction de propriété. / (…) ». (…) ».

En premier lieu, il ressort des dispositions citées au point précédent que le changement de consistance s’entend de la transformation apportée à la composition d’un local préexistant afin d’en modifier le volume ou la surface de manière substantielle, notamment par l’addition de constructions, la démolition totale ou partielle de la construction ou sa restructuration par division ou réunion de locaux préexistants et que la modification dans la répartition des surfaces louées, lorsque la surface de l’ensemble du bien donné en location demeure inchangée, ne peut être qualifiée de changement de consistance.

Si l’administration s’appuie, dans son mémoire en défense, sur le changement d’affectation des locaux en se référant à des étages de l’immeuble non concernés par les taxes en cause, il résulte de l’instruction qu’elle s’est fondée, dans sa décision de rejet de la réclamation préalable, sur le changement de consistance des locaux postérieur à 2017 résidant dans la fusion des surfaces dont la requérante a fait état dans sa réclamation préalable relative aux impositions des années 2021 et 2022. Or, il résulte de l’instruction que le vendeur de l’immeuble acquis le 30 novembre 2020 a, ainsi que le démontre l’acte de vente produit à l’instance, supprimé les cloisons intérieures et réuni certains lots de copropriété, transformation que, contrairement à ce que soutient la requérante, l’administration a pu, à bon droit, regarder comme constitutive d’une restructuration par réunion de locaux préexistants et non comme une simple modification dans la répartition des surfaces. Il s’ensuit que l’immeuble en litige ayant subi après le 1er janvier 2017 un changement de consistance, l’administration a valablement refusé de faire application des dispositifs dits de planchonnement de lissage prévus aux articles 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts.

En second lieu, les dispositions de planchonnement et de lissage n’étant pas applicables aux impositions en litige ainsi qu’il a été dit précédemment, la requérante n’est pas fondée à soutenir que l’administration aurait dû en faire application en retenant comme local de référence l’immeuble situé 74 rue Saint Lazare à Paris 9ème.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de réduction de la société MUTUELLE BLEUE doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de la société MUTUELLE BLEUE est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société MUTUELLE BLEUE et au directeur des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2026.


La magistrate désignée,
signé
I. OSTYN
La greffière,
signé
S. RUBIRALTA



La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.


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