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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2415812

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2415812

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2415812
TypeDécision
FormationSection 8 - Chambre 2
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 juin 2024, M. C A B, représenté par Me Dahan, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir les arrêtés du 12 juin 2024 par lesquels le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 2 ans et l'a signalé aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire :

- Etant en garde à vue, il n'a pas pu réfuter les motifs de l'arrêté attaqué ;

- Il justifie bien d'une adresse stable et ne se souvient pas avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ;

- Il ne constitue pas une menace pour l'ordre public car il a été à tort accusé de recel de bien provenant d'un vol dès lors qu'il a produit aux policiers une facture en bonne et due forme ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- Il ne constitue pas une menace pour l'ordre public car il a été à tort accusé de recel de bien provenant d'un vol dès lors qu'il a produit aux policiers une facture en bonne et due forme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens présentés par M. A B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Béal.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêtés du 12 juin 2024, le préfet de police a obligé M. A B à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 2 ans et l'a signalé aux fins de non admission dans le système d'information Schengen. M. A B demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la circonstance que l'intéressé soit placé en garde à vue et ne puisse réfuter les motifs retenus par le préfet de police pour prendre les arrêtés attaqués n'est pas de nature à elle seule à les entacher d'illégalité dès lors qu'il lui était loisible, comme il l'a fait, de contester devant le juge de l'excès de pouvoir lesdits motifs.

3. En deuxième lieu, M. A B soutient qu'il justifie de garanties de représentation liées à une adresse stable à Paris. Toutefois, il a déclaré lors de son interpellation être domicilié à Alicante en Espagne et n'apporte aucune justification au fait qu'il louerait un local dans le XVIII éme arrondissement à Paris.

4. En troisième lieu, M. A B soutient que c'est à tort que le préfet a retenu pour prononcer une obligation de quitter le territoire ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français une menace pour l'ordre public fondée sur un délit de recel de bien provenant d'un vol dès lors qu'il a produit aux policiers une facture en bonne et due forme. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que lors de son interpellation le requérant ait produit un tel document, document au demeurant non produit par son conseil dans le cadre de la présente instance. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant les décisions attaquées, le préfet se serait fondé sur des faits inexacts ou aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle s'agissant de l'obligation de quitter le territoire ni d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire.

5. En quatrième lieu, si M. A B conteste avoir déjà l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et si le préfet de police ne produit pas cette décision, il résulte toutefois de l'instruction que le préfet aurait pris les mêmes décisions sans se fonder sur la soustraction à cette mesure.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 12 juin 2024 du préfet de police. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

DECIDE

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024

Le magistrat désigné,

A. Béal

La greffière

N. Tabani

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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