mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2415868 |
| Type | Décision |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | PIFFAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 juin et 9 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Piffault, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 2 ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- C'est à tort que le préfet a soulevé une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de sa requête car lors de sa notification, l'interprète fournie par le préfet parlait une langue qu'elle ne comprenait pas ;
- L'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- L'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- L'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car lors de sa notification, l'interprète fournie par le préfet parlait une langue qu'elle ne comprenait pas ;
- Le préfet a méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient à titre principal que la requête est tardive et, à titre subsidiaire que les moyens présentés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Béal,
- les observations de Me Piffault, représentant Mme A en présence d'un interprète en langue népalaise.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.Par arrêté du 16 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé Mme A à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 2 ans. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. Il est statué sur ce recours selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5. "
3. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté par le conseil de la requérante que l'arrêté attaqué du préfet des Hauts-de-Seine lui a été notifié le 16 avril 2024 à 16 h 20, que cette notification comportait bien l'indication des voies et délais de recours et que sa requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 14 juin 2024 soit une fois le délai de 48 h susvisé largement écoulé. Pour contester la tardiveté opposée par le préfet, le conseil de la requérante soutient que ce délai n'a pu courir car la notification qui lui a été faite était irrégulière, l'interprète s'exprimait en langue ourdou alors qu'étant de nationalité népalaise elle ne comprenait pas cette langue mais uniquement le népalais. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de son interpellation par les services de la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne de la préfecture de police le 16 avril 2024 que l'ensemble de l'entretien s'est fait en langue ourdou er qu'à aucun moment la requérante n'a contesté ne pas comprendre cette langue, qu'elle a répondu de manière circonstanciée aux questions qui lui ont été posées. Enfin, à la fin de cet entretien, elle a certifié l'exactitude de ses déclarations et a signé ses déclarations ainsi que l'interprète témoignant ainsi que contrairement à ce que soutient son conseil, elle parlait et comprenait parfaitement l'ourdou. Par suite, c'est à bon droit que le préfet a pu opposer une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de sa requête.
4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 16 avril 2024 du préfet des Hauts-de-Seine. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
5. Enfin, aucun dépens n'ayant été engagé, les conclusions tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de l'Etat doivent aussi être écartés.
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024
Le magistrat désigné,
A. Béal
La greffière
N. Tabani
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509646
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 12 décembre 2023, qui enjoignait au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal constate que le préfet a pris un arrêté le 13 mars 2025 refusant le titre de séjour et obligeant M. A à quitter le territoire, ce qui constitue un réexamen de sa situation. En conséquence, le jugement initial est regardé comme entièrement exécuté, et la demande d’exécution de M. A est rejetée. Cette solution est fondée sur l’article L. 911-4 du code de justice administrative.
17/07/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431462
24/12/2024
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429414
24/12/2024
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24/12/2024