mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2420745 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re section - 1re Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | LOUIS JEUNE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 22 juillet 2024, la présidente du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de M. B, enregistrée le 6 juin 2024.
Par cette requête, et un mémoire complémentaire enregistré le 21 juin 2024, M. A B, représenté par Me Louis Jeune, demande au tribunal, dans le dernier état de ses
écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la lettre du 5 juin 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a mis en demeure d'exécuter l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 9 janvier 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler conformément aux dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, d'enjoindre audit préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision de refus de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur manifeste ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable au motif que la mise en demeure attaquée ne fait pas grief.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Truilhé, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Truilhé ;
- et les observations de Me Louis Jeune, pour M. B, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sénégalais né le 4 avril 1998 demande l'annulation de la lettre du 5 juin 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a mis en demeure d'exécuter l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 9 janvier 2023.
2. Il ressort des pièces du dossier que la requête présentée par M. B est dirigée contre la lettre du 5 juin 2024 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne l'a mis en demeure de quitter le territoire. Ce courrier a pour seul objet de lui rappeler qu'il doit quitter le territoire en application de l'arrêté du 9 janvier 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays dans lequel il est légalement admissible. Un tel courrier ne comporte, en lui-même, aucune décision faisant grief à l'intéressé susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet de Seine-et-Marne doit être accueillie et les conclusions en annulation du requérant rejetées comme manifestement irrecevables.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, celles tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
J-C. TRUILHÉ
La greffière,
A. HENRYLa République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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