lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2424733 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | CABINET ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 et le 20 septembre 2024, M. E B, retenu au centre de rétention de Vincennes, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2024 par lequel le préfet de police a porté l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 24 mois à une durée de 48 mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-l'arrêté attaqué est signé par une autorité incompétente ;
-l'arrêté est entaché d'une insuffisance de motivation et d'une absence d'examen individuel de sa situation ;
-l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation méconnaît sa situation personnelle ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 modifiant le règlement (CE) n° 1560/2003 portant modalités d'application du règlement n° 343/2003 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné M. MARTIN-GENIER en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. MARTIN-GENIER,
- les observations de Me Gründler, avocat commis d'office représentant M. B assisté d'un interprète en langue arabe,
- les observations de Me Jacquard, représentant le préfet de police.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant algérien né le 2 août 2001, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2024 par lequel le préfet de police a porté la durée de son interdiction de retour sur le territoire français de vingt-quatre à quarante-huit mois.
2. En premier lieu, En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00924 du 8 juillet 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à Mme C A, attachée d'administration de l'Etat, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
4. La décision contestée comporte l'énoncé des dispositions légales dont il a été fait application ainsi que des circonstances de fait au vu desquelles elle a été prise et notamment, de la situation personnelle et administrative du requérant. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de police n'était pas tenu de mentionner de manière exhaustive tous les éléments relatifs à la situation personnelle dont il entendait se prévaloir. Elle mentionne notamment que le comportement de M. B a, le 14 septembre 2024, été signalé pour outrage à agent public, qu'il allègue être entré sur le territoire français en 2023, se déclare célibataire et sans charge de famille, a déjà fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire de vingt-quatre mois, avec l'obligation de quitter le territoire en date du 18 novembre 2023. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et de l'absence d'examen de sa situation doit être écarté.
5. En dernier lieu, pour les motifs mentionnés au point précédent, mais aussi pour la circonstance qu'il a utilisé douze alias, et qu'il est connu du fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) pour de nombreuses signalisations pour des faits de vol et de violence, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la décision attaquée et de la méconnaissance de la situation personnelle du requérant doit être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet de police.
Décision rendue le 23 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
P. MARTIN-GENIERLa greffière,
A. DEPOUSIER
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2424733/8
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