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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2429174

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2429174

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2429174
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris annule l'arrêté du 31 octobre 2024 par lequel le préfet de police avait renouvelé l'assignation à résidence de M. B, ressortissant algérien, pour une durée de quarante-cinq jours. La décision est motivée par le fait que cet arrêté était privé de base légale, l'arrêté initial d'assignation du 1er octobre 2024 ayant été annulé par un jugement du même tribunal le 13 novembre 2024. Le juge applique les articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'État est condamné à verser 1 000 euros à M. B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 1er et 21 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Bertrand, avocat, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 31 octobre 2024 par lequel le préfet de police a décidé de renouveler son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'insuffisance de motivation ;

- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marik-Descoings,

- et les observations de Me Capuano, avocate, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête au motif que ses moyens ne sont pas fondés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 16 janvier 1978, a fait l'objet le 31 octobre 2024 d'un arrêté par lequel le préfet de police l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :

2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : () 8° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction administrative du territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ".

3. Il ressort des pièces du dossier et en particulier de la décision attaquée, que celle-ci a été prise sur le fondement de l'arrêté en date du 1er octobre 2024 par lequel le préfet de police a assigné M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, arrêté qui a été annulé par un jugement en date du 13 novembre 2024 du tribunal de céans. L'arrêté litigieux est dès lors privé de base légale et doit être annulé.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté en date du 31 octobre 2024 par lequel le préfet de police a assigné à résidence M. B est annulé.

Article 2 : L'État versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La magistrate désignée,

N. MARIK-DESCOINGSLa greffière,

L. POULAIN

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2429174/8

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