LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2505327

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2505327

mardi 9 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2505327
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET ARTEMONT (AARPI)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné les recours de M. B..., agent de l'établissement public Paris Musées, contestant deux sanctions d'exclusion temporaire de fonctions (cinq mois, puis cinq mois avec sursis de trois mois). Le requérant invoquait notamment l'incompétence du signataire, l'irrégularité de la procédure en raison de la référence à une sanction antérieure effacée (article L. 533-5 du code général de la fonction publique), et le caractère disproportionné des sanctions. Le tribunal a rejeté l'ensemble des requêtes, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés et que les sanctions étaient justifiées par les faits reprochés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 12 décembre 2024, 7, 8 janvier et 14 novembre 2025 sous le n°2433536, M. A... B..., représenté par Me Crusoé, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 11 octobre 2024 par lequel la présidente du conseil d’administration de l’établissement public Paris Musées a prononcé à son encontre la sanction d’exclusion temporaire de fonctions pour une durée de cinq mois à compter du 1er décembre 2024 ;

2°) de mettre à la charge de l’établissement public Paris Musées une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;
- il a été pris au terme d’une procédure irrégulière et est entaché d’une erreur de droit dès lors que l’établissement public a fait référence, tant dans son dossier disciplinaire que dans l’arrêté de sanction, à l’existence d’une précédente sanction pourtant effacée automatiquement de son dossier conformément à l’article L. 533-5 du code général de la fonction publique ;
- il est entaché d’inexactitude matérielle des faits ;
- il est entaché d’une erreur d’appréciation et certains griefs qui lui sont reprochés ne sont que la conséquence des propos racistes tenus par son supérieur hiérarchique à son égard ;
- la sanction prononcée est disproportionnée aux faits reprochés compte tenu de ses excellents états de service, de son ancienneté, des circonstances particulières dans lesquelles a eu lieu l’incident, ainsi que du management dysfonctionnel de sa hiérarchie.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 octobre, 14 et 20 novembre 2025, l’établissement public Paris Musées, représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge de M. B... la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Une note en délibéré, produite pour M. B..., a été enregistrée le 8 décembre 2025.

II. Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 26 février et 14 novembre 2025 sous le n°2505327, M. A... B..., représenté par Me Crusoé, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 6 février 2025 par lequel la présidente du conseil d’administration de l’établissement public Paris Musées a prononcé à son encontre la sanction d’exclusion temporaire de fonctions d’une durée de cinq mois, assortie d’un sursis de trois mois, à compter de la notification de cet arrêté ;

2°) d’enjoindre à l’établissement public Paris Musées de procéder à sa réintégration dans un délai de quatre jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’établissement public Paris Musées une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;
- il a été pris au terme d’une procédure irrégulière et est entaché d’une erreur de droit dès lors que l’établissement public a fait référence, tant dans son dossier disciplinaire que dans l’arrêté de sanction, à l’existence d’une précédente sanction pourtant effacée automatiquement de son dossier conformément à l’article L. 533-5 du code général de la fonction publique ;
- la nouvelle sanction infligée est, en tant qu’elle ne tient pas compte de la période d’exécution de la sanction initiale d’exclusion temporaire de fonctions, entachée d’une erreur de droit et contraire au principe du non bis in idem ;
- l’arrêté contesté méconnaît l’injonction prononcée par le juge des référés du tribunal administratif de Paris dans son ordonnance du 4 février 2025, laquelle impliquait qu’il soit réintégré dans ses fonctions à titre provisoire ;
- il est entaché d’un détournement de procédure ;
- il est entaché d’inexactitude matérielle des faits ;
- il est entaché d’erreur d’appréciation et certains griefs qui lui sont reprochés ne sont que la conséquence des propos racistes tenus par son supérieur hiérarchique à son égard ;
- la sanction prononcée est disproportionnée aux faits reprochés compte tenu de ses excellents états de service, de son ancienneté, des circonstances particulières dans lesquelles a eu lieu l’incident, ainsi que du management dysfonctionnel de sa hiérarchie.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 octobre et 20 novembre 2025, l’établissement public Paris Musées, représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge de M. B... la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en intervention enregistré le 12 mars 2025, le syndicat CGT de la santé, du social, de la culture, administration, architecture et technique des services publics parisiens, représenté par Me Crusoé, conclut à ce que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête.

Le 16 octobre 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur le moyen relevé d’office tiré de l’incompétence du signataire de la décision contestée.

En réponse, l’établissement public Paris Musées a présenté des observations, enregistrées le 14 novembre 2025.

Une note en délibéré, produite pour M. B..., a été enregistrée le 8 décembre 2025.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Van Daële,
- les conclusions de Mme Laforêt, rapporteure publique ;
- les observations de Me Crusoé, représentant M. B... ;
- et les observations de Me Gorse, substituant Me Falala et représentant l’établissement public Paris Musées.


Considérant ce qui suit :

1. M. B... est adjoint d’accueil, de surveillance et de magasinage principal de 2ème classe au sein de l’établissement public Paris Musées, affecté aux réserves du palais Galliera depuis le 1er janvier 2013 pour exercer les fonctions de veilleur de nuit. Par un arrêté du 11 octobre 2024, la présidente du conseil d’administration de l’établissement public Paris Musées lui a infligé la sanction disciplinaire d’exclusion temporaire de ses fonctions pour cinq mois, à compter du 1er décembre 2024. Par une ordonnance n°2500492/2 du 4 février 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a suspendu l’exécution de cet arrêté au motif que le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction était de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité. Par un nouvel arrêté du 6 février 2025, la présidente du conseil d’administration de l’établissement public Paris Musées a prononcé à l’encontre de M. B... la sanction d’exclusion temporaire de fonctions pour une durée de cinq mois, assortie d’un sursis de trois mois, prenant effet à compter de la notification de cet arrêté. Par une ordonnance n°2505325/2 du 25 mars 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a suspendu l’exécution de cet arrêté au motif que le moyen tiré de l’absence de prise en compte de la période exécutée de la sanction initiale d’exclusion temporaire de fonctions du 11 octobre 2024 était de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité. Par les présentes requêtes, M. B... demande au tribunal d’annuler les deux arrêtés de sanction des 11 octobre 2024 et 6 février 2025.

2. Lorsque le juge des référés a suspendu l’exécution d’une sanction en raison de son caractère disproportionné, l’autorité compétente peut, sans, le cas échéant, attendre qu’il soit statué sur le recours en annulation, prendre une nouvelle sanction, plus faible que la précédente, sans méconnaître ni le caractère exécutoire et obligatoire de l’ordonnance de référé, ni le principe général du droit selon lequel une autorité administrative ne peut sanctionner deux fois la même personne à raison des mêmes faits, ce sans préjudice de l’obligation de retirer l’une ou l’autre des sanctions en cas de rejet du recours tendant à l’annulation de la sanction initialement prononcée.


Sur la jonction :

3. Les requêtes n°2433536 et n°2505327, présentées pour M. B..., concernent la situation d’un même fonctionnaire et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.


Sur l’intervention du syndicat CGT de la santé, du social, de la culture, administration, architecture et technique des services publics parisiens au soutien de la requête n° 2505327 :

4. Eu égard à la nature et à l’objet du litige, le syndicat justifie d’un intérêt suffisant pour intervenir au soutien des conclusions présentées par le requérant.


Sur la légalité des arrêtés des 11 octobre 2024 et 6 février 2025 :

5. Les arrêtés des 11 octobre 2024 et 6 février 2025 prononçant à l’encontre de M. B..., respectivement, la sanction d’exclusion temporaire de fonctions pour cinq mois, et celle d’exclusion temporaire de fonctions pour cinq mois, assortie d’un sursis de trois mois, sanctions du troisième groupe, ont été signés par Mme D... C..., directrice générale de l'établissement public Paris Musées, pour la présidente du conseil d’administration de l’établissement public. Toutefois, si Mme D... C... avait, par un arrêté du 27 mars 2024, reçu délégation pour signer les décisions prononçant des « peines » disciplinaires, cette délégation lui est consentie « à l'exception des sanctions du 4e groupe ainsi que des sanctions non conformes à l'avis émis par la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire ». Or, les sanctions litigieuses, bien que ne relevant pas du quatrième groupe, n’étaient pas conformes à l'avis émis le 19 septembre 2024 par la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire, qui a émis un « avis partagé malgré la déclinaison de toutes les sanctions, y compris l’absence de sanction ». Dans ces conditions, les arrêtés prononçant à l’encontre de M. B... les sanctions en cause, non conformes à l’avis émis par la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire, ont été signés par une autorité incompétente.

6. Il résulte de ce qui précède que les arrêtés des 11 octobre 2024 et 6 février 2025 doivent être annulés, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes.


Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

7. Le présent jugement implique, sous réserve d’un changement dans les circonstances de droit ou de fait, qu’il soit enjoint à l’établissement public Paris Musées de réintégrer M. B... dans ses fonctions à compter du 1er décembre 2024, date d’effet de la première sanction prononcée à son encontre, et de procéder au réexamen de sa situation en prenant, le cas échéant, une nouvelle décision, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n’y a pas lieu, en revanche, d’assortir cette injonction d’une astreinte.


Sur les frais liés aux litiges :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’établissement public Paris Musées le versement à M. B... d’une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par l’établissement public Paris Musées soit mise à la charge de M. B..., qui n’est pas la partie perdante dans les présentes instances.









D E C I D E :


Article 1er : L’intervention du syndicat CGT de la santé, du social, de la culture, administration, architecture et technique des services publics parisiens à l’instance n° 2505327 est admise.


Article 2 : Les arrêtés des 11 octobre 2024 et 6 février 2025 sont annulés.


Article 3 : Il est enjoint à la présidente du conseil d’administration de l'établissement public Paris Musées, sous réserve d’un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de réintégrer M. B... dans ses fonctions à compter du 1er décembre 2024 et de réexaminer sa situation en prenant, le cas échéant, une nouvelle décision, dans un délai deux mois à compter de la notification du présent jugement.


Article 4 : L’établissement public Paris Musées versera à M. B... la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.


Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B... est rejeté.


Article 6 : Les conclusions de l'établissement public Paris Musées présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.




Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à l'établissement public Paris Musées.


Délibéré après l'audience du 25 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,
M. Desprez, premier conseiller,
Mme Van Daële, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2025.


La rapporteure,
signé
M. VAN DAËLE
Le président,
signé
J.-F. SIMONNOT




La greffière,


signé

S. LARDINOIS

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions