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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2512113

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2512113

mardi 21 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2512113
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3e Section - 3e Chambre
Avocat requérantBOURJOLLY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris rejette la requête de M. A..., ressortissant ivoirien, qui contestait un arrêté du préfet de police refusant de lui délivrer un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal écarte le moyen tiré de l'incompétence du signataire, la délégation de signature étant régulière, et celui relatif à une erreur matérielle, la mention "ARRETE" figurant sur la décision. Il juge également que la mesure ne méconnaît pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, le requérant n'établissant pas une insertion familiale ou privée suffisante en France, ni être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 mai 2025, M. C... A..., représenté par Me Bourjolly, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 10 mars 2025 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A... soutient que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’une erreur matérielle en l’absence de la mention « ARRETE » ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2025, le préfet de police, représenté par la SELARL Centaure Avocats, agissant par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Rannou a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.


Considérant ce qui suit :

M. C... A..., ressortissant ivoirien né le 30 décembre 1983 à Delakro Botro (Côte d’Ivoire), entré régulièrement en France le 23 octobre 2021, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 8 janvier 2025. Par un arrêté du 10 mars 2025, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A... demande l’annulation de cet arrêté.

En premier lieu, par un arrêté n° 2024-01677 du 18 novembre 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation au signataire de l’arrêté attaqué, M. B... D..., sous-directeur du séjour et de l’accès à la nationalité, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, lesquelles comportent la police des étrangers, en cas d’absence ou d’empêchement des autres délégataires, sans qu’il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n’aient pas été absents ou empêchés lorsqu’il a signé l’arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de son signataire doit être écarté.

En deuxième lieu, M. A... soutient que « La décision n’est donc pas un ‘arrêté’ légalement, eu égard des dispositions des textes suscités car il n’y a marqué nulle part, le mot ‘ARRETE’ ». Toutefois, la décision attaquée porte bien la mention « ARRETE ». Au demeurant, le requérant n’indique pas les dispositions qui auraient été méconnues dans le cas où cette mention aurait été absente. Dans ces conditions, le moyen tiré de l’erreur matérielle manque en fait et doit, comme tel, être écarté.

En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ».

M. A..., qui est entré en France sous couvert d’un visa « C » pour rendre visite à sa sœur, citoyenne française, soutient qu’elle est la seule famille qui lui reste, son père étant décédé et sa mère l’ayant abandonné. Toutefois, d’une part, il ressort des pièces du dossier que le requérant, célibataire et sans enfant, n’est pas dépourvu d’attaches dans son pays d’origine, où il a vécu jusqu’à l’âge de 38 ans. D’autre part, il ne produit aucun élément attestant de l’intensité de son insertion en France. Par suite, il n’est pas fondé à soutenir que la décision attaquée ait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté.

Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 10 mars 2025 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et relatives aux frais d’instance doivent également être rejetées.




D E C I D E :




Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... et au préfet de police.


Délibéré après l’audience du 7 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Gracia, président,
- Mme Beugelmans-Lagane, première conseillère,
- M. Rannou, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2025.


Le rapporteur,




G. RANNOU
Le président,




J-Ch. GRACIA

Le greffier



Y. FADEL


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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