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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2528863

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2528863

lundi 29 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2528863
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCAILLOCE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande du ministère de l'agriculture visant à prescrire une expertise avant travaux de restauration des façades de son site rue de Varenne, incluant la salle Sully classée monument historique. Le juge a désigné un expert pour dresser un état des lieux des immeubles et équipements voisins susceptibles d'être affectés, et pour évaluer les impacts potentiels du chantier. L'expert reste saisi jusqu'à l'achèvement des travaux, avec possibilité de poursuivre sa mission pour rechercher les causes et l'étendue d'éventuels dommages survenus en cours de chantier.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 3 octobre 2025 et le 19 décembre 2025, le ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, représenté par Me Cailloce, demande au tribunal de prescrire une expertise dans le cadre des travaux de restauration des façades sur son site de la rue de Varenne à Paris, dont la salle Sully, classée monument historique.

Il demande à ce que l’expertise se fasse au contradictoire de :
le syndicat des copropriétaires du 82, rue de Varenne,
le syndicat des copropriétaires du 51, rue de Bourgogne,
le syndicat des copropriétaires du 7, cité Martignac,
la société GMDP architecture,
la société CAMEBAT,
la société FI FERRO ingénierie,
le Premier ministre,
la société Ateliers Perrault Frères,
la société SCOP Union technique du bâtiment,
la société Ferronnerie Picard Duboscq,
la société Ineo Tertiaire IDF,
et la société Chapelle & cie.

Il soutient qu’en raison de la nature des travaux, la réalisation d’une expertise sur le fondement de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative est utile.

Vu les autres pièces du dossier.



Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages, puis le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d’exécution des travaux. / L'ordonnance désignant l'expert peut prévoir, par dérogation à l'article R. 751-3, qu'elle sera notifiée par le demandeur aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. / L'expert dépose un premier rapport accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat. Le président de la juridiction (…) fixe alors par ordonnance le montant des honoraires et des frais et débours dû à l'expert, dans les conditions prévues par l'article R. 621-11. / La mission de l'expert peut se poursuivre, si l'ordonnance mentionnée au deuxième alinéa l'a prévu, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du demandeur saisi, le cas échéant, par l'une des parties mentionnées au deuxième alinéa. Le montant des honoraires et des frais et débours est fixé après le dépôt du ou des rapports relatifs aux dommages dans les conditions prévues par l'article R. 621-11, sans préjudice de l'application des dispositions de l'article R. 621-12. »

2. La ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire demande au tribunal de prescrire une expertise dans le cadre des travaux de restauration des façades sur son site de la rue de Varenne dans le 7ème arrondissement. Soutenant qu’au regard de l’ampleur du chantier, il est nécessaire d’établir un état des lieux des biens et équipements voisins, sur le fondement de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative, la ministre de l'agriculture demande au juge des référés de désigner un expert, qui restera saisi jusqu’à l’achèvement des travaux.

3. La mesure d’expertise demandée par la ministre de l'agriculture entre dans le champ d’application des dispositions de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Dès lors, considérant l’ampleur et la nature des travaux et des ouvrages susceptibles d’être visés par les travaux, l’expert restera saisi jusqu’à l’achèvement des travaux. A l’initiative de la ministre de l'agriculture, saisie par une partie, la mission de l’expert pourra se poursuivre pour rechercher les causes et l’étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d’exécution des travaux. Il y a lieu, par suite, de faire droit à la demande d’expertise de la ministre de l'agriculture et de fixer la mission de l’expert comme il est précisé à l’article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A... B... (monuments historiques et patrimoine bâti), exerçant 6, rue des Haudriettes à Paris (75003), est désigné comme expert avec pour mission de :

1°) se faire communiquer tous documents contractuels et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission, prendre connaissance du projet de réhabilitation du bâtiment, convoquer les parties et entendre tout sachant ;

2°) se rendre sur place, au ministère de l'agriculture, au 78, rue de Varenne dans le 7ème arrondissement Paris, visiter les lieux listés dans la requête, donner son avis sur les impacts potentiels des travaux sur les avoisinants et proposer si nécessaire la délimitation des états de lieux à réaliser en conséquence ;

3°) dresser avant le début des travaux, tous états descriptifs relatifs à l’examen avant travaux des immeubles concernés, aux ouvrages, à la voirie, aux réseaux et aux équipements situés aux abords du projet afin de déterminer et dire si, à son avis, ces biens et ouvrages présentent ou non des dégradations et désordres inhérents à leur structure, leur mode de construction, ainsi qu’à leur mode de fondation ou leur état de vétusté ou, encore, consécutifs à la nature du sous-sol sur lequel ils reposent, dresser un rapport ;

4°) dire, s’il convient ou non, de procéder à la réalisation et à la mise en place de mesures de sauvegarde ou de travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de l'état qu'ils présentent actuellement et permettre, dans les meilleures conditions techniques possibles, la réalisation des travaux prévus par le demandeur ;

5°) le cas échéant, à la demande du demandeur saisi par une partie, rechercher les causes et l’étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d’exécution des travaux, organiser les réunions d'expertise nécessaires au bon déroulement de la procédure, déterminer la nature des travaux de remise en état et en chiffrer le coût.

Article 2 : L’expertise aura lieu en présence de :
la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire,
le syndicat des copropriétaires du 82, rue de Varenne,
le syndicat des copropriétaires du 51, rue de Bourgogne,
le syndicat des copropriétaires du 7, cité Martignac,
la société GMDP architecture,
la société CAMEBAT,
la société FI FERRO ingénierie,
le Premier ministre,
la société Ateliers Perrault Frères,
la société SCOP Union technique du bâtiment,
la société Ferronnerie Picard Duboscq,
la société Ineo Tertiaire IDF,
et la société Chapelle & cie.

Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9. Pour l’accomplissement de cette mission, il se fera communiquer tous documents relatifs à la conception et à la réalisation des travaux. Il restera saisi tout au long des travaux. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l’autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 4 : Préalablement à toute opération, l’expert prêtera serment dans les formes prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 5 : Dès l’issue de la phase de constat, l’expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d’échanges, accompagné de l’état de ses vacations, frais et débours. L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l’article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer dans les conditions prévues à l’article R. 621-7-3 du même code.

Article 6 : Saisi par une partie en cas de survenue d’un dommage pendant l’exécution des travaux, le demandeur adressera à l’expert une demande de reprise de ses opérations d’expertise et en informera simultanément le tribunal.

Article 7 : L’expert saisi afin de reprendre dans les conditions de l’article 6 adressera un calendrier prévisionnel des opérations d’expertise au greffe du tribunal. Il déposera par la suite un ou des rapports dans les mêmes conditions que celles fixées à l’article 5.

Article 8 : A l’achèvement des travaux, le demandeur en informera le tribunal dans le délai de deux mois.

Article 9 : A la demande du tribunal ou à son initiative, l’expert pourra, avec l’accord des parties, conduire une médiation dans les conditions prévues à l’article R. 621-1 du code de justice administrative.

Article 10 : En application de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative, la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire procédera à la notification de la présente ordonnance à :
le syndicat des copropriétaires du 82, rue de Varenne,
le syndicat des copropriétaires du 51, rue de Bourgogne,
le syndicat des copropriétaires du 7, cité Martignac,
la société GMDP architecture,
la société CAMEBAT,
la société FI FERRO ingénierie,
le Premier ministre,
la société Ateliers Perrault Frères,
la société SCOP Union technique du bâtiment,
la société Ferronnerie Picard Duboscq,
la société Ineo Tertiaire IDF,
et la société Chapelle & cie.

Article 11 : La présente ordonnance sera notifiée à la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire et à M. A... B..., expert.

Fait à Paris, le 29 décembre 2025

La juge des référés,


M. Dhiver

La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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