Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2535138

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2535138
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 2e Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 décembre 2025 et le 10 juin 2026 M. B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident portant la mention « résident de longue durée – UE »

2°) d’enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer cette carte de résident dans un délai fixé par le tribunal ;


3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la demande de pièces complémentaires formulée par le préfet de police le 27 mai 2026 ne permet pas à elle seule de justifier que le dossier présenté à l’appui de sa demande était incomplet ;
-il remplissait les conditions posées par l’article L. 426-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 juin 2026, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à titre subsidiaire de permettre la prolongation de l’instruction de l’affaire.

Il fait valoir que la requête est irrecevable, dès lors que M. A... a déposé une demande incomplète qui n’a pas pu faire naître de décision implicite de rejet.


Par ordonnance du 8 juin 2026 la clôture de l’instruction a été fixée en dernier lieu au 18 juin 2026 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Schaeffer a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant kazakh né le 25 novembre 1970, titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle valable du 16 septembre 2023 au 15 novembre 2027, a sollicité, par un courrier reçu le 26 juin 2025, une carte de résident sur le fondement de l’article L. 426-17 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il demande l’annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer cette carte de résident.

Article L. 426-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. (…) »

Alors que le préfet de police fait valoir que la requête est irrecevable, dès lors que M. A... a déposé une demande incomplète qui n’a pas pu faire naître de décision implicite de rejet, M. A... ne justifie pas avoir présenté lors du dépôt de sa demande l’intégralité des pièces nécessaires à l’instruction de celles-ci, et notamment pas les pièces demandées par le préfet de police dans sa demande de pièces complémentaires du 27 mai 2026. En particulier, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A... aurait communiqué au préfet de police des documents justifiant de la régularité de son séjour depuis au moins cinq ans, ni des documents justifiant de sa couverture par une assurance maladie, comme exigé par les dispositions précitées. Par suite, la fin de non-recevoir du préfet de police doit être accueillie.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée comme irrecevable en toutes ses conclusions.




D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de police.


Délibéré après l'audience du 25 juin 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Salzmann, présidente,
M. Schaeffer, premier conseiller,
M. Jehl, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2026.



Le rapporteur,
G. SCHAEFFER
La présidente,
M. SALZMANN


Le greffier,



J. WOLFMAN


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.