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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2600786

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2600786

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2600786
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris rejette la requête de Mme C... visant à annuler le refus de remise d'un indu de prime d'activité. La juridiction constate que la requérante, bien qu'invitée à régulariser sa demande, n'a pas fourni les justificatifs suffisants permettant d'apprécier sa situation de précarité, condition nécessaire pour obtenir une remise gracieuse. L'ordonnance est fondée sur les articles R. 222-1 et R. 772-6 du code de justice administrative, ainsi que sur l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2026, Mme A... C... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 8 décembre 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales de Paris a rejeté sa demande de remise de sa dette portant sur un indu de primé d’activité d’un montant de 904,17 euros.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…). ».


Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7. ».


Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d’activité est récupéré par l’organisme chargé de son service. (…) La créance peut être remise ou réduite par l’organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration. ».


Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.


A l’appui de sa requête, Mme C... soutient que l’indu en cause résulte d’une erreur sur ses déclarations des salaires, qu’elle est mère célibataire avec deux enfants mineurs à charge et qu’elle est en grande difficulté financière. Toutefois, elle ne joint à sa requête qu’un bulletin de salaire de décembre 2025 et un commandement aux fins de saisie-vente daté du 6 juin 2019, établi à son nom et celui de M. B... D.... Ainsi, Mme C..., à supposer la condition de bonne foi remplie, ne met pas le tribunal en mesure d’apprécier son éventuelle situation de précarité. Le greffe du tribunal a invité Mme C... à régulariser sa requête, en application des dispositions de l’article R. 772-6 précité du code de justice administrative, dans un délai de quinze jours, par un courrier recommandé daté du 14 janvier 2026. Le greffe l’a invitée à fournir tous les éléments prouvant sa bonne foi et les justificatifs de l’intégralité des ressources et des charges actuelles de son foyer en l’informant des conséquences de son éventuelle carence. Ce courrier a été retourné au tribunal avec une mention apposée par les services postaux : « Pli avisé et non réclamé ». A la date de la présente ordonnance, Mme C... n’a pas procédé à la régularisation demandée. Par suite, sa requête ne peut qu’être rejetée en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C....


Fait à Paris, le 1er avril 2026.


Le président de la formation de jugement,





J-P. Ladreyt


La République mande et ordonne au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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