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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2607872

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2607872

lundi 23 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2607872
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSANGUE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la demande d'un ressortissant algérien visant à enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour enregistrer sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que le requérant, qui résidait irrégulièrement en France depuis 2021 et n'avait initié des démarches qu'en 2025, ne justifiait pas de circonstances particulières caractérisant l'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. La décision s'appuie sur les principes dégagés par la jurisprudence concernant l'obligation pour l'administration de procéder à l'enregistrement des demandes dans un délai raisonnable, mais exige du requérant qu'il démontre une urgence concrète.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 14 et 18 mars 2026, M. B... A..., représenté par Me Sangue, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous en vue de l’enregistrement de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un document attestant de la régularité de son séjour et lui permettant de travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 300 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition tenant à l’urgence n’est pas remplie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant algérien, né le 27 mars 1991, entré en France le 20 mai 2021 selon ses déclarations, a déposé le 9 mai 2025, via la plateforme « demarche.numerique.gouv.fr » un dossier de pré-examen de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour. N’étant pas parvenu à obtenir un rendez-vous en préfecture, il demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

5. Pour justifier de l’urgence à obtenir une convocation en vue du dépôt d’une demande d’admission exceptionnelle au séjour, M. A... se prévaut de la durée excessive d’instruction de sa demande, de la précarité juridique de sa situation et du risque de rupture de son contrat de travail en l’absence de justificatif de régularité de séjour. Toutefois, par ces considérations générales, et alors qu’il réside en situation irrégulière en France depuis 2021 et n’a entrepris des démarches pour régulariser sa situation qu’en 2025 et qu’il ne produit aucun élément permettant d’établir le risque de perte de l’emploi qu’il occupe depuis juin 2023, le requérant ne justifie pas de circonstances particulières impliquant qu’il doive obtenir rapidement un rendez-vous. Dès lors, la situation d’urgence ne peut être regardée comme remplie. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.





O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 23 mars 2026.


Le juge des référés,

Signé

V. C...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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