Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2611555
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2611555 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2026, M. B... A..., représenté par Me Haik, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 8 mars 2026 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d’enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A... doit être regardé comme soutenant que :
En ce qui concerne l’ensemble des décisions :
- elles sont entachées d’incompétence de leur signataire ;
- elles sont insuffisamment motivées.
- elles méconnaissent l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d’une erreur manifeste d'appréciation dans les conséquences qu’elles peuvent avoir sur la situation personnelle de M. A....
En ce qui concerne le refus de délivrance d’un titre de séjour :
- la décision est entachée d’un défaut d’examen en ce que son droit au séjour n’a pas été examiné au regard des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation concernant l’expérience professionnelle de M. A... ;
- elle méconnaît les articles L. 435-1, L. 435-4 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2026, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Rannou a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., ressortissant ivoirien né le 7 août 1999 à Daloa (Côte-d’Ivoire), entré en France en janvier 2020 selon ses dires, a sollicité le 19 décembre 2025 son admission au séjour. Par un arrêté du 8 mars 2026, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne le refus de délivrance d’un titre de séjour :
2. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de police a considéré que M. A... demandait « son admission au séjour dans le cadre des dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile » alors qu’il ressort de la fiche de salle produite par le requérant que celui-ci a sollicité un titre « L. 435-1, L. 423-23 du CESEDA + Art. 8 de la CESDH ». Dans ces conditions, M. A... est fondé à soutenir qu’en instruisant seulement sa demande comme une demande de délivrance des titres prévu par les L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans examiner son droit au séjour au titre de l’article L. 423-23 du même code, le préfet de police a entaché sa décision d’un défaut d’examen.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que M. A... est fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 8 mars 2026 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fins d’injonction et d’astreinte :
4. Eu égard au motif d’annulation retenu, il y a lieu d’enjoindre au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A... dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l’attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais du litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat (préfet de police) une somme de 1000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 8 mars 2026 par lequel le préfet de police a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A... est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A... dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l’attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Article 3 : L’Etat (préfet de police) versera à M. A... une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de police.
Délibéré après l’audience du 15 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
- M. Gracia, président,
- M. Claux, premier conseiller,
- M. Rannou, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
G. RANNOU
Le président,
J-Ch. GRACIA
La greffière,
S. LOUISOR
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2026, M. B... A..., représenté par Me Haik, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 8 mars 2026 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d’enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A... doit être regardé comme soutenant que :
En ce qui concerne l’ensemble des décisions :
- elles sont entachées d’incompétence de leur signataire ;
- elles sont insuffisamment motivées.
- elles méconnaissent l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d’une erreur manifeste d'appréciation dans les conséquences qu’elles peuvent avoir sur la situation personnelle de M. A....
En ce qui concerne le refus de délivrance d’un titre de séjour :
- la décision est entachée d’un défaut d’examen en ce que son droit au séjour n’a pas été examiné au regard des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation concernant l’expérience professionnelle de M. A... ;
- elle méconnaît les articles L. 435-1, L. 435-4 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2026, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Rannou a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., ressortissant ivoirien né le 7 août 1999 à Daloa (Côte-d’Ivoire), entré en France en janvier 2020 selon ses dires, a sollicité le 19 décembre 2025 son admission au séjour. Par un arrêté du 8 mars 2026, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne le refus de délivrance d’un titre de séjour :
2. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de police a considéré que M. A... demandait « son admission au séjour dans le cadre des dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile » alors qu’il ressort de la fiche de salle produite par le requérant que celui-ci a sollicité un titre « L. 435-1, L. 423-23 du CESEDA + Art. 8 de la CESDH ». Dans ces conditions, M. A... est fondé à soutenir qu’en instruisant seulement sa demande comme une demande de délivrance des titres prévu par les L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans examiner son droit au séjour au titre de l’article L. 423-23 du même code, le préfet de police a entaché sa décision d’un défaut d’examen.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que M. A... est fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 8 mars 2026 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fins d’injonction et d’astreinte :
4. Eu égard au motif d’annulation retenu, il y a lieu d’enjoindre au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A... dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l’attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais du litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat (préfet de police) une somme de 1000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 8 mars 2026 par lequel le préfet de police a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A... est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A... dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l’attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.
Article 3 : L’Etat (préfet de police) versera à M. A... une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de police.
Délibéré après l’audience du 15 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
- M. Gracia, président,
- M. Claux, premier conseiller,
- M. Rannou, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
G. RANNOU
Le président,
J-Ch. GRACIA
La greffière,
S. LOUISOR
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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