Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2614248
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2614248 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | LAUNOIS FLACELIERE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2026, Mme B... A..., représentée par Me Launois, demande au tribunal :
1°) d’annuler les articles 1, 2, 3 et 4 de l’arrêté du 8 janvier 2026 par lequel le préfet de police a constaté la caducité de son droit au séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai d’un mois, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 à verser à son conseil au titre des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de 1991 ;
3°) condamner le préfet de police aux entiers dépens.
Mme A... soutient que :
- la décision l’obligeant à quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée de méconnaissance de son droit à être entendue ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreurs de fait induisant un défaut de base légale en ce qu’elle est entrée depuis moins de trois mois sur le territoire français et qu’elle ne constitue pas une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale ;
- elle méconnaît le dernier alinéa de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa vie privée et familiale ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par la voie de l’exception.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2026, le préfet de police, représenté par la SELARL Centaure Avocats, agissant par Me Claisse, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une décision du 3 avril 2026, Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 3 juin 2026, la clôture de l’instruction a été fixée le 31 juillet 2026.
Un mémoire a été enregistré pour Mme A... le 13 septembre 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Rannou a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... A..., ressortissante roumaine née le 16 septembre 1995 à Tandarei (Roumanie), entrée en 2016 selon ses dires, a été placée en retenue administrative le 7 janvier 2026 à la suite d’un contrôle d’identité en gare du Nord, à Paris (75010). Par un arrêté du 8 janvier 2026, le préfet de police a constaté la caducité de son droit au séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai d’un mois, et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme A... demande l’annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l’arrêté dans son ensemble :
2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par Mme C..., attachée d’administration de l’Etat directement placée sous l’autorité du chef du bureau de la lutte contre l’immigration irrégulière, qui disposait d’une délégation de signature à cet effet consentie par un arrêté n° 2025-01618 du 28 novembre 2025 du préfet de police, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de la décision, qui manque en fait, ne peut qu’être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des procès-verbaux d’audition produits par le préfet de police en défense, que Mme A... a été entendue antérieurement à l’édiction de la décision en litige. Dans ces conditions, la requérante n’est pas fondée à soutenir que la décision est entachée de méconnaissance du principe du contradictoire. Dès lors, le moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du préfet soit entachée d’un défaut d’examen de la situation personnelle de Mme A.... Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l’article 1er de l’arrêté en litige, qui constate la caducité du droit au séjour de Mme A... :
5. Aux termes de l’article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; (…) ». L’article L. 232-1 du même code concerne les séjours de moins de trois moins de ces citoyens de l’Union européenne en France, tandis que les articles L. 231-2 et L. 231-3 concernent ceux d’autres ressortissants étrangers.
6. Pour constater la caducité du droit au séjour en France de Mme A..., qui est citoyenne de l’Union européenne, le préfet de police s’est fondé sur le fait qu’elle ne justifiait plus d’aucun droit au séjour au titre des dispositions de l’article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent. Mme A..., qui n’a assorti d’aucun moyen ses conclusions relatives à l’annulation de l’article 1er de l’arrêté en litige, ne conteste pas utilement cette analyse. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des déclarations de Mme A... durant sa retenue administrative, que celle-ci n’exerce pas d’activité professionnelle en France, qu’elle ne dispose pas pour elle et pour les membres de sa famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d’assistance sociale ni d’une assurance maladie privée, ni qu’elle soit dans une quelconque situation lui conférant un droit au séjour. Ses conclusions relatives à l’annulation de l’article 1er de l’arrêté en litige ne peuvent, dès lors, qu’être rejetées.
En ce qui concerne l’article 2 de l’arrêté en litige, qui oblige Mme A... à quitter le territoire français :
7. Aux termes de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; (…). / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ».
8. En l’espèce, pour obliger Mme A... à quitter le territoire français, le préfet de police s’est fondé sur le fait que celle-ci « ne peut justifier de ressources ou de moyens d’existence pour lui/elle et sa famille et se trouve en situation de complète dépendance par rapport au système d’assistance sociale français », qu’elle « constitue une charge déraisonnable pour l’Etat français au sens de la directive 2004/38 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 » et qu’elle « ne remplit aucune des conditions fixées aux articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 du code » de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En premier lieu, d’une part, si Mme A... soutient qu’à la date de la décision attaquée, elle était présente depuis moins de trois mois sur le territoire français, elle ne le justifie pas. D’autre part, comme exposé au point 6, il ressort des pièces du dossier qu’elle constitue une charge déraisonnable pour le système d’assistance français. Dans ces conditions, le préfet n’a pas commis d’erreur de fait à ce sujet. Dès lors, le moyen doit être écarté.
10. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet n’ait pas tenu compte, avant d’édicter la décision en litige, de la durée du séjour de Mme A... en France, de son état de santé, de son intégration sociale et culturelle ni de l’intensité de ses liens avec son pays d’origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du dernier alinéa de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En troisième lieu, Mme A... ne produit aucune pièce ni aucun élément relatifs à sa vie privée et familiale en France. Dans ces conditions, elle n’est pas fondée à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision en litige sur sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen ne peut qu’être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme A... n’est pas fondée à solliciter l’annulation de l’article 2 de l’arrêté en litige, qui l’oblige à quitter le territoire français.
En ce qui concerne l’article 3 de l’arrêté en litige, qui fixe le pays de renvoi :
13. La décision obligeant Mme A... à quitter le territoire français n’étant pas illégale, comme indiqué au point précédent, celle-ci n’est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale par la voie de l’exception.
En ce qui concerne l’article 4 de l’arrêté en litige :
14. Les conclusions de la requête tendant à l’annulation de l’article 4 de l’arrêté en litige, qui précise les conditions de notification dudit arrêté, ne sont assorties d’aucun moyen ni d’aucune précision permettant d’en apprécier le bien-fondé. Dès lors, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, elles ne peuvent qu’être rejetées.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
16. En premier lieu, la requérante ne soutient pas avoir exposé des dépens. Par suite, les conclusions de la requête relatives aux dépens, qui sont sans objet, doivent être rejetées.
17. En deuxième lieu, le préfet de police n’étant pas la partie perdante, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat (préfet de police) une quelconque somme à verser à Me Launois au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A..., à Me Launois et au préfet de police.
Délibéré après l’audience du 15 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
- M. Gracia, président,
- M. Claux, premier conseiller,
- M. Rannou, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
G. RANNOU
Le président,
J-Ch. GRACIA
La greffière,
S. LOUISOR
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2026, Mme B... A..., représentée par Me Launois, demande au tribunal :
1°) d’annuler les articles 1, 2, 3 et 4 de l’arrêté du 8 janvier 2026 par lequel le préfet de police a constaté la caducité de son droit au séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai d’un mois, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 à verser à son conseil au titre des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de 1991 ;
3°) condamner le préfet de police aux entiers dépens.
Mme A... soutient que :
- la décision l’obligeant à quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée de méconnaissance de son droit à être entendue ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreurs de fait induisant un défaut de base légale en ce qu’elle est entrée depuis moins de trois mois sur le territoire français et qu’elle ne constitue pas une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale ;
- elle méconnaît le dernier alinéa de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa vie privée et familiale ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par la voie de l’exception.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2026, le préfet de police, représenté par la SELARL Centaure Avocats, agissant par Me Claisse, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une décision du 3 avril 2026, Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 3 juin 2026, la clôture de l’instruction a été fixée le 31 juillet 2026.
Un mémoire a été enregistré pour Mme A... le 13 septembre 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Rannou a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... A..., ressortissante roumaine née le 16 septembre 1995 à Tandarei (Roumanie), entrée en 2016 selon ses dires, a été placée en retenue administrative le 7 janvier 2026 à la suite d’un contrôle d’identité en gare du Nord, à Paris (75010). Par un arrêté du 8 janvier 2026, le préfet de police a constaté la caducité de son droit au séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai d’un mois, et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme A... demande l’annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l’arrêté dans son ensemble :
2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par Mme C..., attachée d’administration de l’Etat directement placée sous l’autorité du chef du bureau de la lutte contre l’immigration irrégulière, qui disposait d’une délégation de signature à cet effet consentie par un arrêté n° 2025-01618 du 28 novembre 2025 du préfet de police, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de la décision, qui manque en fait, ne peut qu’être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des procès-verbaux d’audition produits par le préfet de police en défense, que Mme A... a été entendue antérieurement à l’édiction de la décision en litige. Dans ces conditions, la requérante n’est pas fondée à soutenir que la décision est entachée de méconnaissance du principe du contradictoire. Dès lors, le moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du préfet soit entachée d’un défaut d’examen de la situation personnelle de Mme A.... Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l’article 1er de l’arrêté en litige, qui constate la caducité du droit au séjour de Mme A... :
5. Aux termes de l’article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; (…) ». L’article L. 232-1 du même code concerne les séjours de moins de trois moins de ces citoyens de l’Union européenne en France, tandis que les articles L. 231-2 et L. 231-3 concernent ceux d’autres ressortissants étrangers.
6. Pour constater la caducité du droit au séjour en France de Mme A..., qui est citoyenne de l’Union européenne, le préfet de police s’est fondé sur le fait qu’elle ne justifiait plus d’aucun droit au séjour au titre des dispositions de l’article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent. Mme A..., qui n’a assorti d’aucun moyen ses conclusions relatives à l’annulation de l’article 1er de l’arrêté en litige, ne conteste pas utilement cette analyse. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des déclarations de Mme A... durant sa retenue administrative, que celle-ci n’exerce pas d’activité professionnelle en France, qu’elle ne dispose pas pour elle et pour les membres de sa famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d’assistance sociale ni d’une assurance maladie privée, ni qu’elle soit dans une quelconque situation lui conférant un droit au séjour. Ses conclusions relatives à l’annulation de l’article 1er de l’arrêté en litige ne peuvent, dès lors, qu’être rejetées.
En ce qui concerne l’article 2 de l’arrêté en litige, qui oblige Mme A... à quitter le territoire français :
7. Aux termes de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; (…). / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ».
8. En l’espèce, pour obliger Mme A... à quitter le territoire français, le préfet de police s’est fondé sur le fait que celle-ci « ne peut justifier de ressources ou de moyens d’existence pour lui/elle et sa famille et se trouve en situation de complète dépendance par rapport au système d’assistance sociale français », qu’elle « constitue une charge déraisonnable pour l’Etat français au sens de la directive 2004/38 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 » et qu’elle « ne remplit aucune des conditions fixées aux articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 du code » de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En premier lieu, d’une part, si Mme A... soutient qu’à la date de la décision attaquée, elle était présente depuis moins de trois mois sur le territoire français, elle ne le justifie pas. D’autre part, comme exposé au point 6, il ressort des pièces du dossier qu’elle constitue une charge déraisonnable pour le système d’assistance français. Dans ces conditions, le préfet n’a pas commis d’erreur de fait à ce sujet. Dès lors, le moyen doit être écarté.
10. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet n’ait pas tenu compte, avant d’édicter la décision en litige, de la durée du séjour de Mme A... en France, de son état de santé, de son intégration sociale et culturelle ni de l’intensité de ses liens avec son pays d’origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du dernier alinéa de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En troisième lieu, Mme A... ne produit aucune pièce ni aucun élément relatifs à sa vie privée et familiale en France. Dans ces conditions, elle n’est pas fondée à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision en litige sur sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen ne peut qu’être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme A... n’est pas fondée à solliciter l’annulation de l’article 2 de l’arrêté en litige, qui l’oblige à quitter le territoire français.
En ce qui concerne l’article 3 de l’arrêté en litige, qui fixe le pays de renvoi :
13. La décision obligeant Mme A... à quitter le territoire français n’étant pas illégale, comme indiqué au point précédent, celle-ci n’est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale par la voie de l’exception.
En ce qui concerne l’article 4 de l’arrêté en litige :
14. Les conclusions de la requête tendant à l’annulation de l’article 4 de l’arrêté en litige, qui précise les conditions de notification dudit arrêté, ne sont assorties d’aucun moyen ni d’aucune précision permettant d’en apprécier le bien-fondé. Dès lors, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, elles ne peuvent qu’être rejetées.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
16. En premier lieu, la requérante ne soutient pas avoir exposé des dépens. Par suite, les conclusions de la requête relatives aux dépens, qui sont sans objet, doivent être rejetées.
17. En deuxième lieu, le préfet de police n’étant pas la partie perdante, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat (préfet de police) une quelconque somme à verser à Me Launois au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A..., à Me Launois et au préfet de police.
Délibéré après l’audience du 15 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
- M. Gracia, président,
- M. Claux, premier conseiller,
- M. Rannou, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
G. RANNOU
Le président,
J-Ch. GRACIA
La greffière,
S. LOUISOR
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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