Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2627993
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2627993 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | APPRIOU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Appriou, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 7 mai 2026 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de police ou à toute autorité compétente de le convoquer afin de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « commerçant » dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou d’enjoindre à la même autorité de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
• la condition d’urgence est remplie ;
• il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué dès lors qu’il n’est pas démontré que son signataire bénéficiait d’une délégation de signature régulière, qu’il est entaché d’un défaut de motivation et d’un défaut d’examen sérieux de sa situation, qu’il a été pris en l’absence d’un débat contradictoire préalable, qu’il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation au regard des articles L. 412-5, L. 432-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qu’il méconnaît ces dispositions, qu’il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation au regard des articles 5 et 7 de l’accord franco-algérien et méconnaît ces stipulations, qu’il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et méconnaît ces stipulations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2026, le préfet de police, représenté par Me Claisse, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
• la condition d’urgence n’est pas remplie ;
• aucun des moyen soulevé n’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté litigieux.
Vu :
• la requête enregistrée sous le numéro 2627989 par laquelle M. B... a demandé l’annulation de l’arrêté en litige ;
• les autres pièces du dossier.
Vu :
• la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
• l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
• le code des relations entre le public et l’administration ;
• le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
• le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gandolfi pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, qui s’est tenue le 29 septembre 2026 à 9h30, en présence de Mme Oguenin, greffière d’audience :
- le rapport de M. Gandolfi ;
- les observations de Me Appriou, représentant M. B..., présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Khan-Syed, substituant Me Claisse, représentant le préfet de police, qui persiste dans ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. M. B..., ressortissant algérien né le 9 novembre 1998, est entré en France régulièrement le 3 octobre 2020 muni d’un visa valable du 22 septembre au 21 décembre 2020 portant la mention « étudiant » et a été mis en possession de certificats de résidence algériens portant la mention « étudiant », dont le dernier était valable jusqu’au 30 septembre 2023. Le 20 février 2025, M. B... a obtenu un certificat de résidence algérien portant la mention « commerçant » dont il a demandé le renouvellement le 26 janvier 2026. Par un arrêté du 7 mai 2026, le préfet de police a rejeté sa demande, a obligé M. B... à quitter le territoire français sans délai, lui a interdit tout retour en France pour une durée d’un an et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d’être éloigné. Par la requête susvisée, M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour, contenue dans cet arrêté.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
3. Aux termes de l’article L. 412-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La circonstance que la présence d’un étranger en France constitue une menace pour l’ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l’autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu’à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ». Aux termes de l’article L. 432-1 du même code : « La délivrance d’une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d’une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l’ordre public. ».
4. En l’espèce, aucun des moyens soulevés par M. B... et rappelés dans les visas de la présente ordonnance, et notamment ceux tirés de ce que la décision portant refus de renouvellement de sa carte de résident méconnaîtrait les dispositions précitées et serait entachée d’erreur d’appréciation, dès lors qu’il est constant qu’il a été condamné par le tribunal judiciaire de Nanterre à une amende de 1 500 euros et à une privation du droit d’éligibilité pendant deux ans pour des fait d’exhibition sexuelle commis le 1er août 2024, ne sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse. Par suite, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, il y a lieu de rejeter la requête de M. B... en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
G. Gandolfi
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Appriou, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 7 mai 2026 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de police ou à toute autorité compétente de le convoquer afin de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « commerçant » dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou d’enjoindre à la même autorité de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
• la condition d’urgence est remplie ;
• il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué dès lors qu’il n’est pas démontré que son signataire bénéficiait d’une délégation de signature régulière, qu’il est entaché d’un défaut de motivation et d’un défaut d’examen sérieux de sa situation, qu’il a été pris en l’absence d’un débat contradictoire préalable, qu’il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation au regard des articles L. 412-5, L. 432-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qu’il méconnaît ces dispositions, qu’il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation au regard des articles 5 et 7 de l’accord franco-algérien et méconnaît ces stipulations, qu’il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et méconnaît ces stipulations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2026, le préfet de police, représenté par Me Claisse, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
• la condition d’urgence n’est pas remplie ;
• aucun des moyen soulevé n’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté litigieux.
Vu :
• la requête enregistrée sous le numéro 2627989 par laquelle M. B... a demandé l’annulation de l’arrêté en litige ;
• les autres pièces du dossier.
Vu :
• la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
• l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
• le code des relations entre le public et l’administration ;
• le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
• le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gandolfi pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, qui s’est tenue le 29 septembre 2026 à 9h30, en présence de Mme Oguenin, greffière d’audience :
- le rapport de M. Gandolfi ;
- les observations de Me Appriou, représentant M. B..., présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Khan-Syed, substituant Me Claisse, représentant le préfet de police, qui persiste dans ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. M. B..., ressortissant algérien né le 9 novembre 1998, est entré en France régulièrement le 3 octobre 2020 muni d’un visa valable du 22 septembre au 21 décembre 2020 portant la mention « étudiant » et a été mis en possession de certificats de résidence algériens portant la mention « étudiant », dont le dernier était valable jusqu’au 30 septembre 2023. Le 20 février 2025, M. B... a obtenu un certificat de résidence algérien portant la mention « commerçant » dont il a demandé le renouvellement le 26 janvier 2026. Par un arrêté du 7 mai 2026, le préfet de police a rejeté sa demande, a obligé M. B... à quitter le territoire français sans délai, lui a interdit tout retour en France pour une durée d’un an et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d’être éloigné. Par la requête susvisée, M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour, contenue dans cet arrêté.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
3. Aux termes de l’article L. 412-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La circonstance que la présence d’un étranger en France constitue une menace pour l’ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l’autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu’à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ». Aux termes de l’article L. 432-1 du même code : « La délivrance d’une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d’une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l’ordre public. ».
4. En l’espèce, aucun des moyens soulevés par M. B... et rappelés dans les visas de la présente ordonnance, et notamment ceux tirés de ce que la décision portant refus de renouvellement de sa carte de résident méconnaîtrait les dispositions précitées et serait entachée d’erreur d’appréciation, dès lors qu’il est constant qu’il a été condamné par le tribunal judiciaire de Nanterre à une amende de 1 500 euros et à une privation du droit d’éligibilité pendant deux ans pour des fait d’exhibition sexuelle commis le 1er août 2024, ne sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse. Par suite, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, il y a lieu de rejeter la requête de M. B... en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
G. Gandolfi
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.