Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2628088
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2628088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS (SEL) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2026 M. B... A... C..., représenté par Me Feltesse, demande au juge des référés, statuant par application de l’article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 11 août 2026 en tant que le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de 7 jours à compter du prononcé de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
• il justifie d’une présomption d’urgence en sa qualité de demandeur de renouvellement d’un titre de séjour et ce d’autant que ce refus va compromettre la poursuite de ses études et lui faire perdre le bénéfice d’une bourse obtenue à cet effet ;
• L’arrêté attaqué est entaché d’un doute sérieux quant à sa légalité car le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
• L’arrêté attaqué est entaché d’un doute sérieux quant à sa légalité car le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En date du 28 septembre 2026, le conseil du préfet de police a produit des pièces.
Vu
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2627752.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Béal en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l’audience.
Ont été entendu au cours de l’audience publique tenue le 29 septembre 2026, en présence de Mme Nguyen, greffière d'audience :
- le rapport de M. Béal,
- les observations de Me Feltesse, avocat de M. A... C... qui précise que l’objet de sa demande de suspension ne porte que sur le refus de titre de séjour et pas sur l’obligation de quitter le territoire,
- et de Me Murat, représentant le préfet de police qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l’instruction a été prononcée à 14 h 50 :
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A... C... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 11 août 2026 du préfet de police en tant qu’il a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, d’enjoindre au préfet de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de 7 jours à compter du prononcé de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».
Sur l’urgence :
4. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement d’un titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci.
5. Il résulte de l’instruction que M. A... C... a bénéficié d’un titre de séjour mention « étudiant » valable jusqu’au 17 mars 2026 dont il a demandé le renouvellement et qu’un récépissé lui a été délivré. Il fait valoir qu’il justifie ainsi d’une présomption d’urgence renforcée par le fait que ce refus va compromettre la poursuite de ses études et lui faire perdre le bénéfice d’une bourse obtenue à cet effet. Par suite, et alors que le conseil du préfet de police lors de l’audience publique n’a pas remis en cause la présomption d’urgence qui s’attache à la situation du requérant, la condition tenant à l’urgence exigée par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.
Sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. En l’état de l’instruction, les moyens tirés de la violation des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
7. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 11 août 2026 en tant que le préfet de police a refusé de renouveler à
M. A... C... son titre de séjour jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions aux fins d’injonction et l’astreinte :
8. La présente décision implique nécessairement qu’il soit procédé au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A... C.... Par conséquent, il y a lieu d’enjoindre au préfet de police ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder à ce réexamen dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente décision et de le munir durant ce réexamen d’un récépissé jusqu’à ce que le tribunal ait statué sur la requête au fond n° 2627752, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. A... C... de la somme de 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution de la décision du préfet de police du 16 décembre 2024 est suspendue en tant qu’elle rejette la demande de renouvellement de titre de séjour opposée à
M. A... C... jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond n° 2627752.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour de
M. A... C... dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer durant ce réexamen un récépissé, jusqu’à ce que le tribunal ait statué sur la requête au fond. n° 2627752.
Article 3 : L’Etat versera à M. A... C... la somme de 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
signé
A. Béal
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2026 M. B... A... C..., représenté par Me Feltesse, demande au juge des référés, statuant par application de l’article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 11 août 2026 en tant que le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de 7 jours à compter du prononcé de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
• il justifie d’une présomption d’urgence en sa qualité de demandeur de renouvellement d’un titre de séjour et ce d’autant que ce refus va compromettre la poursuite de ses études et lui faire perdre le bénéfice d’une bourse obtenue à cet effet ;
• L’arrêté attaqué est entaché d’un doute sérieux quant à sa légalité car le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
• L’arrêté attaqué est entaché d’un doute sérieux quant à sa légalité car le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En date du 28 septembre 2026, le conseil du préfet de police a produit des pièces.
Vu
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2627752.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Béal en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l’audience.
Ont été entendu au cours de l’audience publique tenue le 29 septembre 2026, en présence de Mme Nguyen, greffière d'audience :
- le rapport de M. Béal,
- les observations de Me Feltesse, avocat de M. A... C... qui précise que l’objet de sa demande de suspension ne porte que sur le refus de titre de séjour et pas sur l’obligation de quitter le territoire,
- et de Me Murat, représentant le préfet de police qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l’instruction a été prononcée à 14 h 50 :
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A... C... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 11 août 2026 du préfet de police en tant qu’il a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, d’enjoindre au préfet de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de 7 jours à compter du prononcé de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».
Sur l’urgence :
4. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement d’un titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci.
5. Il résulte de l’instruction que M. A... C... a bénéficié d’un titre de séjour mention « étudiant » valable jusqu’au 17 mars 2026 dont il a demandé le renouvellement et qu’un récépissé lui a été délivré. Il fait valoir qu’il justifie ainsi d’une présomption d’urgence renforcée par le fait que ce refus va compromettre la poursuite de ses études et lui faire perdre le bénéfice d’une bourse obtenue à cet effet. Par suite, et alors que le conseil du préfet de police lors de l’audience publique n’a pas remis en cause la présomption d’urgence qui s’attache à la situation du requérant, la condition tenant à l’urgence exigée par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.
Sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. En l’état de l’instruction, les moyens tirés de la violation des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
7. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 11 août 2026 en tant que le préfet de police a refusé de renouveler à
M. A... C... son titre de séjour jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions aux fins d’injonction et l’astreinte :
8. La présente décision implique nécessairement qu’il soit procédé au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A... C.... Par conséquent, il y a lieu d’enjoindre au préfet de police ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder à ce réexamen dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente décision et de le munir durant ce réexamen d’un récépissé jusqu’à ce que le tribunal ait statué sur la requête au fond n° 2627752, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. A... C... de la somme de 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution de la décision du préfet de police du 16 décembre 2024 est suspendue en tant qu’elle rejette la demande de renouvellement de titre de séjour opposée à
M. A... C... jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond n° 2627752.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour de
M. A... C... dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer durant ce réexamen un récépissé, jusqu’à ce que le tribunal ait statué sur la requête au fond. n° 2627752.
Article 3 : L’Etat versera à M. A... C... la somme de 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
signé
A. Béal
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance
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