Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2629460
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2629460 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BECHIEAU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2026, M. C... A..., représenté par Me Béchieau, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite de rejet par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation et de le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l’urgence :
- elle est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement de titre de séjour avec changement de statut ; la condition d’urgence est en outre remplie dès lors que la décision en litige crée une rupture dans son droit au séjour et vient interrompre son intégration sociale et professionnelle sur le territoire français alors qu’il travaille dans le cadre d’un contrat de travail à durée indéterminée et que son employeur l’a mis en demeure de produire un justificatif de séjour ;
Sur l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté :
- la décision attaquée est entachée d’un défaut de motivation et d’examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2629462 tendant à l’annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., de nationalité malienne, né le 13 février 2003 est entré en France en 2018. Il a bénéficié d’un titre de séjour étudiant valable, en dernier lieu, jusqu’au 10 novembre 2024. Le 8 octobre 2024, il a sollicité une demande de changement de statut en qualité de salarié et s’est vu délivrer un récépissé l’autorisant à travailler valable du 17 avril 2025 au 16 octobre 2025. Il a déposé le 19 décembre 2025 une demande de titre de séjour « vie privée et familiale » et a été muni d’un récépissé valable jusqu’au 18 mars 2026, qui n’a pas été renouvelé. M. A... demande au juge des référés la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet a rejeté cette demande.
2. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour caractériser l’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, M. A... soutient que celle-ci est présumée s’agissant d’une demande de renouvellement de titre avec changement de statut et qu’il est placé dans une situation irrégulière du fait de la décision en litige, l’exposant au risque de suspension de son contrat de travail et au risque d’éloignement, alors qu’il a toujours été en situation régulière depuis son arrivée en France. Toutefois, le requérant ne peut se prévaloir de la présomption d’urgence qui s’attache à un refus de renouvellement de carte de séjour, dès lors qu’il fait l’objet non d’un refus de renouvellement de son titre de séjour mention « étudiant » mais d’un refus de changement de statut vers un titre de séjour mention « vie privée et familiale » et qu’il a sollicité la délivrance de ce titre de séjour le 19 décembre 2025, soit onze mois après la date d’expiration de son dernier titre de séjour. En outre, il ne résulte pas de l’instruction que l’employeur de M. A... envisage la suspension de son contrat de travail, le courrier produit et daté du 24 septembre 2026 ayant pour objet de soutenir la demande de titre de séjour du requérant et non de le mettre en demeure de produire un justificatif de séjour régulier sous peine de suspension du contrat de travail et alors que M. A... est en situation irrégulière depuis le 18 mars 2026. Dans ces conditions, la condition d’urgence ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A....
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
Signé
J. B...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2026, M. C... A..., représenté par Me Béchieau, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite de rejet par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation et de le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l’urgence :
- elle est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement de titre de séjour avec changement de statut ; la condition d’urgence est en outre remplie dès lors que la décision en litige crée une rupture dans son droit au séjour et vient interrompre son intégration sociale et professionnelle sur le territoire français alors qu’il travaille dans le cadre d’un contrat de travail à durée indéterminée et que son employeur l’a mis en demeure de produire un justificatif de séjour ;
Sur l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté :
- la décision attaquée est entachée d’un défaut de motivation et d’examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2629462 tendant à l’annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., de nationalité malienne, né le 13 février 2003 est entré en France en 2018. Il a bénéficié d’un titre de séjour étudiant valable, en dernier lieu, jusqu’au 10 novembre 2024. Le 8 octobre 2024, il a sollicité une demande de changement de statut en qualité de salarié et s’est vu délivrer un récépissé l’autorisant à travailler valable du 17 avril 2025 au 16 octobre 2025. Il a déposé le 19 décembre 2025 une demande de titre de séjour « vie privée et familiale » et a été muni d’un récépissé valable jusqu’au 18 mars 2026, qui n’a pas été renouvelé. M. A... demande au juge des référés la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet a rejeté cette demande.
2. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour caractériser l’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, M. A... soutient que celle-ci est présumée s’agissant d’une demande de renouvellement de titre avec changement de statut et qu’il est placé dans une situation irrégulière du fait de la décision en litige, l’exposant au risque de suspension de son contrat de travail et au risque d’éloignement, alors qu’il a toujours été en situation régulière depuis son arrivée en France. Toutefois, le requérant ne peut se prévaloir de la présomption d’urgence qui s’attache à un refus de renouvellement de carte de séjour, dès lors qu’il fait l’objet non d’un refus de renouvellement de son titre de séjour mention « étudiant » mais d’un refus de changement de statut vers un titre de séjour mention « vie privée et familiale » et qu’il a sollicité la délivrance de ce titre de séjour le 19 décembre 2025, soit onze mois après la date d’expiration de son dernier titre de séjour. En outre, il ne résulte pas de l’instruction que l’employeur de M. A... envisage la suspension de son contrat de travail, le courrier produit et daté du 24 septembre 2026 ayant pour objet de soutenir la demande de titre de séjour du requérant et non de le mettre en demeure de produire un justificatif de séjour régulier sous peine de suspension du contrat de travail et alors que M. A... est en situation irrégulière depuis le 18 mars 2026. Dans ces conditions, la condition d’urgence ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A....
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
Signé
J. B...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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