Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2629636
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2629636 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2026, Mme B... A... demande à la juge des référés :
1°) à titre principal, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un nouveau récépissé de sa demande de titre de séjour l’autorisant à travailler, ou, à défaut, un document provisoire de séjour ayant les mêmes effets, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de prendre toute mesure utile ayant le même effet, dans les mêmes conditions de délais et d’astreinte ;
3°) de condamner l’Etat aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle sera en situation irrégulière à compter du 30 septembre 2026 et exposée à un risque d’éloignement et de rupture de son contrat de travail avec l’Institut Catholique de Paris, ce qui la privera des ressources qu’elle en tire ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de travailler et de pas être soumise à un traitement arbitraire, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à sa liberté d’aller et venir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Oriol, présidente de section, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A..., ressortissante indienne née le 30 mai 1997, a bénéficié en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » valable jusqu’au 8 janvier 2026, dont elle a sollicité le renouvellement en juillet 2025. Seulement munie à ce stade d’un récépissé valable jusqu’au 29 septembre 2026, Mme A... demande à la juge des référés, à titre principal, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un nouveau récépissé de sa demande l’autorisant à travailler, ou, à défaut, un document provisoire de séjour ayant les mêmes effets, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard. A à titre subsidiaire, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, Mme A... demande à la juge des référés d’enjoindre au préfet de police de prendre toute mesure utile ayant le même effet, dans les mêmes conditions de délais et d’astreinte.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
3. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. Pour établir l’extrême urgence qu’il y aurait à enjoindre au préfet de police de faire cesser la situation dans laquelle elle se trouve, Mme A... fait valoir qu’elle sera en situation irrégulière à compter du 30 septembre 2026 et exposée à un risque d’éloignement et de rupture de son contrat de travail avec l’Institut Catholique de Paris, ce qui la privera des ressources qu’elle en tire. Toutefois, il ressort du courriel adressé par son employeur à Mme A... le 22 septembre 2026 que l’intéressée a été invitée à revenir vers lui dès réception de son nouveau titre de séjour ou récépissé de prolongation, sans être nullement menacée à ce stade d’une éventuelle rupture de son contrat de travail. Dans ces conditions, son licenciement demeurant en l’état purement virtuel, tout comme l’éloignement dont elle pourrait faire l’objet alors que sa demande de renouvellement de son titre de séjour est en cours d’instruction, les circonstances invoquées par Mme A... ne sont pas de nature à justifier d’une situation d’extrême urgence rendant nécessaire l’intervention de la juge des référés dans les quarante-huit heures.
5. Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, les conclusions de Mme A... présentées sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
6. En second lieu il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521‑1, L. 521‑2, L. 521-3, L. 523‑1 et R. 522‑5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521‑3 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521‑2. Par suite, elles ne peuvent être présentées simultanément dans une même requête. Dès lors, les conclusions de Mme A... présentées à titre subsidiaire sur le fondement de l’article L. 521‑3 du code de justice administrative doivent être rejetées comme irrecevables en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du même code. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de l’intéressée tendant à l’octroi de dépens, au demeurant non établis, et de celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
Signé
C. ORIOL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2026, Mme B... A... demande à la juge des référés :
1°) à titre principal, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un nouveau récépissé de sa demande de titre de séjour l’autorisant à travailler, ou, à défaut, un document provisoire de séjour ayant les mêmes effets, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de prendre toute mesure utile ayant le même effet, dans les mêmes conditions de délais et d’astreinte ;
3°) de condamner l’Etat aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle sera en situation irrégulière à compter du 30 septembre 2026 et exposée à un risque d’éloignement et de rupture de son contrat de travail avec l’Institut Catholique de Paris, ce qui la privera des ressources qu’elle en tire ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de travailler et de pas être soumise à un traitement arbitraire, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à sa liberté d’aller et venir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Oriol, présidente de section, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A..., ressortissante indienne née le 30 mai 1997, a bénéficié en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » valable jusqu’au 8 janvier 2026, dont elle a sollicité le renouvellement en juillet 2025. Seulement munie à ce stade d’un récépissé valable jusqu’au 29 septembre 2026, Mme A... demande à la juge des référés, à titre principal, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un nouveau récépissé de sa demande l’autorisant à travailler, ou, à défaut, un document provisoire de séjour ayant les mêmes effets, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard. A à titre subsidiaire, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, Mme A... demande à la juge des référés d’enjoindre au préfet de police de prendre toute mesure utile ayant le même effet, dans les mêmes conditions de délais et d’astreinte.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
3. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. Pour établir l’extrême urgence qu’il y aurait à enjoindre au préfet de police de faire cesser la situation dans laquelle elle se trouve, Mme A... fait valoir qu’elle sera en situation irrégulière à compter du 30 septembre 2026 et exposée à un risque d’éloignement et de rupture de son contrat de travail avec l’Institut Catholique de Paris, ce qui la privera des ressources qu’elle en tire. Toutefois, il ressort du courriel adressé par son employeur à Mme A... le 22 septembre 2026 que l’intéressée a été invitée à revenir vers lui dès réception de son nouveau titre de séjour ou récépissé de prolongation, sans être nullement menacée à ce stade d’une éventuelle rupture de son contrat de travail. Dans ces conditions, son licenciement demeurant en l’état purement virtuel, tout comme l’éloignement dont elle pourrait faire l’objet alors que sa demande de renouvellement de son titre de séjour est en cours d’instruction, les circonstances invoquées par Mme A... ne sont pas de nature à justifier d’une situation d’extrême urgence rendant nécessaire l’intervention de la juge des référés dans les quarante-huit heures.
5. Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, les conclusions de Mme A... présentées sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
6. En second lieu il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521‑1, L. 521‑2, L. 521-3, L. 523‑1 et R. 522‑5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521‑3 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521‑2. Par suite, elles ne peuvent être présentées simultanément dans une même requête. Dès lors, les conclusions de Mme A... présentées à titre subsidiaire sur le fondement de l’article L. 521‑3 du code de justice administrative doivent être rejetées comme irrecevables en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du même code. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de l’intéressée tendant à l’octroi de dépens, au demeurant non établis, et de celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
Signé
C. ORIOL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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