Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2629662
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2629662 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ARTEMONT (AARPI) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2026, Mme B... A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, de lui proposer un hébergement d’urgence effectif, stable, décent et adapté à son état de santé (avec une prise électrique pour son appareil PPC, un lit et un accès à des sanitaires), dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que, malgré son état de santé dégradé et ses nombreux appels au 115, elle est sans domicile fixe depuis le mois de février 2026 et obligée de vivre dans le coffre d’une voiture ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la vie, à la santé et à la dignité et à son droit de ne pas subir de traitements inhumains et dégradants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2026, le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, représenté par Me Gorse, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu’aucune carence ne peut lui être reprochée dès lors que Mme A..., qui a travaillé comme chauffeur Uber et qui a obtenu un emploi au musée d’Orsay en septembre 2026, n’apporte aucune information sur ses revenus et a été en mesure de financer un voyage en Guadeloupe en novembre 2025, de sorte qu’elle ne fait pas partie des personnes les plus vulnérables en attente d’un hébergement d’urgence ; au demeurant, ses problèmes de santé ne présentent pas un niveau de gravité tel qu’ils la placeraient sans doute possible dans cette catégorie, au regard des autres demandes dont est saisi par ailleurs le service intégré de l’accueil et de l’orientation du Samu social de Paris, alors que sur la seule journée du 29 septembre 2026, 475 personnes de Seine-Saint-Denis ont vu leur demande d’hébergement rejetée, dont 377 étaient en situation de famille, incluant 204 mineurs.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Oriol, présidente de section, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, qui s’est tenue le 30 septembre 2026 à 15 heures en présence de Mme Soppi Mballa, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Oriol, juge des référés ;
- les observations de Mme A..., qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens en insistant sur son état de santé très dégradé et la circonstance qu’elle n’a pu honorer le contrat de travail que lui proposait le musée d’Orsay à compter du mois de septembre 2026 en raison de ses nombreux rendez-vous médicaux ;
- et les observations de Me Falala, substituant Me Gorse, pour le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, qui développe les arguments présentés dans le mémoire en défense.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... A..., née le 23 février 1991, indique être sans domicile fixe depuis le mois de février 2026 et se trouve obligée de dormir dans le coffre d’une voiture, malgré de lourdes pathologies, notamment psychiatriques. Par la présente requête, elle demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, de lui proposer un hébergement d’urgence effectif, stable, décent et adapté à son état de santé (avec une prise électrique pour son appareil PPC, un lit et un accès à des sanitaires), dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
2. D’une part, aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ».
3. Il appartient à la personne qui saisit le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier, dans le très bref délai prévu par les dispositions de cet article, d’une mesure provisoire visant à sauvegarder une liberté fondamentale.
4. D’autre part, aux termes de l’article L. 345-2 du code de l’action sociale et des familles : « Dans chaque département est mis en place, sous l’autorité du représentant de l’Etat, un dispositif de veille sociale chargé d’accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation (…) ». L’article L. 345-2-2 de ce code dispose que : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. (...)». Aux termes de l’article L. 345-2-3 du même code : « Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. ».
5. Il appartient aux autorités de l’Etat, sur le fondement des dispositions précitées, de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l’accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l’application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu’elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d’apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l’administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l’âge, de l’état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
6. Les dispositions précitées de l’article L. 521-2 du code de justice administrative subordonnent la possibilité pour le juge des référés de faire usage des pouvoirs qu’elles lui confèrent à la double conditions, d’une part qu’une autorité administrative ait porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, d’autre part, qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention du juge des référés dans de très brefs délais, sous réserve que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans la situation d’urgence qu’il invoque.
7. Il résulte de l’instruction que Mme A..., invalide depuis le 6 février 2023, est domiciliée au centre d’action sociale de la ville de Paris depuis le 20 juillet 2026, ce qui atteste qu’elle n’a pas de domicile fixe. Il résulte également de l’instruction qu’elle souffre de plusieurs pathologies nécessitant des soins telles qu’elles ressortent des pièces médicales versées à l’instance, notamment des troubles neurologiques graves faisant suite à une paralysie des membres inférieurs à l’âge de deux ans, des troubles vésico-sphynctériens provoquant des incontinences urinaires d’urgence et une apnée du sommeil nécessitant l’utilisation quotidienne d’un appareil médical à pression positive continue (PPC) à brancher sur une prise électrique. A ces troubles s’ajoutent une détresse psychique, avec des crises de panique répétées et des idées suicidaires ayant nécessité des hospitalisations. Toutefois, comme le relève le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en défense, Mme A... a déclaré être chauffeur Uber, raison pour laquelle elle loue une voiture dans laquelle elle dort, ce qui lui rapporte des revenus, fussent-ils ponctuels. De plus, elle a décliné un emploi au musée d’Orsay, en septembre 2026, motif pris de ses rendez-vous médicaux. De ce fait, elle ne peut être regardée comme comptant parmi les publics les plus vulnérables étant entendu que, comme le relève le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en défense, sur la seule journée du 29 septembre 2026, 475 personnes de Seine-Saint-Denis ont vu leur demande d’hébergement rejetée par le service intégré de l’accueil et de l’orientation du Samu social de Paris, dont 377 étaient en situation de famille, incluant 204 mineurs. Enfin, et alors que le droit au logement ne constitue pas une liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, Mme A... peut utiliser, si elle s’y croit fondée, la voie ouverte par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Par suite, les circonstances invoquées dans sa requête ne permettent pas d’établir l’existence d’une situation d’urgence caractérisée ni une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale nécessitant que la juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris.
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
Signé
C. ORIOL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2026, Mme B... A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, de lui proposer un hébergement d’urgence effectif, stable, décent et adapté à son état de santé (avec une prise électrique pour son appareil PPC, un lit et un accès à des sanitaires), dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que, malgré son état de santé dégradé et ses nombreux appels au 115, elle est sans domicile fixe depuis le mois de février 2026 et obligée de vivre dans le coffre d’une voiture ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la vie, à la santé et à la dignité et à son droit de ne pas subir de traitements inhumains et dégradants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2026, le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, représenté par Me Gorse, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu’aucune carence ne peut lui être reprochée dès lors que Mme A..., qui a travaillé comme chauffeur Uber et qui a obtenu un emploi au musée d’Orsay en septembre 2026, n’apporte aucune information sur ses revenus et a été en mesure de financer un voyage en Guadeloupe en novembre 2025, de sorte qu’elle ne fait pas partie des personnes les plus vulnérables en attente d’un hébergement d’urgence ; au demeurant, ses problèmes de santé ne présentent pas un niveau de gravité tel qu’ils la placeraient sans doute possible dans cette catégorie, au regard des autres demandes dont est saisi par ailleurs le service intégré de l’accueil et de l’orientation du Samu social de Paris, alors que sur la seule journée du 29 septembre 2026, 475 personnes de Seine-Saint-Denis ont vu leur demande d’hébergement rejetée, dont 377 étaient en situation de famille, incluant 204 mineurs.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Oriol, présidente de section, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, qui s’est tenue le 30 septembre 2026 à 15 heures en présence de Mme Soppi Mballa, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Oriol, juge des référés ;
- les observations de Mme A..., qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens en insistant sur son état de santé très dégradé et la circonstance qu’elle n’a pu honorer le contrat de travail que lui proposait le musée d’Orsay à compter du mois de septembre 2026 en raison de ses nombreux rendez-vous médicaux ;
- et les observations de Me Falala, substituant Me Gorse, pour le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, qui développe les arguments présentés dans le mémoire en défense.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... A..., née le 23 février 1991, indique être sans domicile fixe depuis le mois de février 2026 et se trouve obligée de dormir dans le coffre d’une voiture, malgré de lourdes pathologies, notamment psychiatriques. Par la présente requête, elle demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, de lui proposer un hébergement d’urgence effectif, stable, décent et adapté à son état de santé (avec une prise électrique pour son appareil PPC, un lit et un accès à des sanitaires), dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
2. D’une part, aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ».
3. Il appartient à la personne qui saisit le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier, dans le très bref délai prévu par les dispositions de cet article, d’une mesure provisoire visant à sauvegarder une liberté fondamentale.
4. D’autre part, aux termes de l’article L. 345-2 du code de l’action sociale et des familles : « Dans chaque département est mis en place, sous l’autorité du représentant de l’Etat, un dispositif de veille sociale chargé d’accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation (…) ». L’article L. 345-2-2 de ce code dispose que : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. (...)». Aux termes de l’article L. 345-2-3 du même code : « Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. ».
5. Il appartient aux autorités de l’Etat, sur le fondement des dispositions précitées, de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l’accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l’application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu’elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d’apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l’administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l’âge, de l’état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
6. Les dispositions précitées de l’article L. 521-2 du code de justice administrative subordonnent la possibilité pour le juge des référés de faire usage des pouvoirs qu’elles lui confèrent à la double conditions, d’une part qu’une autorité administrative ait porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, d’autre part, qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention du juge des référés dans de très brefs délais, sous réserve que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans la situation d’urgence qu’il invoque.
7. Il résulte de l’instruction que Mme A..., invalide depuis le 6 février 2023, est domiciliée au centre d’action sociale de la ville de Paris depuis le 20 juillet 2026, ce qui atteste qu’elle n’a pas de domicile fixe. Il résulte également de l’instruction qu’elle souffre de plusieurs pathologies nécessitant des soins telles qu’elles ressortent des pièces médicales versées à l’instance, notamment des troubles neurologiques graves faisant suite à une paralysie des membres inférieurs à l’âge de deux ans, des troubles vésico-sphynctériens provoquant des incontinences urinaires d’urgence et une apnée du sommeil nécessitant l’utilisation quotidienne d’un appareil médical à pression positive continue (PPC) à brancher sur une prise électrique. A ces troubles s’ajoutent une détresse psychique, avec des crises de panique répétées et des idées suicidaires ayant nécessité des hospitalisations. Toutefois, comme le relève le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en défense, Mme A... a déclaré être chauffeur Uber, raison pour laquelle elle loue une voiture dans laquelle elle dort, ce qui lui rapporte des revenus, fussent-ils ponctuels. De plus, elle a décliné un emploi au musée d’Orsay, en septembre 2026, motif pris de ses rendez-vous médicaux. De ce fait, elle ne peut être regardée comme comptant parmi les publics les plus vulnérables étant entendu que, comme le relève le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en défense, sur la seule journée du 29 septembre 2026, 475 personnes de Seine-Saint-Denis ont vu leur demande d’hébergement rejetée par le service intégré de l’accueil et de l’orientation du Samu social de Paris, dont 377 étaient en situation de famille, incluant 204 mineurs. Enfin, et alors que le droit au logement ne constitue pas une liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, Mme A... peut utiliser, si elle s’y croit fondée, la voie ouverte par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Par suite, les circonstances invoquées dans sa requête ne permettent pas d’établir l’existence d’une situation d’urgence caractérisée ni une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale nécessitant que la juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris.
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
Signé
C. ORIOL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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