Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2629822
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2629822 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DE SOUSA |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2026, C... B..., représentée par Me de Sousa demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de procéder à l’instruction de sa demande de carte de séjour « Recherche d’emploi ou création d’entreprise » (RECE) dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l’attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d’instruction (récépissé) l’autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros à verser à son avocate au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition de l’urgence est satisfaite ; l’absence de délivrance de la carte RECE ou, a minima, d’un document provisoire de séjour autorisant le travail la place dans une situation d'extrême vulnérabilité ; son contrat de travail prenant effet le 5 octobre 2026, faute de régularisation immédiate, l’employeur a indiqué qu'il procèdera au retrait de la promesse d'embauche ; la perte de cette opportunité la prive de tout moyen de subsistance et ruine son insertion professionnelle ; sans document de séjour valide, elle est en situation irrégulière et s’expose à la perte de ses droits sociaux ;
- les services préfectoraux portent une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d’exercer une activité professionnelle et au respect de sa vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante tunisienne née en 2003 était titulaire en dernier lieu d’un titre de séjour « étudiant », expirant le 1er octobre 2026. Le 31 août 2026, elle a sollicité le changement de son statut « étudiant » pour l’obtention d’une carte de séjour « Recherche d’emploi ou création d’entreprise » (RECE). Sans nouvelle sur sa demande et ne s’étant vu délivrer aucune attestation de prolongation d’instruction , par la présente requête, elle demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de procéder à l’instruction de sa demande de carte de séjour « Recherche d’emploi ou création d’entreprise » dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l’attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d’instruction (récépissé) l’autorisant à travailler.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
3. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. Pour établir l’extrême urgence de la situation dans laquelle elle se trouve, Mme B... fait valoir que l’absence de délivrance de la carte RECE ou, a minima, d’un document provisoire de séjour autorisant le travail la place dans une situation d'extrême vulnérabilité. Toutefois, ses allégations sur ce point ne sont pas circonstanciées et pas davantage celles relatives à la privation de ses moyens de subsistance. En outre, il ne résulte pas de l’instruction que, comme elle le fait valoir, son contrat de travail devant prendre effet le 5 octobre 2026, faute de régularisation immédiate, son employeur aurait indiqué qu'il procèdera au retrait de la promesse d'embauche, cette circonstance n’étant pas, au demeurant, de nature, à elle seule à caractériser une urgence particulière impliquant l’intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures.
5. Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’admettre provisoirement Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’a pas lieu d’admettre provisoirement Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... et à Me de Sousa.
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
Signé
C. KANTE
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2026, C... B..., représentée par Me de Sousa demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’enjoindre au préfet de police de procéder à l’instruction de sa demande de carte de séjour « Recherche d’emploi ou création d’entreprise » (RECE) dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l’attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d’instruction (récépissé) l’autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros à verser à son avocate au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition de l’urgence est satisfaite ; l’absence de délivrance de la carte RECE ou, a minima, d’un document provisoire de séjour autorisant le travail la place dans une situation d'extrême vulnérabilité ; son contrat de travail prenant effet le 5 octobre 2026, faute de régularisation immédiate, l’employeur a indiqué qu'il procèdera au retrait de la promesse d'embauche ; la perte de cette opportunité la prive de tout moyen de subsistance et ruine son insertion professionnelle ; sans document de séjour valide, elle est en situation irrégulière et s’expose à la perte de ses droits sociaux ;
- les services préfectoraux portent une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d’exercer une activité professionnelle et au respect de sa vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante tunisienne née en 2003 était titulaire en dernier lieu d’un titre de séjour « étudiant », expirant le 1er octobre 2026. Le 31 août 2026, elle a sollicité le changement de son statut « étudiant » pour l’obtention d’une carte de séjour « Recherche d’emploi ou création d’entreprise » (RECE). Sans nouvelle sur sa demande et ne s’étant vu délivrer aucune attestation de prolongation d’instruction , par la présente requête, elle demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de procéder à l’instruction de sa demande de carte de séjour « Recherche d’emploi ou création d’entreprise » dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l’attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d’instruction (récépissé) l’autorisant à travailler.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
3. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. Pour établir l’extrême urgence de la situation dans laquelle elle se trouve, Mme B... fait valoir que l’absence de délivrance de la carte RECE ou, a minima, d’un document provisoire de séjour autorisant le travail la place dans une situation d'extrême vulnérabilité. Toutefois, ses allégations sur ce point ne sont pas circonstanciées et pas davantage celles relatives à la privation de ses moyens de subsistance. En outre, il ne résulte pas de l’instruction que, comme elle le fait valoir, son contrat de travail devant prendre effet le 5 octobre 2026, faute de régularisation immédiate, son employeur aurait indiqué qu'il procèdera au retrait de la promesse d'embauche, cette circonstance n’étant pas, au demeurant, de nature, à elle seule à caractériser une urgence particulière impliquant l’intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures.
5. Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’admettre provisoirement Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’a pas lieu d’admettre provisoirement Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... et à Me de Sousa.
Fait à Paris, le 1er octobre 2026.
La juge des référés,
Signé
C. KANTE
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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