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Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2629827

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2629827
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET FLOREAL AVOCATS (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2026, M. B... C..., représenté par Me Bingham, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de police ou à toute autre autorité administrative compétente de le convoquer à un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler pendant la durée d’instruction de sa demande, dans un délai de deux jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’en l’absence d’un document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour, son contrat de travail est suspendu et qu’il ne dispose plus de ressources et risque de se voir précipiter dans une précarité totale faute de récépissé ou de tout document l’autorisant à travailler ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et venir, à son droit de travailler et à son droit au respect de sa vie privée et familiale, le préfet ayant classé sans suite sa demande au motif fallacieux qu’il présentait un justificatif de domicile non conforme avec l’exigence d’une attestation d’assurance habitation en cours de validité, alors même qu’il avait présenté un justificatif de domicile récent, à savoir une facture Free relative à son abonnement internet.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. C..., ressortissant colombien né en 1988, a bénéficié en dernier lieu d’un titre de séjour « travailleur temporaire », dont il a sollicité le renouvellement le 21 juillet 2026 auprès de la préfecture de police, via le site dédié « Démarche-numériques.fr ». Son titre de séjour expirant le 18 septembre 2026, il a sollicité la délivrance d’un récépissé le 3 septembre 2026. Se voyant notifier le 17 septembre 2026, une décision de classement sans suite de sa demande au motif qu’il aurait présenté un justificatif de domicile non-conforme, il a, le 17 septembre 2026 sollicité une nouvelle fois auprès des services de la préfecture la délivrance d’une convocation pour le dépôt de sa demande de titre de séjour et d’un document provisoire de séjour l’autorisant à travailler pendant l’examen de sa demande et également effectué une nouvelle demande de rendez-vous sur le site « Démarche numériques » aux fins de renouveler son titre de séjour. Par la présente requête, M. C... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler pendant la durée d’instruction de sa demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

3. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

4. Pour établir l’extrême urgence de la situation dans laquelle il se trouve, M. C... fait valoir qu’en l’absence d’un document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour ou de tout document l’autorisant à travailler, privé de revenus, il s’expose à une précarité totale. Il verse à cette fin, à l’instance, une attestation de son employeur datée du 18 septembre 2026. Toutefois celle-ci fait seulement état de ce qu’en l’attente de la délivrance de son nouveau titre ou d’un document provisoire justifiant de la régularité de son séjour et l’autorisant expressément à poursuivre son activité professionnelle, il se voit contraint de suspendre temporairement l’exécution de son contrat de travail, sans jamais évoquer l’imminence d’un licenciement ou d’une rupture du contrat de travail à durée indéterminée de l’intéressé. Dans ces conditions, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier d’une situation d’extrême urgence rendant nécessaire l’intervention de la juge des référés dans les quarante-huit heures.

5. Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de M. C... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C...


Fait à Paris, le 1er octobre 2026.


La juge des référés,

Signé

C. KANTE

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.